Oui, c'est bien ça, il faut cerner le théâtre des opérations et avant dégager un champ de manoeuvre, des leurres, un arbre en boule comme on dit dans l'artillerie de campagne...ainsi il est suggéré de viser le DNS, en voie d'implosion, et de planifier son extinction progressive d'ici 5 ans, avec en liminaire gratuité des cctlds pour tous, hors prestations d'accès : de quoi mettre quelques glaçons dans le pastis !
Richard,
Je pense qu'effectivement le langage stratégique est approprié et nécessaire. Mais,
1. pas uniquement : le droit, l'économie, la philosophie, la science et la politique aussi, car le sujet est architectonique et donc profondément agorique, cest-à-dire à la confluence de la diversité simultanée des logiques.
2. en veillant à au moins trois aspects pratiques :
a. le fait militaire a évolué
Notre société a mal perçu la nature et l'évolution qu'aurait dû avoir le service militaire et elle le paie durement au quotidien. Ce n'est qu'au second degré que le service militaire aurait dû être perçu comme un service à l'Etat (pour contribuer à la Défense nationale, c'est à dire lorsque la sécurité par affirmation de la force commune déléguée à l'Etat ne suffit plus et que la violence devient nécessaire à son application, par décision politique de l'Etat, de tous et des militaires qui ont à l'exercer). C'est la trinité de Clausewitz que rappelait Olivier Kempf (peuple, militaires, Etat). Que l'ennemi actuel tente d'erroder en e-colonisant le peuple, confusant les militaires et affaiblissant les Etats).
Au premier degré, le service militaire est un service de la communauté à chacun pour parfaire (après le gynécée et l'école) son cursus éducatif vis-à-vis de la force, la violence et les réalités du présent, pour savoir survivre et assurer la sécurité des siens, de ses voisins et amis, de la nation. Ce service éducatif à la vie réelle doit être assuré en fonction des risques, des structures et des parades actuelles. Dans le cyberdomaine c'est le rôle de l'ANSSI et d'un quart d'heure lors de la journée Défense et Citoyenneté. Hmmm !
b. vouloir gagner aujourd'hui
Le langage militaire est daté par ses objets/armes/images/expériences. Or comparaison n'est pas raison. Parce que les objets affines sont différents, parce que le virtuel diffère du réel. Les métaphores sont nécessaires à la pensée. Mais attention aux faux-sens, et contresens. Et qui de nous s'est préparé à; ou a fait, la guerre ? et laquelle ? Il nous faut aujourd'hui raisonner en cyberstratèges pour des pensées stratégiques d'aujourd'hui. A partir des métafaits (les faits dans leur contexte) anciens, mais aussi modernes : si nous ne les avons pas vécus ici, la guerre a foisonné depuis soixante ans et ses modes léthaux d'aujourd'hui nous sont lointains (guerres locales, génocides et terrorisme) ou invisibles (tuer un journaliste par virus de sa voiture ?).
c. Positionnement sociétal
Le langage stratégique correspond encore à une vision de l'espace humain où la violence de la force (guerre) est en continuité avec l'exercice de la force de l'ordre (Justice) de la force de travail (économie), de la force de l'intelligence scientifique (recherche) et de l'entregent (diplomatie) sous le contrôle souverain du politique et éthique du moraliste ou du religieux. Ceci a été vrai pendant des millénaires, cela ne l'est plus.
La trinité de Clausewitz est devenue quadrité : Einstein lui a ajouté l'avenir, et Poincaré a ouvert la porte aux autres dimensions pour lesquelles nous devons théoriser l'agorique que nous pratiquons tous les jours comme la prose de M. Jourdain. Ceci nous ramène à Sun-Tzu, car cela interdit la montée aux extrêmes de Clausewitz ("après moi le Déluge"). C'est l'après-victoire (efficacité) ou la durée de l'avant-guerre (résilience) qui compte, car c'est à vaincre sans bataille que l'on gagne vraiment. La guerre est une menace qui doit être crédible pour en dissuader ("si tu avances je nous suicide"), mais ce risque doit être combattu par précaution (contreguerre) pour prévenir l'obligation faite au politique d'une décision guerrière. Ce sont des concepts nouveaux dans leur _expression_, clé, quotidiens, architectoniques et encore peu connus des politiques et des stratèges à qui l'on ne présente que des écrans et des geeks.
La trinité de Clausewitz reste - selon des règles à aménager selon l'évolution des temps - comptable des suretés intérieure et extérieures, mais c'est dans le cadre de la trinité passé, présent, possible que l'architectonique doit gérer la "sécurité antérieure" à laquelle nous devons maintenant tous réfléchir : que le politique, le stratège, le législateur et le Juge, l'économique, etc. - chacun selon ses logiques - parviennent à des multiconsensus (émergences) agoriques pour que nul ne soit pas tenu à la violence par le fait d'erreurs (violences à la précaution) antérieures. Pour nous ici, comment faire pour qu'une meilleure compréhension de l'Univers et une meilleure maîtrise de ses technologies nous aident à donner un cap approprié et durable à l'esthétique de notre civilisation (les "valeurs de la république") ? Alors, nous pourrions peut-être mieux engager la stratégie d'éthique technique qui convient.
on pourrait, en parallèle et à titre d'exercice, mettre en place dans le cyberespace
La question soulevée est celle de ce qu'est réellement le cyberespace, en dehors des incidents historiques, technologiques et commerciaux.
Le cyberespace est, par définition architectonique, le lieu de la réponse cybernétique (c'est à dire directe, ou monolectique) de l'Univers, avant le découplage (dialectique) de la logique. C'est donc un lieu simple au sens numérique : celui de la renormalisation numérique par la réduction de tout (y compris l'infini) aux chiffres 1 ou 0, oui ou non.
C'est donc le lieu de l'intégration de tout : de la matière et de la pensée, par la modélisation de l'information (objets) et formalisation de l'intellition (fonctions); de l'abstraction de la matière et de la matérialisation de l'abstrait, rendant visible la pensée à travers la machine et le dénommage (DNS, et extensions). Cette matérialisation de la pensée s'exprime aujourd'hui au niveau de la donnée (valeur, métadonnées, syllodonnées) et de ses échanges (information, communication), il se dirige vers l'échange du sens (communication, intellition, cognition [références et intercompréhension]).
Comme tout écosystème il est un compromis d'efficacité et de résilience (effilience) contraint par un débit. Comme d'autres écosystèmes (planète, économie, énergie, etc.) il est fragilisé par l'efficacité monopolaire et limite sont espérance de vie par la réduction de sa diversité du fait des "monopoles radicaux" (technologie, énergie fossile, monnaie unique, nommage, etc.), c'est à dire du monopole d'une idée par certains qui tentent de le faire passer pour un paradigme.
Nous sommes en 1930 en bien pire. Mais nous en avons l'expérience (à 5 fois moins sur le vaisseau spatial Terre).
quelques annuaires libres hors DNS avec des classifications (calibres) à la mesure, pour public ou non ciblé,
De ces exercices il y en a eu et il y en a encore plein : http://en.wikipedia.org/wiki/Alternative_DNS_root
de préférence avec quelques langues natives, des glossaires...
Comme le système de nommage chinois que je représente en Europe (je n'ai pas vendu un nom ...) ? Sans l'environnement technique approprié il y a très loin du cerveau à la pratique...
bref, un système à la Gribeauval
Exact !!! Il nous faut un système à la Gribeauval !
Un vrai système Gribeauval avec :
- la résilience du système d'artillerie (Gribeauval) et de l'efficacité de ses viseurs.
- l'efficacité d'une doctrine d'utilisation (Napoléon) résiliente de sa cohérence contextuelle d'utilisation ("M. l'empereur de France" avait toujours une liaison avec Paris)
Ce système Gribeauval qu'il nous faut, nous l'avons : le DNS; la langue française, la subsidiarité, l'"internet+" (cest-à-dire l'intégration - actuellement reconnue mais pas travaillée - de la capacité d'utilisation et de capacitation intelligente - par subsidiarité [exemple de la RFC 5895]).
Ce que nous ne savons pas faire c'est de :
1. lire correctement le terrain du théâtre d'opérations. Il nous manque l'expérience de la neige de Brienne.
2. désamorcer, avantageusement si possible, et sans trop de casse, la dissuasion cybernétique que j'ai armée en 1978 et relancée en 2000 avec Peter de Blanc (à l'époque le Chair des ccTLD à l'ICANN/DNSO): son "nuclear arsenal" face à l'ICANN.
C'est cela le coeur réel du débat que je demande et souhaite susciter. A partir de là il sera possible d'avoir une doctrine architectonique : une stratégie sans doctrine, cela rime à quoi ? - et c'est pourtant à cela que tous veulent nous entraîner. Il n'y a pas de pilote dans la cybernef, léquipage se chamaille, les passagers se font mener en bateau, et la mèche de sa Sainte-Barbe est allumée.
jfc
_______________________________________________ comptoir mailing list [email protected] http://cafedu.com/mailman/listinfo/comptoir_cafedu.com
