At 17:05 29/09/2012, Dr François Jacquemin wrote:
Il y aurait un autre problème. Nombre d'adolescents n'ont d'autre formation à la vie sociale et à la citoyenneté qu'au travers de l'expérience sociale que réalise l'école. Les en priver est évidemment dangereux et risque au contraire de renforcer le manque de ressources rendant apte à vivre ensemble dont on voit les effets délétères partout et à l'école en premier lieu, (the famous social abilities).

Oui ! Oui ! Mais attention !

C'est précisément ce que mon élucubration vise à maintenir, mais dans la coopération et pas dans le chahut ou la bagarre. Tous ont un bagage intellectuel à acquérir. Dont celui de la sociabilisation (que la suppression du service militaire n'a pas aidé : à l'age des premières responsabilités au lieu de se voir montrer par un adjudant qu'ils ne sont pas au niveau physique des copains plus sportifs et capables de se voir confier une arme pour de vrai par la société, les "durs" jouent les dealers et pourissent les petits dans les quartiers tout en frimant de la Kala).

Je me demande si ce qui se passe (en dehors du parcours abrégé du rite de passage à l'age d'homme et de l'acquisition du savoir comment défendre sa famille que l'armée assurait peu, ou l'expérience de l'aide humanitaire que le coopération apportait, et du devoir social d'un an ou deux dans sa vie de citoyen - et de la satisfaction du devoir accompli et de l'accomplissement personnel en voyant un peu de pays - il y a de quoi devenir dingue de n'être jamais sorti de sa banlieue que par la TV américaine) ce n'est pas la différenciation entre ce qui relève du personnel et ce qui relève du groupe.

J'ai un problème nouveau qui est la fracture numérique à gérer. En plus de tout le reste. Aidez-moi, plutôt que de me mettre en prison dès l'école ! L'influence majeure sur la formation d'un gosse aujourd'hui ce sont ses amis. Pas sa famille, pas ses profs, pas son pays, pas sa ville ... même pas son ordinateur. Ce qu'il faut c'est rééquilibrer tout cela, en faisant attention à chaque fois à l'individu et pas à la bureaucratie ambiante. Qu'est ce qui est le mieux : trente heures de chahut contre le prof, ou chercher à progresser avec les autres de ses centres d'interêts discerné par les points intelligent d'un ordinateur, et pour cela avoir six heures de cours à cinq du même niveau, et cinq heure de tutorat par des plus grands ? Et pouvoir aller taper dans un ballon sur le stade quand on en a mare de l'ordi, des profs et des c... Ou participer à des ateliers avec des élèves d'ages différents : c'est un autre problème de l'école que de n'apprendre la société _que_ comme une compétition entre pairs et un affrontement avec un adulte désavoué par sa bureaucratie apeurée.

Le juge de paix c'est le résultat prouvé par le total acquis et dans les grandes classes par les écoles individuelles, dans les autres par les présentations de groupe en direct (risque de chahut) ou en multimédia (montrant que l'on maîtrise la "machine" que l'on va utiliser toute sa vie. Naguère il fallait lire, écrire et compter - ce que l'on sait de moins en moins - aujourd'hui il faut aussi multimédier). J'ai l'impression que le point principal est le multidisciplinaire. Montrer aux enfants la cohérence de tout et de l'égale importance de chaque chose, et donc l'égale valeur et responsabilité de chaque métier. Nous voulons des gens fiers de leur pays, de leur famille, de leur métier. Est-cela que nous visons ?

Le vrai problème est la réforme de l'école instaurée avec :
1° - la circulaire Savary dans les années 80, qui prévoyait de mettre tout public scolaire dans la même classe sous prétexte de mieux préparer à la vie sociale et à l'égalité (handicapés, problèmes de comportement, précoces, etc.) 2° - la pratique, afin de soi-disant responsabiliser les parents de les faire intervenir dans des décisions qui ne devraient pas dépendre d'eux tels que le redoublement etc.

La première mesure a rendu impossible la transmission du savoir et la vie sociale en classe, en posant des problèmes de grand écart pédagogique insurmontables à des professeurs par ailleurs non formés à la pédagogie non plus qu'à la psychologie de l'enfant et de l'adolescent,

Oui ! Et souvenons-nous que nous commençons juste à affronter la complexité née de l'écosystème numérique et de la relation 4WM (man/machine/machine/man - woman/web/web/woman, etc. ) qui va le leur enseigner, pour l'instant ce sont les sites pornos ? Comment vont-ils vivre tout cela ?

la deuxième a entraîné les parents à se croire compétents pour demander des comptes aux enseignants sur tout et autre chose, les disqualifier régulièrement devant leurs enfants, pour s'étonner ensuite d'être entendus, d'autant qu'eux-mêmes s'autodisqualifient fréquemment pour plus de résultats en matière d'irrespect.

Oui, mais pire : comment remettre tout cela en ordre, lorsque les gosses irrespectueux mais que l'on a laissé faire (sousentendant que c'était normal) deviennent parents ....

Qu'on aille ensuite demander aux adolescents de trouver dans l'espace scolaire les solutions sociétales que l'ensemble de la société ne parvient par ailleurs pas à élaborer, et l'on ne s'étonnera pas d'une montée constante, insidieuse, mais certaine d'une forme de barbarie dont il ne faut pas espérer qu'elle se limite à une tranche d'âge ou à un champ social particulier.

Je me demande quand l'on apprend aux enfants à être responsables et à s'obéir entre eux. C'est un peu absurde à l'age des jeux de rôles.

Alors, mettre chacun dans une bulle ? Faire un moratoire sur l'évolution de la société ? Restaurer des repères et des rôles clairs, lisibles pour chacun plutôt que s'acharner à embaucher des dizaines de milliers de profs en comptant noyer le problème sous le nombre ? Tuer l'école de Jules Ferry en faveur de l'école privée de sorte que devenue rare et chère elle devienne un lieu à l'accès convoité ? Faire entrer la police à l'école ?

L'école privée n'est chère que parcequ'elle est privée du budget payé par les citoyens pour l'éducation nationale de tous. C'est le même topo que la sécu.

Diminuer drastiquement le nombre d'élèves par classe ?

L'idée serait plutôt de revoir l'organisation de la classe et du temps professoral grâce à l'assistance d'une cybernétique de l'enseignement (ce n'est pas seulement de l'ordinateur, mais une manière de penser).

Adopter la pédagogie Freinet ?

Il y a de bonnes idées, mais je crains que, marqué par son anti-scholastime, il confont l'ex-cathédra avec le pontifiant. Les écoles scholastique avaient une chaise pour le prof et des bottes de paille pour les étudiants en petits groupes. Ce qu'il faut c'est l'adhésion des élèves, susciter et satisfaire leur appétit non pas d'apprendre (cels c'est la machine) mais de comprendre.

Former les professeurs à la pégagogie et la psychologie pratiques dès la formation initiales ?

Je signale le trame historique :
http://www.meirieu.com/ECHANGES/rieunierpsyetped.pdf
même s'il y a des manques, c'est un départ intéressant.

Nécéssairement la solution est dans ce que l'on a pas bien compris ou ce que l'on a pas essayé. Le liste de ce que l'on a essayé (à donc commenter si possible) me paraît un bon point de départ. L'auteur note au passage que le seul changement (et encore) est la machine. J'adhère à cela : le cerveau des enfants n'a pas changé, mais celui des adultes un peu par le 4WM cité plus haut. Il faut s'y adapter.

Sous traiter l'enseignement aux collectivités locales ? Changer les règles de l'accès à la citoyenneté et donc de l'accès à la connaissance ? Refonder le contrat social ? Encore d'autres idées ?

Cela relève de la société, pas de l'enfant. La société ne sait en fait plus comment l'accueillir. Le choc du futur est passé par là : leur possible n'est pas le notre.

Sans doute, pour certains, traumatisés au cours de la vie scolaire au point de ne plus pouvoir du tout remettre les pieds à l'école, le téléenseignement, par l'intermédiaire du CNED, est une martingale utile, et, plus ils sont nombreux, plus les profs, encore plus nombreux, qui aspirent à enseigner au CNED, peuvent y accéder. Ils s'accroissent d'année en année.

C'est une expérience comme une autre. Elle conduit à l'enseignement à la maison. On se retrouve à avant l'école et on perd l'éducation par les questions, les erreurs et les aides des autres. Mais il est certain que si l'on peut apprendre dans ces mauvaises conditions, le système participe sans doute à une petite partie de la réponse. L'idée est un peu le CNED à l'école (comme la ville à la campagne :-)) le "CNED", cybernétisé au service de ses professeurs, étant le soustraitant de la partie enseignement dans la fonction principale d'éducation de l'école, qui pourrait ainsi mieux jouer son rôle de rattrapage et de formation permanente des parents.

Dans tous les cas, les enfants ont à vivre leur vie, et ce qu'il leur faut est une école de la vie. On les prépare actuellement encore à une vie en usine, comme ouvrier dans le public, comme cadre dans le privé. C'est tout de travers. AMHA il faut partir de ce que l'on veut atteindre, pas de ce que faisaient nos arrières-grand-parents pour atteindre autre chose.

Mais probablement me goure-je ?
jfc




Le 28 sept. 2012 à 21:35, Patrick Maigron a écrit :

> L'école a aussi un rôle de garderie pour libérer les parents (cf. le
> service minimum d'accueil dans les établissements scolaires en cas de
> grèves). Même avec du téléenseignement pour la fonction pédagogique, le
> problème de la violence à l'école reste entier pour la fonction de
> garderie. Si on dresse les enfants à se lever à l'heure, c'est aussi une
> demande des parents...
>
> A mon avis, le téléenseignement (on parle plutôt de TICE ou de
> e-learning pour être à la page) est tout à fait pertinent pour des
> publics motivés comme dans les cas que tu cites (enseignement supérieur,
> formation continue... et terroristes). Pour le secondaire par contre
> j'ai un gros gros doute (en soutien d'un enseignement classique oui et
> c'est le cas, mais en remplacement non).
>
> Plus la question des fraudes électroniques comme au bac (ça avait déjà
> été discuté sur cette liste). On fait des examens sur machine mais on
> est toujours obligé de surveiller en salle si on veut éviter les fraudes
> au moins en partie. On gagne du temps en correction, pas en
> surveillance. Mais ça permet de concevoir des examens plus intéressants
> en termes d'interactivité par exemple.
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