Myriam,

Aujourd'hui est donc le temps des pontifiants pouvant réunir des questions pour des pages wiki du cafedu.com …

Allez, je m'y colle. Mais n'y a-t-il personne qui maîtrise PHP et MySQL pour m'aider à remettre en place mes wikis : on pourrait passer à une approche plus amusante/délirante/innovante. (J'ai besoin de rédiger des scripts pour gérer des dizaines de mediawikis, leurs màj de version, leurs sauvegardes, avant de les faire –ensuite, ensuite – évoluer vers du Wiki 3.0).

Pour les non-ingénieurs/architectes, la partie importante était ma partie finale.
Pour les politiques, ils savent que les coups bas font la politique.
Les juristes espèrent que ce n'est pas le cas dans le droit qui serait soumis à une certaine éthique.

Attention ! l'éthique n'est que la manière d'atteindre l'esthétique communément acceptée, et aujourd'hui cette esthétique (somme du bien, du bon, du droit, etc.) est en train de se redéfinir dans un contexte étendu à la digitalité - c'est à dire un nouveau contexte de la (dis)continuité des choses.

Je prendrai simplement l'exemple de l'ICANN et de l'"Internet" avec une majuscule tel que les USA le jouent, c'est-à-dire un territoire national virtuel étendu au monde entier (l'US VGN) par rapport à l'"internet" de l'IETF ou de la loi française (et le cas échéant américaine, bien que la référence soit ambiguë : "ensemble des ordinateurs fédéraux et non fédéraux interconnectés par réseau à c ommutation de paquets").

L'Internet de l'ICANN est une réalité purement juridique constituée par droit des contrats signés, tacites ou putatifs entre les membres des I*organizations : TLD managers, NRO et RIR, membres des SO et ALAC. Nous sommes dans une "tenségrité contractuelle" (tenségrité : maillage volumétrique http://www.cs.jhu.edu/~shap/) qui se tient par elle-même. L'exercice en cours de la NTIA est de parvenir à une tenségrité contractuelle autonome, c'est-à-dire non supportée par un socle souverain : rien que des contrats privés.

La question est donc l'agoricisation du droit des contrats pour imaginer bien plus de maillage de parties influentes et de responsabilités réciproques : - la loi est la résultante d'un contrat - social : le social peut-il être remplacé par du sociétal choisi. Nous passons de la démocratie à la polycratie. - le droit peut-il être compris comme un contrat monopartie établi par la souveraineté ? Quelle relation avec la réalité ? - le contrat peut-il être dans tous les cas généralisé à n-parties en raison de l'importance du contexte et de la non-personnalité juridique absolue de chacun ? - qu'en est-il des de la transposition au domaine privé des principes constitutionnels des droits publics à la santé, à la précaution, à la réparation proportionnelles ?

Le droit prétorien par sa diversité et l'appréciation laissée au Juge tend à montrer que la nature agorique des choses va bien au-delà des tentatives d'analyse de la pensée même réticulaire de législateurs. C'est-à-dire une réalité agorique où l'effet (donc du droit lui-même) participe à la cause : le droit peut ainsi devenir un sujet de droit.

Si tu veux, l'agorique est la généralisation intellectuelle de la complexité où nous vivons et à laquelle, sauf la cybernétique (cause = effet) et logique (cause != effet), nous ne connaissons pas grand-chose encore, cf. problème des n-corps. Nous asseyons, semble-t-il, le droit sur la logique (qui permet d'identifier les violations volontaires à la loi (public - contrat social) ou entre les parties (civil)) et la peine par cybernétique (tu as fait une erreur : tu la paies).

Le droit actuel paraît être d'avant la "singularité complexe" atteinte par la renormalisation digitale. Pourquoi ? Parce que peu à peu nous allons pouvoir discerner le rôle des influences dans les émergences complexes, à partir de la simulation. Cela entraîne une révision complète du droit : le droit de qui, dans quel contexte. Nous disions que le droit civil peut être algorithmiser : nous y sommes, mais nous entrons dans la possibilité de prendre en compte non plus seulement le règlement, mais des cas beaucoup plus complexes avec un affinement des responsabilités indirectement partagées. C'est à dire informatiquement faciliter la décision du Juge. Mais aussi indirectement rendre ses problèmes de conscience plus lourds et les plaidoiries plus complexes, simulations contre simulations à l'appui.

Ainsi, nous allons en effet passer à sept dimensions. Ce n'est pas ésotérique, c'est la simple conséquence d'un monde des pièces et des expertises où l'on va faire référence :
* aux trois dimensions habituelles
* au temps - merci, Albert.
* mégadonnées avec leurs trois dimensions (données, métadonnées [données sur les données, et conclusions et bla-bla] et syllodonnées [données entre les données, et avis des experts sur la manière dont les choses fonctionnent]).

A partir de là on va entrer dans l'univers non encore effleuré des infradonnées. C'est à dire des données utilisées à minima. Comment modéliser au plus simple au plus passe-partout. On ne parlera plus de l'homme moyen de Quételet, mais de l'homme minima : Mme Michu pour les nuls. Ce n'est pas pour rire : les systèmes d'assurance et la pensée technique pré-actuelle sont basés sur les retombées de l'exposition de Londres de 1851 où ont été lancés pas mal de projets de réflexion. Le droit du risque anglo-saxon est lui aussi à revoir (opposition du principe de précaution).

Le droit constitutionnel à la santé, y compris mentale/civique pose des problèmes, ainsi que la décroissance progressive de la capacité légale. Il y a-t-il des seuils, des constantes à la personne ? Qu'est-ce que la personne dans la durée, etc.

C'est pourquoi je tente de pousser la compréhension de quelques cas typiques de l'évolution de la problématique des choses à juger, pour faire évoluer la manière de les mesurer, de les situer, de les comprendre et de les juger. Je pense que le débat de rentrée annoncé par Hollande sur les personnes très agées est typique de cette question, car elle sort de la relation contractuelle et devient multi-ayant-bonnes-raisons de se substituer en tout ou partie à la personne juridique. Imaginons le remplacement des décisions de gestion de vieillesse, les testaments, etc. par des robots-testaments dynamiques.

Même aussi le droit des contrats si le contrat devient un programme intelligent. Au début on s'est tapé dans la main, ensuite on a scellé le document devant notaire, maintenant on peut entrer, tous ensemble, nos conditions, accords, désaccords, dans un logiciel de simulation dont les circonvolutions astucieuses peuvent laisser pantois tous les juges et avocats de la création.

Comment ferons-nous ?

jfc


At 12:02 13/08/2014, Myriam Criquet wrote:
Bjr,

Je retraduis tout cela en Droit ... Vous m'excuserez ! Et nous estimerons si cela est intéressant ou pas.

Je vois que ma réaction initiale lors de l'annonce de l'existence de ces voitures (risques juridiques, cybercriminalité, contrats, données personnelles, valorisation des données ...) se réalisent.

Je vois que ma réflexion sur comment trouver un Droit national et international approprié à notre monde en mutation et encore boostée?

Des problématiques intéressantes à traiter au regard du Droit de la Propriété Intellectuelle comme du Droit Fondamental ...

En échos à la réflexion de Jfc qui est venu me réveiller "Vous les juristes, vous ne comprenez pas !", faut-il, et si comment refonder le Droit en raison des mutations induites par les TIC ?

Donc, illustration de la dernière question, sur la couche 6, comment le Droit (national et international) appréhende ou pas cette couche 6 ?.

Bonne journée à tous

Bonne journée !


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