At 00:57 14/10/2014, Patrick Yeu wrote:
Bonsoir jfc
Pour commencer, ça fait une paie...
Pour continuer je nous réponds dans ton texte. Ou plutôt, je précise.
Le 13 oct. 2014 à 21:10, Jefsey <[email protected]> a écrit :
> At 17:29 13/10/2014, Patrick Yeu wrote:
>> Si chacun est ramené de facto au statut de sujet, discuter de
propriété des données ne sert qu'à masquer que, l'air de rien, nous
sommes tous asservis càd, ramenés à l'état de serfs, taillables et
corvéables, à merci dans un univers fondé non plus sur la
production, mais la consommation.
>>
>> Ce sont de moins en moins nos données qui sont dans les nuages
que ... nos têtes. Pour le reste, et l'essentiel, hélas, on perd pied.
>
> Merci du rappel sur le secret personnel du sujet.
Il est important dans la mesure où il a déterminé la structure de
notre contexte social, économique et politique. Il est le fondement
même du régime-système politique de référence actuel qui part un peu en morceau
Oui. Nous avons seulement deux sens donné au mot "sujet". Je
l'utilise pour le fors intérieur, tu l'utilise comme une certaine
vision de la personne. C'est mon approche architectonique
("l'architectonique est la science de la politique dont l'art est de
commander à des hommes libres - et aujourd'hui digitalement
interconnectés") qui cherche une langue "mathématique" (commune et
non soumise à l'émotion).
> Tu as raison sur les conséquences mais peut-être est-ce que notre
problème n'est que la conséquence de notre dérive politique ?
D'où la question et le niveau du questionnement auxquels je crois
devoir situer notre problème actuel. Selon mon hypothèse, il se
situerait dans la nature même de la dérive politique.
Je m'explique : liberté, égalité, fraternité serait moins une devise
politique qu'une condition de la production et du développement de
la pensée et des moyens industriels.
J'en suis d'accord et c'est bien à ce niveau là que je place la
dérive. Les Grecs s'appuyait sur la "philia", les chrétiens sur la
fraternité, les francs et nous sur l'égalité, Colbert sur la
concurrence (courrir ensemble) mais certains courrant plus vite on a
voulu rétablir une égalité-fraternelle tout en introduisant l'idée
d'une liberté contre la contrainte de la société. La première
contrainte (le frontières naturelles de cette liberté) nous a conduit
à l'imposer par la bouche des canons et à 1815. Cela a assuré la
domination de la nouvelle base sociale de la compétition et du nouvel
esclavage du prolétaire transformé en consommateur par Henry Ford.
> Je m'explique : le sujet c'est le mot principal, c'est le patron
de la phrase.
Dans mon cas, le sujet n'est pas d'ordre grammatical. Il est un
objet politique. Il est la caractéristique et l'expression d'un type
de pouvoir et donc d'une dépendance qui peut aller jusqu'au droit de
vie ou de mort sur la personne et les êtres vivants dépendants sinon
possédés suivant cet ordre politique.
Je comprends. C'est un contexte constitutionnel de tyrannie qui ne
peut longtemps tenir la route donc constamment heurté et que je ne
prends pas comme référence générale. Mon régime par défaut est la
multitude polycratique que nous apprenons alors que nos
constitutionalités doivent s'adapter à la mondialisation des
relations personnelles.
Aujourd'hui, on se gargarise avec le concept d'acteur en se gardant
bien de préciser qu'il n'y d'acteurs que par rapport à une pièce, un
scénario dont l'acteur dépend et dont il n'est pas maître.
1. C'est pour cela que je préfère utiiser le terme de "facteur" dans
une architectonie fondamentalement répartie entre l'Etre, le Faire et
le Fait. Un maths on va utiliser foncteur.
2. ma vision agorique des choses me dit que la pièce n'est pas dite
par autrui, même pas par Dieu. Elle est dite par nous, et dépasse par
émergence ce qui l'écrit c'est à dire la somme des projets permis par
les possibles que nous nous sommes ménagés.
Tout au plus, il peut se révéler être un très, très bon interprète
(j'ai envie d'écrire "interprête"). Le système qui voulait avoir le
peuple pour souverain s'est pris les pieds dans la tapis. Tout ce
dont il a accouché c'est de nouveaux souverains qui, par nature,
réplique les systèmes antérieurs. D'où, moins les dérives de la
politique que son implosion et la résurgence des tyrannies ou, pour
le moins, de régimes autoritaires...
C'est la pratique naturelle des lois fractales (indépendentes de
l'échelle) de l'univers. Les projets libres qui marchent ont leur
tyran (comme la V° République qui a son article 16).
> Il est assujeti au discours, mais chez lui il est le patron.
> Comme dit ChaItin : comprendre c'est la capacité de programmer ce
que tu considére. Pour cela il faut analyser, modéliser, prévoir une simulation
>
> Dans une ecceité tu as au moins :
> - l'objet : ce qui est visible de l'extérieur,
> - le sujet : ce qui se sait/fait de l'interieur,
> - le trajet : le fait de ce d'où il vient,
> - le projet : ce qui lui en est possible,
> - le rejet : ce qui s'oppose et façonne le projet.
>
> Elle est aussi dans un contexte et annimée d'une éthique.
Je résume le problème posé par l'ecceité (vive l'Internet, il m'a
permis d'aller vérifier ce que le terme signifiait du haut de mes
700 m d'altitude, (é)perdu de bonheur dans la solitude
basse-montagnarde de l'arrière-pays niçois sans avoir, auparavant dû
remplir toutes les granges rescapées de l'exode rural, des
dictionnaires papiers que la lecture attentive et courageuse exige
pour lire tes "papiers" électroniques. Mais, tu as raison. On a trop
tendance à l'oublier : tout se mérite)...
Donc, disais-je que tout cela est bien beau, mais comme le montre
l'expérience, tout cela repose et a toujours reposé sur un biais
fondamental : la perception des choses et qui fait leur ecceité du moment.
Ah ! Voilà qui est intéressant !
Tu prends l'ecceité à contre-pied. Tu fais de la phénomènologie là où
précisément elle n'a pas droit de cité. Reprenons :
- l'ecceité emet des data.
- la perception en reçoit des capta
- qui vont être processées (intellition) pour en faire des tracta
faisant sens que va utiliser la cognition.
L'expérience montre effectivement que l'on utilise en général
intellectuellement les tracta (capta revues et corrigées à sa manière
négentropique, qui sont les data affectées d'entropie). La mesure
tente de s'attacher aux capta, la science de retrouver les data.
Il est indéniable qu'aujourd'hui nous avons un très gros problème de
gouvernance algorithmique qui nous pend au nez: l'utilisation des
megatracta selon la doxa du temps au lieu de la libre réflexion sur
les data de la réalité.
Comme tout le monde, j'essaie de comprendre ce que je ne parviens
pas à m'expliquer et qui m'agresse tous les jours et à tous les étages...
>
> Comme tu dis, nous sommes
> - asservi dans un contexte de consommation taxée par le mécanisme
de l'efficacité économique (le paradigme nous veut "consumer")
Pour éviter de m'embourber dans le sillon, je parle moins d'un
contexte de consommation en soi. La consommation est et ne peut-être
que la finalité d'un système de production industrielle (c'est ici
qu'après les métiers à tisser, la mécanique, d'abord, pour les
automatismes ont envahi le monde quotidien de chacun détruisant ce
qui faisait la différence entre le sujet du prince d'hier, et le
consommateur des actionnaires d'aujourd'hui. Quant aux politiques,
ils n'ont toujours pas compris qu'ils étaient ni sujets, ni objet,
mais les dindons à dindonner les utopies
:-)
Il n'y a donc aucune solution puisque les rôles te semble définitifs.
Endurons.
Ceci est probablement vrai, mais pas de manière absolue. L'homme,
tout homme, a la faculté de modifier l'Histoire et de lui donner son
sens (ou son non-sens) à lui. L'expérience le montre, même, j'en
conviens, si la marge paraît faible. Mais peut-être est-ce mieux
ainsi - que nous ne soyons pas trop balloté au grès des utopies et
des folies du temps ?
> - au lieu de nous produire nous-même en tant qu'homme selon notre
esthétique et par notre travail en rapport à autrui.
C'est évidemment à ce point que je regrette de ne plus pouvoir
m'arracher les cheveux, au motif de ne plus en avoir (depuis le
temps, il faut bien l'avouer). Ta phrase est bien tentante. Mais
elle est faussement simple. Elle contient les germes d'un paradoxe
redoutable qui font les délices des cyniques aux dents longues et
aux Ferraris rutilantes plus neuves les unes que les autres... La
Silicon Valley est devenu le parc de ces gens qui ont le talent de
se produire en tant qu'homme (fortuné) selon ses esthétiques et son
travail par rapport à aux truies ou plutôt aux vaches à lait que
nous représentons. A ce sujet, il faut lire et relire Schumpeter.
Attention ! Je suis architectonicien. Je m'attache à comprendre
comment les choses sont faites pour marcher. Et aussi ce qui les
dérègle. Une fois encore tu t'oppose à ma compréhension qui te tente,
par pessimisme : "il y en a qui en profitent pour faire n'importe
quoi". C'est cela la vie. Si tout le monde était parfaitement
parfait, il n'y aurait plus rien à faire. Nous sommes à mon avis
assez bien (parfaitement dira le croyant) imparfait. C'est ce qui
nous permet de vivre en vitupérant les conducteurs de Ferrari et de
te délecter de Schumpeter.
> > Notre échange reste le même :
>
> - peut-être est-ce que je m'abuse en imaginant comment nous en
sortir en modifiant notre contexte,
Il s'agit moins de changer le contexte que de tenter de savoir ce
qui le fonde afin de pouvoir agir pour qu'il évolue dans un sens
moins anachronique
> - tu essaie de m'en désabuser pour que je n'en attende pas trop ....
Je n'essaie pas de t'en désabuser en soi que de te dire que le jeu
auquel tu joues est biaisé grave. Ça va de l'image que l'on donne de
la démocratie athénienne - où seule l'élite était considérée comme
citoyenne - aux révolutions qui envoient les unes, les gens dans les
camps et à la mort ; et les autres, au travail pour qu'ils dépensent
leur(s) salaire(s) dans les temples pour enrichir les plus riches
afin que ceux-ci financent les campagnes électorales de ceux qui
leur permettront de gagner encore plus d'argent.
Eh ! oui ....
Et c'est ce qui rend la vie intéressante. Trouver l'éthitechnique qui
va permettre de temps en temps de voir même nos pauvres machines
rouler ces gens là.
La démocratie athénienne c'est assez exactement la
multipartieprenance américaine. Don Tapscott, Lynn St-Amour, ISOC,
State-Department, RBC, Google, Hilary etc.
Et le bonheur ? Il ne trouve plus sa place que dans l'élaboration de
cette réponse
Je crois que c'est là sa place. Et non dans un béa libéralisme du
laisser faire. Même si c'est bien me faire.
Avons-nous, aujourd'hui, les moyens d'une perception opérationnelle
des choses ? Nous sommes en bonne voie, mais je ne suis pas certain
que nous y soyons vraiment encore.
Là est une question. Elle est concrête et pratique.
Wiener a dit que nous avons créé la machine à notre image pour nous y aider.
Nous avons à développer le brainware qui saura l'éduquer et la faire
agir à notre convenance.
Nous sommes les dieux de la machine, à nous de prendre notre rôle au
sérieux, sinon Big Father Kurzweil et sa gougle nous prendra en main.
"Every restistance is futile" a bien compris son collègue Mark Davis
(qui a créé Unicode pour nous protéger des Borgs et en est devenue la "Reine").
Bonne journée !
jfc
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