Voici un long monologue du Taulier face aux verres amoncelés par Thierry, Myriam, Olivier, Patrick (le verre de Guillaud m'a fait descendre à la cave de Jorion pour siffler sa bouteille de Morozov, et j'ai encore à engager le digestif de Deutsh mariné par Sussan).


Je repense à la solution du "Libre" pour les Notaires, Avocats, etc. Si l'on veut on peut utiliser un opérateur libre (ex. essaimage de la FFDN) pour accéder internet, on peut utilise un root Libre (ex. ORSN). Dans ces cas-là, on a en fait une association intermédiaire qui optimise le recours à l'expert et s'assure qu'il opère correctement.


Le doit Libre

J'ai dit avoir un problème juridique personnel passionnant : j'ai une application du principe de précaution (constitution) où l'innovation dont l'Etat devrait me protéger est une série de ... lois nouvelles très adaptée à l'évolution sociétale. Il se trouve que leur conjugaison par mes parents a créée un schéma juridique de succession nouveau et puissant qui pose légitimement des problèmes d'incomplétude des textes, et d'ignorance du personnel juridique (notaires, avocats, juges, experts) et des ayants droits, qui sont tout à fait compréhensibles (mise de lois en réseau maillé stable). Mais qu'il faut résoudre si possible à la satisfaction de tous (le schéma a précisément pour but d'y aider face à la dynamisation des intérêts et la valorisation intellectuelle).

Après avoir usé quatre notaires et impliqué 12 avocats qui ont tous été relativement ou très attentifs, la position que je retiens est de créer une association universitaire et de défense de ceux qui peuvent utiliser ce schéma (sans doute à terme chacun d'entre-nous sur cette liste puisqu'il s'agit en partie de la conservation et de la valorisation des droits et obligations intellectuels dans le cadre de sa succession avec des inventaires longs et fastidieux, et des droits d'auteurs conjoints). Le but est de faire avancer le schmilblick pour utiliser les avocats, notaires et assurances au mieux de leur charge et de leur rôle tout en conservant aux conservateurs des biens intellectuels leur libre capacité de décision équilibrée entre la multiplicité de leurs obligations et droits.

Ceci est un cas passionnant, car il montre que la société en réseau n'est pas seulement pour les ordinateurs. Que "code is law" s'applique dans les deux sens ; "law is code", avec un code plus sémantique que technologique, mais qui se recoupe avec la complexité croissante de la réalité. Et que la loi "Libre" existe aussi : mes parents suivaient l'évolution du droit familial, mais n'étaient pas des juristes. Et qu'à un moment il faut s'asseoir tous ensemble et réfléchir pour accorder les innovations : Etat, législateur/technicien, notaire-avocats/ISP-registraire, utilisateur/citoyen. Je me suis ainsi identifié 15 chapeaux aux intérêts légaux réellement contradictoires - il y a là un problème de propre gouvernance ... de la loi.


Les réseaux et le droit vus par Einstein

Ce n'est pas loin de ce que nous observons de manière équivalente quant à la gouvernance des RIR dont on dispute ce matin de savoir si elle est partie prenante de la révision de l'ICANN ou revient à l'IETF. Jusqu'où va la reconnaissance mutuelle des parties prenantes. Dans mon cas entre législateur élu et législateur Libre dont le statut relève de la Constitution (chacun doit à raison de ses compétences participer au devoir de précaution à peine de responsabilité proportionnelle).

La mise en réseau des choses et des autorités réclame des protocoles/procédures et bonnes conduites/usages que l'on a de plus en plus traités à l'usure du temps dans le juridique, ce que la mise en réseau digitale bouleverse. Un notaire ne connait plus le fond des textes qu'il sort de son ordinateur et qui sont maintenant à la disposition de tous sur internet. La remise en question du temps dans l'univers quantique, puis des communications atteint maintenant la sphère de la loi qui de fait (par ces lois) virtualise la date du décès.

C'est notre univers agorique où les effets peuvent appartenir aux causes. Passionnant, et on pourrait sans aucun doute pousser l'analogie avec les taxis. Car ce sont sans doute les mêmes métaprincipes qui s'appliquent : Einstein parlait de relativité générale, nous de mise en réseau, j'utilise volontiers l'image agorique dégagée à partir des créateurs de Tymnet.


L'économie mathématique de la complexité non darwinienne

Une suggestion mathématique que j'aurais à Olivier Auber est d'étendre la proposition de Jean-Paul Delahaye que l'univers est un ordinateur quantique qui calcule l'évolution comme une complexité organisée. Une complexité organisée est une complexité que l'on peut calculer et dont on mesure le degré de complexité non pas à la longueur de son programme comme pour une complexité aléatoire ou de Kolmogorov, mais à la durée de son traitement (ce qui est appelé la profondeur de Bennet). Soit 14,6 milliards d'années entre le Big Bang et le PSN-HSS (processeur sémantique naturel, modèle homo sapiens sapiens).

Je suggérerais alors que les "chocs du futur" (cf. Alvin Tofler) seraient alors le fait des singularités humaines : on réduit le temps de calcul de l'évolution de ce qui nous concerne : on appelle cela l'innovation qui porte non pas sur la complexité aléatoire ou organisée (les résultats), mais sur une complexité de processus algorithmique (on simplifie le programme du PSN-HSS en approfondissant son architectonie - on circonvient ce dont on parle, on renormalise les infinis : renormalisation digitale). Si on reprend Olivier Auber, les réductions significatives (singularités) ont été l'arme, le langage, le syllogisme et maintenant la mécanisation du syllogisme qui nous fait sortir de la dialectique pour ajouter les perspectives mono (cybernétique) et polylectiques (agorique) mathématiquement rencontrées avec le problème des trois+ corps de Poioncaré puis l'incertitude de Goêdel.

Je rappelle que pour les gens de Norman Hardy (Mark S. Miller et K. Eric Drexler) la base des logiciels agoriques est qu'en informatique la rentabilité est d'aller tout le temps à travers le réseau des machines et des ressources cpu au moins cher/plus rapide, frais/délais de transport compris. AMHA, c'est là où il faut faire attention à la différence (cf. papier d'Olivier Auber) entre concurrence (traitement parallèle) et compétition (traitement antagoniste).

Ceci remet le père Darwin dans son rôle d'observateur de ce qu'il a appelé la sélection naturelle. Mais qui n'est que l'oubli des restes des modulos. Le nettoyage de la mémoire du processeur universel. Le recyclage des déchets. C'est confondre la ventilation le processeur. Certes il y a bien ventilation observable, mais c'est comme le coq qui fait lever le soleil. La sélection naturelle rend compte du phénomène, elle n'est pas le phénomène. Le phénomène est le calcul naturel et son économie d'énergie selon le principe de moindre action.


La monnaie et l'algorithme

Dans l'affaire, on peut voir la monnaie comme la mesure du travail humain qui facilite le travail de l'évolution naturelle et permet de l'organiser. Le désordre monétaire devient alors une manière de provoquer à la catastrophe (cf. théories mathématiques de Thom) et à l'autoréorganisation critique (Per Bak), une des formes connues pour résoudre les crises monétaires est la guerre dont on ne sait plus aujourd'hui si elle n'a pas atteint le niveau de l'arme suprême remettant en cause l'humanité elle-même. D'où le besoin de la maîtriser et de l'adapter par la terreur qui ne s'en prend pas aux Etats, mais aux cerveaux par les personnes et la guerre cybernétique qui s'en prend à leurs machines. Le passage de la valeur, à la confiance, puis à la dette comme source de la monnaie a accru le risque. Comme toute chose aujourd'hui on commence à fonder la monnaie sur l'algorithmique mathématique (cf. bitcoin, etc.) en poussant à la nouvelle compétition entre l'homme et l'algorithme (le code selon Olivier Auber).

On en revient à l'image suscitée par la remarque de Wiener sur la machine créée à l'image de l'homme : Dieu a créé l'homme à son image et à sa ressemblance, et l'homme a créé la machine à son image et à sa convenance. Mais de même que l'homme (cf. la pomme) a voulu la ressemblance à son avantage, les détenteurs de machines les veulent à leur meilleure convenance (cf. Apple ? ) au détriment de celle de chacun. Nous avons là la source d'un nouveau point de fuite pour Olivier, la légende du "paradis perdu de l'internet démocratique" des origines (la RFC 349 de Jon Postel créée la fonction démocratique de "Czar" autoproclamé de l'internet "I propose that there be a czar (me ?) who hands out official socket numbers for use by standard protocols".).

En fait que traite l'algorithme ? Il prend en compte la différence entre le visible et l'invisible dont le monde est fait (qu'il soit créé ou pas n'est ici d'aucune importance). Olivier Auber le voit sous la forme de sa conséquence optique (cela passe par les photons à la vitesse de la lumière et donc soumis au temps, ce que l'on appelle le local) et anoptique (cela passe par l'agorique et donc indépendant du temps qui devient une simple dimension sur les sept qui comptent pour nous [trois usuelles, temps, données, métadonnées, syllodonnées de la datamasse] et qui est en fait le global - sens français).


Les quatre grands problèmes

Nous sommes là au coeur des quatre problèmes fondamentaux actuels que rappelait le Président de l'Université des Sciences de Montpellier lors de l'ouverture des RMLL (je note, car c'est la première fois que j'entends un universitaire établi affirmer cette synthèse qui manifestement se met à prédominer tout) : localité, globalité, réalité, virtualité. Ce qui est passionnant est que l'internet est trois choses dans ses objectifs de 1978 (le papier de Vint Cerf IEN 48).

1. le souci de vérifier la capacité de TCP/IP à implémenter une généralisation de Cyclades payée par ARPA au moment où Giscard coupait les vivres au réseau des réseaux de Louis Pouzin. 2. l'affirmation de la localité comme composant des globalités à la fois sens américain (communication géographique des données à la Pouzin) et sens français (communication sémantique des traitées à al Tymnet) par la formule simple : la localité est ce qui est particulier au réseau considéré (peculiar to the particulier réseau). 3. à partir de ce premier résultat et de cette définition, de faire porter à TCP/IP la multiarchitecturalité de réseau des réseaux glocaux virtuels (VGN) de Tymnet.

Maintenant la difficulté est de comprendre précisément ce qui est fondamentalement humain (libre arbitre) d'une part et algorithmique (intelligence déterministe soumise à un chaos fractal) d'autre part pour les faire coopérer harmonieusement. Par exemple il est aberrant que les adresses internet réclament une organisation comme les RIR: elles devraient être algorithmiques. Les noms de domaines sont de manière évidente une conjonction entre la machine et l'homme : ils doivent être supportés par une machine à noms, premier venu, premier enregistré. Pas besoin d'une industrie de poinçonneurs des Lilas. Le IANA est une fumisterie qui cherche à politiquement centraliser un contenu disponible partout séparément: de grâce un format JSONIA pour tous et on en parle plus.


Le problème manquant

Pour finir ces demi-commentaires sur le projet d'Olivier : une composante me paraît manquer grave. C'est la poésie de l'autopoïèse. Je m'explique, les algorithmes et les machines sont précis, pas les hommes et leurs langues. Olivier nous dit l'arme (et je conçois que dans un combat de lions, taureaux, ou chimpanzés le Colt ou la Remington fait la différence) puis la langue (et les avocats sont là pour montrer comment on gagne de l'argent avec sa bouche). Puis la monnaie. Mais les armes ont évolué, la monnaie fluctue sans cesse. Et les langues évoluent tout le temps. Pas les algorithmes. 1-1 reste valoir 0, à la milliardième décimale. Depuis le Big Bang. (en fait, mais c'est une autre histoire : c'est le bit bang du Big Bang).

Or nous avons simultanément à parler aux hommes (la sémiotique des langues - et des intelligrammes) et aux machines (la mathématique des mécalangues - et des datagrammes). La conversion (que nous avons dans le passage des noms de domaines linguistiques des hommes au xn-- du DNS ASCII compatible NSA) est lourde de métadonnées impliquées - cf. le débat à "mort" sur les majuscules non encore résolu, mais délocalisé hors du réseau. C'est-à-dire le débat sur les données non-transmises mais qui sont perçues par le sens contextuel : l'intellition, 90% des informations que nous utilisons, qui sont comme stéganographies dans nos énonciations. Comment gérer tout cela ?

Demandez à un psychiatre de traiter un patient par mail ! Il nous faut passer de l'internet datagrammique à l'interplus intelligrammique (presentation layer on the user side, plutot que comme applicatif propriétaire), puis à l'intersem supporté par les algorithmes, mais non algorithmique, de la pensée, nécessaire à l'intercompréhension (entre humains) et du téléentendement du monde non humain.


jfc



At 00:04 09/09/2014, JFC Morfin wrote:
At 20:47 08/09/2014, olivier auber wrote:
+1 de la part de quelqu'un qui n'a jamais eu de "statut en béton" (toujours indépendant) et qui ne touchera vraisemblablement JAMAIS de de retraite.

J'ai un peu l'impression que les Notaires sont dans la situation du pseudo-root-autoritatif du DNS: ils sont dans la situation des registraires actuels. Le problème réel en tant que Digital Service Provider en puissance (SV2B.NET) est que la réalité des possibles est actuellement divisée entre :

- le "statut béton" ICANN pour les frileux, les incertains, etc. qui vont chercher la sécurité par la stabilité. Tous ceux qui ne savent pas ce qu'il en est techniquement réellement.

- l'attente d'ouverture sur l'efficacité personnelle, des experts, les solutions compétentes. Ceux qui savent (et qui peuvent monter en puissance sous réserve du développement de ce que est identifié comme l'IUI (couche 6 et 7 du frange à frange - Mail à ma Chemla, DNS ouvert et CCN (content centric network), Wiki 3.0, Services d'interrogation sémantiques, alernatives protocolaires [dans le réseau] aux réseaux sociaux, etc.

Il semble que le statut des professions protégées soit en fait similaire au statUS-quo de l'internet : un manque d'adaptation à l'attente citoyenne, mais que cette attente ne soit pas satsifaisable par la réduction au consumerisme ?

jfc

C'est tout ton systéme qui transpararet à travers ce simulacre de raisonnement :

statut = rente + paresse naturelle -> pas d'effort -> incompétence

Si c'était le cas, ni toi ni moi ni nos collégues n'aurions travaillé une fois acquis un statut en béton

Donc ton raisonnement est faux il faut que tu t'interroges sérieusement sur les raisons pour lesquelles les gens travaillent

Elles sont multiples et souvent généreuses.
TG

Le 08/09/14 19:42, jean-michel yolin a écrit :

gaudin a écrit , Le 08/09/2014 19:00:
PS : ce n'est pas parce que tu as eu la malchance de tomber sur des notaires "incompétents"
leur incompétence était lié a leur paresse et a leur suffisance decoulant directement de leur statut qui leur accordaient une rente : alors pourquoi faire des efforts ?
jm


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