NB. Pas relu. Désolé. Je dois partir.

c'est plutôt moi qui vous remercie! J'ai enfin compris la portée exacte des choix faits il y a trente ans et un peu plus (notamment pour Arpa, et le lien avec UIT (X.25/75)). Je savais qu'il y avait une explication qui manquait, mais laquelle, je n'arrivais pas à la saisir.

J'ai été à quelques réunions du Group III et VII du CCITT en tant qu'Américain !
Patron Earl Barbeley du State Department.

Les choses n'étaient pas aussi claires qu'on nous les raconte. Et maintenant encore. Fadi Chehade et Dilma Rouseff en convoquant NETmundial ont invité les Telcos qui "sont de la famille"; GSN est sponsorisé par Liberty.


Pour le vocabulaire: je découvre, je découvre; et c'est très bien.

Attention que je suis un vieux roulier du réseau, ayant été le seul à gérer et étudier le réseau tels qu'il devait être et le sera sans doute un jour sur une bien plus grande échelle. J'ai donc des vues qui semblent raisonnables mais ne sont pas encore acceptées (ou craintes par les sérieux tenants du status-quo).


Cela me rappelle combien la langue anglaise est réticente à la précision: l'anglais juridique est souvent bien moins précis – pas toujours, mais souvent. Et souvent ce n'est pas anodin. Vie privée: le français juridique qualifie cela de droit de la personnalité non commercialisable (en gros le contraire du droit à la propriété); les américains comme les anglais ne connaissent pas le concept de droit de la personnalité. Attention, les anglais ne sont pas les écossais (et oui, les écossais connaissent le concept même s'ils ne l'ont pas intégré vraiment dans leur droit). Les américains, mais pas les anglais, poussent à protéger la vie privée notamment les données personnelles ou s'y rattachant par le droit de propriété; le droit anglais s'y refuse plus par intuition que par une réflexion universitaire approfondie (pour des raisons notamment historiques, mais bon cela fait partie d'un autre débat).

Il y a pas mal de choses à investiguer sur l'aspect normatif (sens large) à partir de la linguistique, sémantique, expérience (notamment ISO où les normes sont censées être bilingues avec le processus rédactionnel - référentiel que cela implique - le Quebec est parfois très bon). Une chose importante est l'inadequation de l'anglais à la traduction automatique en raison de son manque de structuration de l'enchainement des mots : le sens est beaucoup plus deviné qu'en langues latines. Je ne connais pas le chinois, mais pour les normes internet il pose nombre de problème, et les linguistes ISO aimeraient [au niveau de la pensée et de l'explicitation de la norme] que le chinois soit traité au même niveau que le français et l'anglais.


Pour DRIP; voici le texte: <http://www.legislation.gov.uk/ukpga/2014/27/contents/enacted>http://www.legislation.gov.uk/ukpga/2014/27/contents/enacted section 5; ce n'est pas clair quand on lit le texte, mais mes collègues juristes anglais pensent la même chose: on redéfinit 'télécom' pour élargir les possibilités de surveillance.

"For the purposes of the definition of "telecommunications service" in subsection (1), the cases in which a service is to be taken to consist in the provision of access to, and of facilities for making use of, a telecommunication system include any case where a service consists in or includes facilitating the creation, management or storage of communications transmitted, or that may be transmitted, by means of such a system.""

Ceci pose la question de la définition à appliquer de ce qu'est une "communication". Existe-t-il une définition de référence? Nous sommes dans un contexte sans accédémie de référence (et en France le Parlement s'oppose à l'Académie :-)) . Ce qui est intéressant est l'apparition de la "communication potentielle" : va-t-elle jusqu'à l'intention de contenu et l'investigation cérébrale ?

Ce n'est pas une blague. Nous considérons ce que nous connaissons aujourd'hui. Mais ce que j'apelle l'intellition a une frontière légalement floue (puisqu'elle n'est pas identifiée) avec l'information et la communication. Si je programme mon processeur sémantique auxilliaire de manière à ce qu'il perçoive/classe à ma manière les informations reçues, ses tables d'intelligence artificielles vont relever du "creation-management-storage" de mes communications et j'utilise le nom de "sciences et techniques de la facilitation" ce qui va m'aider à (me) comprendre avec l'aide de la machine.

La loi ici couvre donc, à travers un droit d'accès à ma digitalité, le plus profond de ma personnalité. Nous en sommes donc au moment où nous allons commencer à considérer les potentialités, les pensées à risque, etc. Ceci est peut-être légitime (je ne suis pas législateur) mais je ne pense pas que les législateurs britanniques aient vu aussi loin concernant les pratiques qu'ils permettaient.


Voici la lettre de juristes anglais en protestation du vote <http://www.theguardian.com/technology/2014/jul/15/academics-uk-data-law-surveillance-bill-rushed-parliament>http://www.theguardian.com/technology/2014/jul/15/academics-uk-data-law-surveillance-bill-rushed-parliament publiée dans le Guardian du 15 juillet 2014 (en bas de la page). Mon nom n'apparaît pas faute d'avoir eu le mèl à temps, mais je l'ai signée qq heures après sa communication au Guardian.

The Bill will increase surveillance powers by authorising the government to;

compel any person or company – including internet services and telecommunications companies – outside the United Kingdom to execute an interception warrant (Clause 4(2)); compel persons or companies outside the United Kingdom to execute an interception warrant relating to conduct outside of the UK (Clause 4(2)); compel any person or company outside the UK to do anything, including complying with technical requirements, to ensure that the person or company is able, on a continuing basis, to assist the UK with interception at any time (Clause 4(6)). order any person or company outside the United Kingdom to obtain, retain and disclose communications data (Clause 4(8)); and order any person or company outside the United Kingdom to obtain, retain and disclose communications data relating to conduct outside the UK (Clause 4(8)).

2. The legislation goes far beyond simply authorising data retention in the UK. In fact, DRIP attempts to extend the territorial reach of the British interception powers, expanding the UK's ability to mandate the interception of communications content across the globe.

It introduces powers that are not only completely novel in the United Kingdom, they are some of the first of their kind globall

Grosso-modo c'est "Britannia rules the cyberwaves". Cela permet d'espionner Obama et Merkel légalement. (*) Patriot Act permet à tout Juge américain de demander au CIA de lui permetre d'auditionner tout témoin localisé à l'étanger qui l'accepte ou non.
C'est le problème de la transposition de Westphalie au cybespace.

La loi française reconnait de plus en plus le cyberespace comme le cinquième élément/théatre d'opérations. La France pousse à ce que l'on définisse un droit du cyberespace copié du droit de la mer où un simple citoyen peut être confronté à la puissance immédiate (navire de guerre) d'une souveraineté nationale étrangère.

Une chose qui serait nécessaire serait la mise à disposition gratuite publique du Manuel de Tallin (OTAN: droit de la guerre cybernetique) .

Par ailleurs, et c'est mon intention sous le nom de "Montpel.Net" de voir se tenir un barcamp/congrès architectonique en Juin/Juillet sur le thème de la digitalité : les architectures, les technologies, les lois, les pratiques, etc. au niveau des professionnels et non des activistes. Sans options politique politicienne, mais orienté aménagement de la cité et de ses territoires virtuels. C'est à dire la fonction actuellement manquante dans tous les gouvernements du monde (et sans doute la raison de la crise) : l'archonte architarque.

L'archonte éponyme est en charge de l'Etat et de l'économie, l'archonte basileus de l'intérieur et de la culture/religions, l'archonte polémarque de l'extérieur et de la guerre, l'archonte architarque manquant n'est plus seulement une fonction partagée d'aménagement du territoire mais une fonction de sa construction (cyberespace) et de gestion de l'ultérieur (espace-temps, devoir de précaution).

Il faut comprendre que la guerre est aujourd'hui globale (mondiale et tout secteur par la norme et l'économie) et que ce que nou citoyens devons mener est une contre-guerre permanente aux erreurs que nous nous préparons (c'est cela la précaution, dont la constitution nous fait tous responsables à raison de notre compréhension de la situation et de notre capacité à y parer) y compris les erreurs légales. En acquérant une capacité et une responsabilité sur notre environnement nous avons ajouté au droit et à l'ethitechnique des responsabilités nouvelles.

jfc


Notes :

(*) la gravité de la définition de la DRIP est que dans le cadre de la NDN (Named-Data.Network) le réseau lui-même devient une mémoire collective dans laquelle nous pouvons tous "taper". Pour comprendre :

- je veux voir "les ch'tis"
- j'envoi sur les réseau une demande "qui peut m'envoyer les ch'tis"
- les nodes réseau qui ne l'ont pas, répercutent à tous leurs voisins,
- les nodes qui l'ont en mémoire répondent sur le canal où elles ont reçu mon message "je te l'envoie" et sur tous elle prévient les autres "j'envoie". - il n'y a pas d'adresse ni de routage : la réponse passe par là d'où est venu la demande (c'est supposé être le canal le plus rapide). - les "ch'tis" au passage sont mémoisés sur les nodes intermédiaires qui pourront répondre les prochaines fois. Les réponses aux demandes les plus anciennes étant éffacées pour faire de la place s'il n'y a pas assez de mémoire.

1. ce qui compte n'est plus le nom de domaine ou l'adresse, mais le nom du contenu. "ex. misérables.victor-hugo". "mail123#jefsey" 2. les données peuvent rester des siècles sur le réseau s'il n'y a pas de traffic ou beaucoup de mémoire. 3. la sécurité doit être assurée par le conteneur de la donnée (tout est crypté).

Ce modèle est une réponse à beaucoup de problèmes actuels. Mais c'est une mîne d'espionage si l'on se met à mémoriser les appels entrants et à obliger à des encryptions légales ou traffiquées (ex. NSA).

(**) une autre commentaire technique : ma position architecturale (depuis Tymnet) est le VGN, c'est à dire le Virtual Glocal Network, l'organisation à ma façon du réseau virtuel de mon système digital personnel à travers le monde et les thématiques. J'y suis le patron. C'est bien sûr en opposition de phase avec la vision légale actuel (mon cyberdomicile devient mondial et virtuel - où en sont les portes). Ceci est bien entendu fortement ignoré/combattu par les techieyankees. Mais dans le contexte du transfert de légitimité du NTIA vers la justice américaine, je conteste de façon simple : en localisant mon VGN sur mon VGNIC (VGNetwork Information Center), c'est à dire en cherchant à me construire une ICANN personnelle à chacun. C'est le projet "MYCANN Plug-in". Nous allons dès lors avoir un problème de définition/respect/droits de la personnalité digitale privée. Ce problème va se poser très rapidement par le fait que ".cocacola" est quelque chose que l'ICANN vend sous couvert du NTIA (tous les nouveaux gTLD). Et que MYCANN permet de les utiliser autrement et en ajouter des milliers sans aucune polution du DNS et selon un modus-opérandi documenté dans un document politique permanent de l'ICANN (ICP-3).








Bon je vais imprimer cet échange car j'ai besoin d'un support papier pour continuer ma/la réflexion. Merci aussi à la personne qui m'a rajouté à cette liste!


Dr Audrey Guinchard
Senior Lecturer (Law)
Director of International Mobility
University of Essex (UK)
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