Hello,
Navré, je me suis fait un peu rare ici mais ne vous en faites pas, ça bosse.
Allez, on va causer un peu de Musk. Il faut prendre du recul.
Le 19/03/2026 à 09:46, Stéphane Rivière via frnog a écrit :
Disons que the Boring Company
Cette boîte avait deux buts :
- Bloquer le projet de train à grande vitesse entre LA et SF, pour
protéger les ventes de Tesla en Californie
- Tester les techniques de forage qui seront nécessaire s'il y a un jour
un habitat martien
C'est super logique. Musk est peut-être fou mais pas totalement con, et
surtout très bien entouré. C'est pareil pour SpaceX.
Se faire payer ses satellites par les contribuables américains (nous on
a financé des boîtes de TP pour avoir de la fibre à la place et ils se
font tondre à cause de Starlink maintenant), c'était intelligent. Mais
c'est juste le tout début.
Le Direct To Cell arrive… DTC ça devrait vous parler à juste _titre_.
*TOUS* les MNO et leurs équipementiers ont du soucis à se faire parce
que quelques 10k satellites coûtent moins cher que des millions
d'antennes relais partout dans le monde, et qu'il est impossible de le
concurrencer parce que personne d'autre n'aura une capacité de mise en
orbite comparable avant… trop tard.
Mais ces histoires de DC dans l'espace me font vraiment marrer. Et je
suis vraiment très surpris que personne à la table ronde du dernier
meeting FRnOG n'aie correctement analysé l'origine et le but de cette
tendance.
Qu'on soit bien clairs : envoyer des unités de storage en orbite n'a
strictement aucun sens, la protection radioélectrique contre le
bit-flipping (n'en déplaise aux dieux du code qui ne jurent que par ça)
disqualifie l'usage.
Envoyer du compute en orbite c'est aussi super chiant : il faut
l'alimenter, ça chauffe à des endroits que la thermodynamique réprouve
parce qu'il n'y a rien avec quoi échanger donc il faut radier, donc ça
pèse lourd, ça n'a aucun sens.
Mais il se trouve qu'envoyer des données de l'orbite vers la surface,
c'est aussi assez chiant. En tout cas en grosse quantité. On n'a
simplement pas assez de spectre radio et trop de perturbations pour
considérer la ressource comme aussi infinie que de la fibre.
10Gbps par cône d'un satellite en LEO, ça va, ça fait le job. Mais il a
besoin de beaucoup plus pour renvoyer la donnée brute, transmission que
peut perturber ou génerer aussi de la donnée… bref. C'est pas juste pour
vous faire scroller sur X ou tiktok, non non, c'est pour savoir où vous
êtes quand vous le faites.
Quand le sujet de DC orbitaux a commencer à trender, on est plusieurs à
avoir sorti les règles à calcul. Économiquement, énergétiquement,
techniquement, ça ne faisait pas de sens en première lecture. Avec des
hypothèses super généreuses, oui, allez, bénéfice du doute, si ma tante
en avait, pourquoi pas.
Mais non, le sous-jacent est beaucoup plus vicieux.
Je ne vais pas expliquer en un post comment marchent les grilles
d'antennes à décalage de phases, mais c'est ce qu'il y a dans leurs
satellites de transmission, en plus des lasers.
En gros un Phased Array, avec assez de puissance de calcul et beaucoup
de soft super chiant - des vrais maths - ça se transforme en milliers ou
millions d'antennes directionnelles. Ça permet de faire un radar sans
élément mobile, très pratique pour les nez-creux des chasseurs (ceux qui
volent, pas ceux qui juste tirent).
Sauf qu'en ordre de grandeur, la puissance nécessaire pour analyser et
pas juste opérer la transmissions - et surtout réception - en Phased
Array, c'est en gros *1000.
Autrement dit, en rajoutant de la capacité de calcul en orbite pour
traiter les données brutes en sortie de chaque ligne du PA et pas juste
ce qu'il faut pour transporter des paquets, et parce que les PA sont
relativement _très_ larges en spectre Rx, ça permet de transformer un
satellite de télécoms en radar passif juste en y ajoutant un _gros_
coprocesseur.
Donc on est plusieurs à ne pas avoir dormi pendant les cours de théorie
du signal et à avoir fait quelques calculs là dessus. En très gros, ça
permet assez facilement de transformer toutes les données disponibles à
bord des satellites d'une constellation telle que Starlink en un radar
passif global capable de localiser et caractériser toute source
électromagnétique à une résolution décimétrique. Et en un peu plus
compliqué et cher le centimétrique est physiquement faisable dans la
plupart des cas.
Sauf que les données sont à bord des sats, et que les descendre à terre
pour les traiter représente plus de charge utile que la fourniture du
service telecom, d'un facteur 100 environ. Et là on en revient à la
photonique, parce que la fibre, c'est comme le gras, c'est la vie.
Avec les connexions S2S il n'y a pas de limite de débit théorique entre
les sats, qu'ils soient voués à un usage de transmission, de routage, ou
de… calcul.
En clair : pour transformer Starlink en l'outil de surveillance ultime
qu'il a toujours eu vocation à être, il n'y a pas d'autre solution que
d'envoyer la capacité de traitement du signal en orbite. Hors comme
cette fonction ressemble bien à ce qu'on fait faire à de l'intelligence
approximative sur le plancher des vaches, et pour se noyer dans la hype,
l'astuce était une ficelle grosse comme… Bref, laisser penser que
c'était pour le sujet qui donne le kikitoudur aux investisseurs alors
que c'est du bâtonbiendur (fascio) qu'ils avaient en tête.
Les maths se tiennent, les bribes de culture philosophique et politique
ayant trait aux personnages impliqués ressemblent à un truc logique,
donc je ne vois pas de meilleure explication.
C'était une grossière analyse de FAIR.fr qui n'engage personne.
Bon Dredi férié !
--
Jérôme Nicolle
+33 6 19 31 27 14
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