At 12:00 17/07/2013, jean-michel bernier de portzamparc wrote:
Il me semble que ce que tu rameutes est effectivement important.
Toutefois si je tente de mettre tout cela en ordre je n'ai pour
l'instant que du logos complexe, ou une carte mentale, donc
hiérarchique, et pas de réel outil de carte conceptuelle, donc
hétérarchique qui me permette de dresser ce que tu appelles, si je
comprends bien, l'"ontographie" de tout cela.

Très bonne question qui vient à point nommé. Qui demande une réponse poussée, fonction de l'expérence actuelle. Désolé : ce sera long.

L'on ne peut, en effet, plus agiter de telles idées "en vrac". Il leur faut une taxonomie; une ontologie, une ontographie et une approche de projet (qui est-ce que l'on cherche à comprendre et pouvoir infléchir). C'est mon but à susciter le débat http://architf.org. Un projet d'Etat cela s'appelle une doctrine, une politique, des stratégies.

 
Considérants :
 
Le grand linguiste du XXe Russe (Jackobson) a expliqué que la linguistique aura besoin encore de quelques siècles pour assimiler les scolastiques. Une aussi de Sartre qui dit leur devoir de savoir penser écrire "A. 1. a, etc.". Notre problème a certainement été de manquer d'ordinateur au XVIe et aujourd'hui d'avoir une série de "ScholApps".
 
Mais nous avons alors fait le travail préalable de mise en ordre de la métalangue à partir de Villers-Cotterêts, Malesherbes, l'Académie, le Code civil, l'éducation nationale. Ainsi  Paris a tenu ou acclimaté le choc anti-grec du symétrisme sentimental romanisé (cf. logomachies révolutionnaires) né du classicisme de Descartes et de Newton relançant la  nouvelle asymétrie (encyclopédie vs. catégories) dont le réductionnisme aurait pu étouffer la jeune pousse moderne inventive et rigoureuse de Leibnitz (calcul différentiel, langage mathématique, force, binaire, monade ...) .
 
Ceci nous montre qu'il y a un net décalage entre la recherche, le popularisme et la maturité (et un retard dès lors que la Sorbonne ou le Collège de France cède le pas). Aujourd'hui, comme dit Olivier Auber, nous avons à documenter le "point" de fuite nouveau de notre perspectivisme contemporain : le point zéro de la hauteur, de la largeur et de la longueur, mais aussi dans notre nouvel espace à quatre dimensions, du temps.
 
Ceci nous est encore tellement nouveau que nous n'avons pas encore de mot pour remplacer le géo/hélio/exo-centrisme détourné par Newton qui marque toute notre pensée de la conséquence du principe cosmologique d'Einstein : tout point est le centre de son univers.
 

1. Je n'en trouve la dernière application dans Thomas d'Aquin (se munir pour nous non polymathes, du rasoir d'Ockham) : chaque idée a son développement propre dans le contexte de la Somme, selon le chemin raisonnable de la logique, que le fameux rasoir (carte conceptuelle) va pouvoir élaguer de tout le reste (cela c'est la carte mentale : la façon de chacun de voir l'univers selon sa logique).
 

2. Ce à quoi il faut parvenir c'est de faire passer la matrice de la complexité scolastique à deux (dialectique) dimensions (A.1.a....) à une matrice complexe agorique fondée non plus sur la raison, mais sur la réflexion infinie à n-dimensions (polylectique) (le propos d'une "somme"), et d'en représenter une carte conceptuelle où les liens ne sont plus seulement :
 
- des "et" cybernétiques (j'actionne ceci et l'objet répond cela) ,
- et des "est" logiques (ceci est partie de cela, donc),
- mais une multitude de copules syllogistiques conditionnelles dont les contraintes internes (syllodonnées) étendent la mathématique logique à la sémantique agorique.
 
La solution n'est plus que :
- la réponse en retour cybernétique,
- ou la conclusion calculée par la raison logique mathématique
 
Il peut aussi être :
- l'émergence instable dans le temps,
- le principe fondamental s'il est indépendant du temps.
- le postulat préfondamental s'il parait orthogonal à l'une des dimensions. Par exemple : le temps décrit comme la succession nécessaire des microétats est préfondamental.
 

3. Nous pouvons informatiquement modéliser les microétats (en ajoutant la quantité de mouvement ou les forces appliquées) et simuler l'espace à quatre dimensions (dynamique : déroulement du mouvement ou application de l'énergie). Nous pouvons donc poursuivre, dans la foulée de Thomas d'Aquin et de Laplace. Faire pour le "monde visible" (microétats quantiques) la démarche qu'Aquin a faite pour le "monde invisible" (théologie) et son rapport au "monde visible".
 
Ceci nous est nécessaire pour prendre la suite de la construction (architectonique) d'un monde naturel dont nous débordons. Nous avons peu à peu identifié ce "monde visible" sous le nom de "réalité", et donné le nom de "vérité" aux constantes/principes/postulats qui le soutiennent. Munis du prérequis de prévisibilité de Laplace, cela va nous conduire  a poursuivre ce qu'Aquin a nommé "Somme" dans son approche dialectique ne s'adressant qu'à l'esprit, sous le nom d'"architectonie" pour une approche polylectique tournée vers les processeurs de pensée naturels (cerveaux) ou fait de cerveau d'homme (bots). En quelque sorte enseigner l'homme et l'univers à la machine (y compris la relation homme/machine qui en résulte) pour que la machine nous aide dans notre démarche architectonique en tant qu'Etat, société civile, secteur privé, organisations internationales, etc. pour nous/leurs construire le monde d'intérêt commun dont nous avons besoin.
 
 
Réponse :
 
Je ne connais pas aujourd'hui de logiciel qui supporte la carte conceptuelle d'une architectonie agorique (je cherche) car non seulement il doit être :
 
- hétérarchique (toute cellule doit pouvoir être le centre d'une visualisation raisonnable [mathématiquement cartographiable]
- muni d'un point de fuite logique qui en soit le dialogique au sens de Morin)
- dynamique (c'est à dire émergent dans le temps, c'est à dire selon la succession des microétats de chacun de ses éléments).
- agorique, c'est à dire en réseau de tenségrité (chaque point en tension conditionnelle directe ou directe vis-à-vis de tous les autres)
- documentable (pouvoir accueillir des métadonnées et des syllodonnées entre elles dans un format efficace, càd facilitant la compréhension à la fois par le cerveau humain et la machine [mécalangue]).
- traitable informatiquement.
 
Toute suggestion ou tout intérêt pour en discuter bienvenu. C'est là qu'il me semble qu'un LispErlang pourrait être une direction de travail après avoir bien mesuré la chaine information - communication - intellition - cognition. Pas simple ni immédiat. Aujourd'hui nous en sommes à des contributions analytiques (je dirais "catalytiques" par les synergies dont on peut rêver) qui prennent solidement forme comme celles de Paul Jorion et de Mioara Mugur-Schächter.
 
Si tu avais à subjectivement mettre un centre hiérarchique de
raisonnement logique au centre de tout, quel serait le déclic pour toi
de ce que tu présentes ?

 
Le déclic historique est manifestement le 21 janvier 1889 : prix attribué à Poincaré pour son papier sur les n-corps, entraînant la vision du chaos déterminisme et les interrogations sur la complexité. Ensuite, la réponse d'Einstein de l'intégration du temps dans le "continuum" spatial. Puis la discontinuité de ce continuum par le quantique, et le passé-outre du cyberespace par la renormalisation numérique (nous n'expliquons pas la discontinuité, mais profitons de la suppression de l'indéfiniment petit) pour quantifier, paquetiser et datagrammiser l'information et sa communication. A cela vient s'ajouter la systémique et l'organisation synergétique du "tout plus grand que la somme des parties" qui réclame une valeur d'un autre ordre, donc extérieure ou supplémentaire à l'espace-temps, comme, mais au-dessus de l'énergie puisqu'elle permet de faire plus avec moins d'énergie (a priori néguentropie).
 
Il serait donc, peut-être, possible, sous toutes réserves (il faut un débat poussé) d'envisager une hiérarchie conceptuelle à partir de la notion de cyberespace : espace à quatre dimensions muni de l'énergie et de la complexité, comme simplification de la simplification.
 
Je prends pour exemple le domaine de la contreguerre architectonique. Il s'agit de faire appliquer par la force (de l'intelligence en faible au fort) une construction du cyberespace lui-même qui soit ethitechnique (bien commun) ou qui nous soit favorable (intérêt national). C'est une manoeuvre hautement stratégique (en fait architectonique - engageant le futur de la cité, et pas seulement l'avenir de la guerre) pourtant exécutée tactiquement par une sorte de compression du temps, souvent par un acteur ignoré, prenant ses décisions seul (avec des motivations souvent inconnues). C'est ce que l'on va retrouver dans la notion de caporal stratège, sauf que le "caporal" sera un pionnier ou un utilisateur pilote conscient de son combat et du caractère vital du point d'inflexion historiquement déterminant qu'il tient. A ce moment-là, l'architarque national, voire mondial, c'est lui.
 
Nous en avons tous un exemple bien connu qui est Louis Pouzin, qui a inventé et imposé le datagramme, fondamental de l’internet et du cyberespace.

jfc


JMBDP


2013/7/16 JFC Morfin <[email protected]>:
> Un de mes papiers sur l'appel contre l'incomplétude de la RFC 6852 ayant été
> repris sur la liste de MAAYA, j'ai répondu par un mail mis en blog sur le
> site de préparation du débat, qui montre que le sort des cultures est aussi
> dans les mains ou le sommeil des linguistes.
> http://architf.org/wp/blog/2013/07/16/le-jugement-des-linguistes/
>
> Il en est de même des énarques, des stratéges, des juristes, etc. 4000 ans
> de civilisations (pluriel) sont simplement en jeu face à nos machines et nos
> nanocoms.
> Bon été à tous.
> jfc
>
> PS. Une bonne description de la situation civinumérique dans "la nuit de la
> faillite". La réalité de la vraie cyberguerre généralisée, sans hacker ni
> trompette (sauf TV, Twitter, etc.)
> http://www.amazon.fr/La-nuit-faillite-Gaspard-Koenig/dp/2246809150

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