On Fri, Sep 5, 2025 at 11:23 PM Jeremy <[email protected]> wrote:
>
> Salut,
>
> Le juriste que je suis depuis un moment me laisse à penser qu'il faut
> faire appel au syllogisme juridique tout simplement.
>
> Pour porter plainte et/ou assigner quelqu'un au tribunal, il faut :
> - Une victime
Moi, et je peux le prouver
> - Un préjudice (physique, matériel, ou moral).
 Des dizaines des tentatives de scam, par email ou telephone. je n ose
meme plus repondre au telephone a un numero inconnu.
  Pour moi le pire c' est le piratage de pôle emploi . . . qu' une
société commerciale se fasse pirater ca ne me surprend meme pas, mais
quand c est l etat ( qui me prends environ 70 % de la richesse que je
génère sans offrir grand chose en retour ) qui se fait voler mes infos
personnelles . . . ça m'énerve au plus haut point . . .

>
> Les fuites de données, et par extension, le défaut de sécurisation d'un
> système automatisée de traitement des données relèvent en général de
> plusieurs réglementation et contrat. Normalement on va du plus haut au
> plus bas, mais je vais volontairement faire l'inverse car c'est plus
> simple pour des non juristes.
> Au premier ordre, vous avez les CGV qui vous lie au prestataire, qui
> vont en général exclure toute responsabilité quand à ce qu'il advient de
> vos données en dehors de ce que la loi impose (broking de donnée privée
> tout particulièrement).
> Donc en droit commercial, cette clause éteindra toute autre action
> juridique contre votre opérateur, vous avez signé en connaissance de
> cause, vous assumerez les clauses du contrat (d’où l'importance du
> détail concernant les GTI/GTR accessoirement).

 Et si cest l état qu on attaque ? moi quand pole emploi m a dit qu il
falait porter plainte, je leur ai répondu que c est contre eux, et
contre l état , que je souhaitais porter plainte . . . plus aucune
réponse après ca :p

>
> Si on remonte d'une strate juridique, il y a la loi, notamment
> informatique et liberté qui permet à l’État de faire juger des
> opérateurs qui n'ont pas respecté une obligation de moyen évidente
> (retenez bien ce terme), comme par exemple : laisse un mot de passe par
> défaut, laisser une interface de mgmt accessible sur le net, ou laisser
> tous les pouvoirs root à une personne fraichement arrivé. Et croyez moi
> que ça suffit déjà largement à faire condamner les entreprises.
> Il y a eu beaucoup de rajout sur ces réglementations avec les
> différentes lois relevant de la sécurité intérieure notamment. Ce serait
> long de faire le détail mais globalement, la bonne sécurisation des
> données est rarement évoqué (contrairement au DPI, réquisitions,
> coopérations, et autres règles pour les enquêtes).
>
> Au dessus, on a le droit Européen avec le RGPD qui dit qu'on ne doit pas
> conserver des données inutilement (et plein d'autres trucs dont
> certaines choses logique et d'autres complètement bullshit). Mais le
> droit Européen, c'est compliqué à appliquer car il faut que tous les
> autres recours nationaux n'ai pas déjà été épuisés (et si un tribunal FR
> condamne en dernière instance uniquement). Bref, ça n'arrive presque jamais.
>
> Enfin, on a le code civil dans ce méli mélo de loi qui permet de faire
> réparer un dommage qu'on a subit (rappel : physique, matériel ou moral).
>
> Dans le cas d'un vol de données, on est typiquement dans le préjudice
> moral, la donnée étant immatérielle.
> Or, en préjudice moral, il faut se lever très tôt pour réussir à
> démontrer qu'il existe, avec, par exemple, des expertises sur une
> potentielle perte de chance lié à la parution des données, ou à un
> stresse si intense qu'il empêche de vivre correctement. Bref, c'est très
> très compliqué (en droit du travail comme en droit civil, même combat).
>
> En résumé : Les chances de gagner sont infime au civil, et au pénal, il
> faut qu'il y ai une faute démontrée (volontaire ou non) dans la manière
> de sécuriser le SI. D'ailleurs, NIS2 vient apporter un certain nombre de
> "bonnes pratiques" qu'il faut impérativement mettre en place si on est
> concerné, afin de pouvoir prouver qu'on a justement mis tous les moyens
> en œuvre avant de se faire poutrer. A défaut, l’État et le juge pourront
> considérer qu'il y a une faute par manque de moyen (ou de mise en
> conformité vis à vis de ce réglement), et imposer une condamnation.
>
> Tant bien même tu pourrais gagner en tant que partie civil, ou en
> assignation directe, tu ne pourrais prendre que quelques milliers
> d'Euros, tellement la répétition de ces fuites dégrade automatiquement
> la valeur des préjudices. "De toute façon monsieur, vos données sont
> déjà dans la nature, le mal est donc moins grave avec cette nouvelle
> fuite" (oui c'est une conclusion tout à fait possible d'un juge pour
> justifier une condamnation avec les éléments que la partie adverse
> n'hésitera pas à apporter pour diminuer le préjudice potentiel).
>
> En espérant avoir répondu à tes questions :)
>
> Jérémy
>
> Le 05/09/2025 à 16:39, Stéphane Rivière a écrit :
> >> à titre de curiosité, certains ici (ou ailleurs) ont déjà déposé
> >> plainte pour non sécurisation des données?
> >
> > C'est une bonne question.
> >
> > Pour ma part (bonjour Free, SFR au hasard), je ne l'ai pas fait.
> > J'aurais pu au moins consulter un avocat pour avoir un avis. L'idée
> > étant qu'en dessous de 80% de chances de gagner, on ne va pas à la foire.
> >
> > Serais également intéressé d'avoir des avis...
> >
> >> le prestataire de service, a t-il une obligation de moyens, ou de
> >> résultats?
> >
> > Je suppose qu'on est dans l'obligation de moyens. Ce qui n'est déjà
> > pas simple. Mais, là encore, j'aimerai avoir un avis plus précis. Il
> > faudrait creuser dans les derniers jugements voire jurisprudences.
> >
>
>
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