At 11:27 30/04/2015, François PELLEGRINI wrote:
Re à tou/te/s,

On 04/30/2015 12:10 AM, david fayon wrote:
> On peut parler de "vol immatériel", ce qui le
> distingue du vol physique.

Non, on ne peut pas. Le terme "vol" renvoie
à certains articles du Code pénal qui n'ont
rien à voir avec les actes en question.

Le problème soulevé par François est réel, et important. Autant l'approcher intelligemment, ce qui va conduire à un pontifiant, puis à une modification de mon texte, qui appellera sans doute des commentaires.

(Attention : ce mail était fini avant de recevoir à l'instant la réponse de François qui me paraît très pertinente mais involontairement biaisée par l'influence de ce qu'il refuse et que je refuse pareillement. Je pense avoir par avance répondu à son accusation en soulignant que nous ne parlons pas de la même chose. Nous avons encore une problématique de terminologie anglais-français où nous voulons donner la priorité au flou anglais parapport au terme juste français jugé trop compliqué/pinailleur. Ceci ne marche pas en ce qu'il va falloir appeler la "sémiatique", c'est à dire traitement informatique du sens).

I. Pontifiant

Il me parait nécessaire si l'on veut bien comprendre ce que l'on défend sans se contredire comme le montre François.

Le besoin ici n'est pas de faire de la casuistique, mais de faire comprendre aux élus un point de base où leurs perceptions politiques, juridiques, techniques seront tout aussi partagées que les nôtres, jusqu'à nous faire accuser de contradiction.

a. Aspect terminologique

Nous sommes ici dans une incertitude terminologique dont le français devrait nous protéger par sa standardisation sémantique (la langue de la loi). Or, dans notre domaine - et c'est la raison du débat architectonique que nous éludons - la terminologie de l'académie, et par là de la loi, est biaisée par le "digicide" et des dérives "mèmiques" qui sont acceptées par les uns et les autres à partir des usages anglo-saxons où la terminologie est couramment négociée entre interlocuteurs faute de référent terminologique commun.

Je note au passage, pour ceux accoutumés au processus de normalisation ISO par rapport à la pratique de standardisation industrielle consacrée par la " RFC 6852/Déclaration OpenStand " entre l'IEEE, IETF, IAB, ISOC, W3C, que :

- la norme ISO se veut bilingue pour atténuer la difficulté que nous rencontrons,

- tandis que la standardisation OpenStand repose sur l'anglais

--- par volonté architecturale (Globalization technologique - Unicode)
--- et de simplification pratique (RFC 3935)

- s'en remettant au retour de l'opérationnalité et du marché (compris comme une généralisation écologique, économique, etc. de l'écotechnique (fondamentaux des écosystèmes d'écosystèmes).

Ici nous sommes dans l'écosystème social ultime, celui de sa gouvernance souveraine. Je ne trouve notre système écojuridique encore documenté/étudié nulle part.

Sauf quelques allusions à son écosystémique pratique qui a été mise en question de façon tangentielle par la loi Macron. Elle m'est première dans le banc-test des rapports citoyen/régalien/privé dont j'ai "hérité" l'étude de mes parents (ce dont je vous ai parlé). J'y 'expérimente maladroitement les difficultés des rapports actuels entre l'avancée régalienne de la loi, ses applications pilotes citoyennes, et les règles des droits médical, notarial, des sociétés, etc. (Je cherche un avocat " Libre " dans son intellectualité pour m'aider à reprendre la base même d'un dossier complexe : l'organisation de son médium cognitif actuel où ni les plaignants, ni les conseils, ni le Juge me paraissent en mesure de s'y retrouver sans l'aide d'une instruction numérisée adéquate du dossier).

Pour nous, nous sommes en effet - par l'inachèvement de la loi et de ses projets - dans une simplification juridique légale des mèmes de "vol" et d'"objet" dont les vécus, perçus, notions, concepts et principes semblent mal s'ajuster.

Que l'on songe qu'en droit, le livre n'est ni un bien matériel ni un bien immatériel. Lorsque mes parents ont fait apport de tous leurs biens à la société civile familiale qu'ils constituaient et vu l'importance de leur bibliothèque dans leur projet, ceux-ci ont dû être spécifiés en plus de " tous leurs biens matériels et immatériels ". On le comprend fort bien par le fait que le livre est légalement aujourd'hui le réel médium du savoir. Me voler un livre ne me retire pas la possibilité (dans d'autres conditions) d'en lire le contenu ailleurs ou de m'en souvenir.

b. aspect stratégique

Les objections de François sont fortes puisqu'il se réfère à une contradiction qui en serait induite dans notre propre discours et nos objectifs "subintrinsèques", viscéraux, concernant la propriété intellectuelle. Je note au passage que le digicide académique nous affecte ici encore.

En effet, notre digitalité cérébrique (la façon dont notre cerveau est construit), nous fait ***chacun*** à notre manière spécifique, amalgamer le catalogue (ce qui nous apparait comme discret, donc digital) en un analogue qui fait séquentiellement sens à notre esprit et que nous pouvons gradualiser (numériser).

C'est cela la propriété intellectuelle de chacun (la manière dont fonctionne/nous faisons fonctionner notre penser propre - c'est notre savoir penser/être par rapport à notre savoir-faire). Ces propriétés intellectuelles peuvent être discernées par ordinateur. Un membre de cette liste a eu à un examen universitaire : "voici cinquante textes : construisez le moteur d'inférence qui séparera ceux de Mitterrand d'avec ceux de Chirac". Pouvant être discernée, elle peut aussi être abusée par ordinateur, pour produire (et injecter dans les boîtes noires du réseau) du "à la manière de".

Il est donc effectivement très important - dans la confusion sémantique entre la production (digitale) et le produit (présenté sous forme numérique) - de faire la différence entre le fonds (contenu sur internet) et la forme (couche OSI six, présentation, absente de la pensée Unix/Internet, en partie et en désordre traitée par les patch Web, applications, etc.).

J'en retire donc que nous avons politiquement :

1. deux crimes différents à souligner en l'absence de différence entre leur ressenti commun :
- celui de la divulgation d'une œuvre sur laquelle l'on pense avoir des droits.
- celui du vol de quelque chose intrinsèque à la personne mentale ou sociétale.

2. à faire approfondir l'étude des individus juridiques, des mécanismes écojuridiques, et leur diktyologie (maillage de leurs documentations ontologique - cf. Paul Matthias) dans le contexte de la société de l'information.


II. Modification de mon texte

J'ai donc modifié mon texte sous http://digipirate.fr/index.php/Lettre_aux_Repr%C3%A9sentants_de_la_Nation pour écrire qu'en tant que citoyens :

a. "Nous avions besoin d'une Doctrine nationale du digital. C'est ce que demande le M. le Sénateur Bockel. Nous avons déjà une avance constitutionnelle significative :

- La charte de l'Environnement en établit des principes fondamentaux, car la digisphère est une des sphères environnementales de l'homme. - C'est ce que l Livre Blanc sur la Défense a bien établi au sujet du cyberespace comme un théâtre d'opérations comme la Terre, la Mer, l'Air et l'Espace proche.
- Il nous faut aujourd'hui une technologie cyberrésiliente,
--- au vol de savoirs exclusifs, intimes et personnels,
--- à la divulgation de secrets privés, économiques et politiques,
--- à la pollution digivirale,
--- aux pénétrations informatiques,
--- aux altérations des contenus échangés,
--- à l'ingénierie et au contrôle sociétal, à la manipulation politique,
---, etc.

b. "Nous savons tous que ce n'est pas la cas comme le montrent les préoccupations de l'IAB (Internet Architectural Board) pour le durcissement de la technologie et concernant l'advenance de l'internet des objets (qui transforme chaque processeur connecté en une arme de terrorisme insidieux). Un besoin urgent et important pour guider l'utilisation pilote et la recherche et l'innovation technologiques est donc, entre autres, celui d'une organique constitutionnelle du droit de légitime cyberdéfense et, par là, du droit des machines."

III. Commentaires

Il me semble que cela introduit trois notions dont nous avons besoin :

3.1. La séparation entre "savoirs" dont l'exclusivité peut être volées et "secrets" privés pouvant être indument divulgués - qui ne fait allusion à la violation digitale (machines) et non aux violations du support numérique ou aux droits sur le niveau sémiotique ("propriété intellectuelle") - nous restons dans le niveau du "savoir-être/faire/fait" et donc en fait du clonage. Nous tombons donc incidemment dans le domaine du droit de la santé et le rapport au don d'organe et à la présomption de son accord post mortem est important. Nous entrons donc dans le domaine du secret médical, de droit des personnes âgées, du mandat à effet posthume, du droit des successions. Domaines qui me sont devenus familiers et correspondent à la diktyologie (science des réseaux) dynamique, c'est-à-dire des réseaux dans un espace à quatre dimensions, qui n'a rien d'ésotérique puisqu'il s'agit du droit testamentaire. Mais jusqu'où va-t-il : les testaments sont en général des papiers notariés, ce sont de plus en plus des mécanismes relationnels établis (entreprises, organisations, sociétés civiles, etc.) ou culturels (réseaux de mèmes constituant une pensée, une philosophie, une religion, etc.).

3.2. la notion de "terrorisme insidieux", c'est-à-dire masqué, caché, pouvant affecter chacun d'entre nous aussi bien aux niveaux somatique, psychologique, informatique, politique. Il est bien entendu que les digitalités sociétales et privées (réseaux d'énergie, de communication, de transports, etc., et domotique, internet des objets, portables, etc.) sont des cibles où le virus est moins cher et plus efficient que l'explosif.

3.3. la notion de droit de "légitime cyberdéfense" est importante (c'est sur elle que se fonde l'Etat). Si je suis attaqué, ou mes voies de communication menacées (cf. Obama : l'internet du XXIe sont les détroits du XIXe) jusqu'où puis-je répondre. Quels sont les droits de survie des machines que je peux en affecter (elles sont la propriété d'autrui ou de la collectivité, elles peuvent avoir été hackées). Quels sont les moyens d'identification réciproques des intervenants : une boîte-noire sur mes canaux, comment sais-je qu'elle est de la DGSE (à respecter) ou de la NSA (à bloquer) ou d'un cyberterroriste (à tirer dans le tas) ?

Partant de ces remarques et les votres, j'ajouterai des liens de commentaire sur ces trois points avant de ballancer le lien sur le site aux élus (le différentiel du nombre de lecture donnera leur taux d'intérêt immédiat, puis du buzz).

jfc




Ces erreurs intellectuelles partent d'un
biais conceptuel dont peut de gens se rendent
effectivement compte en pratique : le terme même
de "propriété intellectuelle". C'est un oxymore,
car ce qui est intellectuel ne peut être
approprié, car ce n'est pas un bien rival.

Ce terme a été poussé par les lobbies des
industries du divertissement, car de nombreuses
constitutions disent que "la propriété est
protégée". Ainsi, en parlant de "propriété
intellectuelle", ils revendiquent un monopole
permanent sur les créations intellectuelles,
pourtant non rivales. De cette erreur de pensée
vient l'extension continuelle de la durée du
droit d'auteur. Or, c'est parce que les biens
intellectuels sont non rivaux qu'il peut
exister un domaine public : un espace où les
oeuvres peuvent être copiées à l'infini par
tous et pour tous.

Si vous parlez de "vol" pour des biens immatériels,
alors vous niez l'existence possible d'un domaine
public. Qui plus est, le vol est un crime. Si vous
pensez que la copie de fichiers en est un aussi,
alors vous devriez accueillir favorablement les
dispositions d'ACTA, de TAFTA et autres joyeusetés.
Il faut juste être cohérent.

Capito ?

> Dans les deux cas, cela cause un préjudice.

Alors appelons ça "meurtre", puisque ça cause
aussi un préjudice. Non sequitur.

> Ainsi, je ne crois pas que l'on commette
> d'erreur conceptuelle.

Faux. Voir ci-dessus.

Bien cordialement,


                                f.p.

_______________________________________________
comptoir mailing list
[email protected]
http://cafedu.com/mailman/listinfo/comptoir_cafedu.com
_______________________________________________
comptoir mailing list
[email protected]
http://cafedu.com/mailman/listinfo/comptoir_cafedu.com

Répondre à