Bonsoir jfc

Pour commencer, ça fait une paie...

Pour continuer je nous réponds dans ton texte. Ou plutôt, je précise.

Le 13 oct. 2014 à 21:10, Jefsey <[email protected]> a écrit :

> At 17:29 13/10/2014, Patrick Yeu wrote:
>> Si chacun est ramené de facto au statut de sujet, discuter de propriété des 
>> données ne sert qu'à masquer que, l'air de rien, nous sommes tous asservis 
>> càd, ramenés à l'état de serfs, taillables et corvéables, à merci dans un 
>> univers fondé non plus sur la production, mais la consommation.
>> 
>> Ce sont de moins en moins nos données qui sont dans les nuages que ... nos 
>> têtes. Pour le reste, et l'essentiel, hélas, on perd pied.
> 
> Merci du rappel sur le secret personnel du sujet.

Il est important dans la mesure où il a déterminé la structure de notre 
contexte social, économique et politique. Il est le fondement même du 
régime-système politique de référence actuel qui part un peu en morceau
> 
> Tu as raison sur les conséquences mais peut-être est-ce que notre problème 
> n'est que la conséquence de notre dérive politique ?

D'où la question et le niveau du questionnement auxquels je crois devoir situer 
notre problème actuel. Selon mon hypothèse, il se situerait dans la nature même 
de la dérive politique. 
Je m'explique : liberté, égalité, fraternité serait moins une devise politique 
qu'une condition de la production et du développement de la pensée et des 
moyens industriels.

> Je m'explique : le sujet c'est le mot principal, c'est le patron de la phrase.

Dans mon cas, le sujet n'est pas d'ordre grammatical. Il est un objet 
politique. Il est la caractéristique et l'expression d'un type de pouvoir et 
donc d'une dépendance qui peut aller jusqu'au droit de vie ou de mort sur la 
personne et les êtres vivants dépendants sinon possédés suivant cet ordre 
politique

Aujourd'hui, on se gargarise avec le concept d'acteur en se gardant bien de 
préciser qu'il n'y d'acteurs que par rapport à une pièce, un scénario dont 
l'acteur dépend et dont il n'est pas maître.Tout au plus, il peut se révéler 
être un très, très bon interprète (j'ai envie d'écrire "interprête"). Le 
système qui voulait avoir le peuple pour souverain s'est pris les pieds dans la 
tapis. Tout ce dont il a accouché  c'est de nouveaux souverains qui, par 
nature, réplique les systèmes antérieurs. D'où, moins les dérives de la 
politique que son implosion et la résurgence des tyrannies ou, pour le moins, 
de régimes autoritaires...

> Il est assujeti au discours, mais chez lui il est le patron.
> Comme dit ChaItin : comprendre c'est la capacité de programmer ce que tu 
> considére. Pour cela il faut analyser, modéliser, prévoir une simulation
> 
> Dans une ecceité tu as au moins :
> - l'objet : ce qui est visible de l'extérieur,
> - le sujet : ce qui se sait/fait de l'interieur,
> - le trajet : le fait de ce d'où il vient,
> - le projet : ce qui lui en est possible,
> - le rejet : ce qui s'oppose et façonne le projet.
> 
> Elle est aussi dans un contexte et annimée d'une éthique.

Je résume le problème posé par l'ecceité (vive l'Internet, il m'a permis 
d'aller vérifier ce que le terme signifiait du haut de mes 700 m d'altitude, 
(é)perdu de bonheur dans la solitude basse-montagnarde de l'arrière-pays niçois 
sans avoir, auparavant dû remplir toutes les granges rescapées de l'exode 
rural, des dictionnaires papiers que la lecture attentive et courageuse exige 
pour lire tes "papiers" électroniques. Mais, tu as raison. On a trop tendance à 
l'oublier : tout se mérite)...

Donc, disais-je que tout cela est bien beau, mais comme le montre l'expérience, 
tout cela repose et a toujours reposé sur un biais fondamental : la perception 
des choses et qui fait leur ecceité du moment.

Comme tout le monde, j'essaie de comprendre ce que je ne parviens pas à 
m'expliquer et qui m'agresse tous les jours et à tous les étages...
> 
> Comme tu dis, nous sommes
> - asservi dans un contexte de consommation taxée par le mécanisme de 
> l'efficacité économique (le paradigme nous veut "consumer")

Pour éviter de m'embourber dans le sillon, je parle moins d'un contexte de 
consommation en soi. La consommation est et ne peut-être que la finalité d'un 
système de production industrielle (c'est ici qu'après les métiers à tisser, la 
mécanique, d'abord, pour les automatismes ont envahi le monde quotidien de 
chacun détruisant ce qui faisait la différence entre le sujet du prince d'hier, 
et le consommateur des actionnaires d'aujourd'hui. Quant aux politiques, ils 
n'ont toujours pas compris qu'ils étaient ni sujets, ni objet, mais les dindons 
à dindonner les utopies

> - au lieu de nous produire nous-même en tant qu'homme selon notre esthétique 
> et par notre travail en rapport à autrui.

C'est évidemment à ce point que je regrette de ne plus pouvoir m'arracher les 
cheveux, au motif de ne plus en avoir (depuis le temps, il faut bien l'avouer). 
Ta phrase est bien tentante. Mais elle est faussement simple. Elle contient les 
germes d'un paradoxe redoutable qui font les délices des cyniques aux dents 
longues et aux Ferraris rutilantes plus neuves les unes que les autres... La 
Silicon Valley est devenu le parc de ces gens qui ont le talent de se produire 
en tant qu'homme (fortuné) selon ses esthétiques et son travail par rapport à 
aux truies ou plutôt aux vaches à lait que nous représentons. A ce sujet, il 
faut lire et relire Schumpeter.
> 
> Notre échange reste le même :
> 
> - peut-être est-ce que je m'abuse en imaginant comment nous en sortir en 
> modifiant notre contexte,
Il s'agit moins de changer le contexte que de tenter de savoir ce qui le fonde 
afin de pouvoir agir pour qu'il évolue dans un sens moins anachronique
> - tu essaie de m'en désabuser pour que je n'en attende pas trop ....
Je n'essaie pas de t'en désabuser en soi que de te dire que le jeu auquel tu 
joues est biaisé grave. Ça va de l'image que l'on donne de la démocratie 
athénienne - où seule l'élite était considérée comme citoyenne - aux 
révolutions qui envoient les unes, les gens dans les camps et à la mort ; et 
les autres, au travail pour qu'ils dépensent leur(s) salaire(s) dans les 
temples pour enrichir les plus riches afin que ceux-ci financent les campagnes 
électorales de ceux qui leur permettront de gagner encore plus d'argent. 

Et le bonheur ? Il ne trouve plus sa place que dans l'élaboration de cette 
réponse 

Avons-nous, aujourd'hui, les moyens d'une perception opérationnelle des choses 
? Nous sommes en bonne voie, mais je ne suis pas certain que nous y soyons 
vraiment encore.

Bien amicalement

Patrick Yeu

PS Pas le temps de relire. Désolé. Très bonne nuit
> 
> Cordialement.
> 
> jfc
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> 
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