Début du message réexpédié :

> De : Patrick Yeu <[email protected]>
> Objet : Rép : [comptoir 1821] ISOC proteste contre une menace de cyberattaque 
> de l'UIT.
> Date : 16 décembre 2012 23:14:39 UTC+01:00
> À : [email protected]
> 
> Jean-François, 
> 
> Pour faire court, tes références - la littérature et le dictionnaire - sont 
> des produits industriels dont la logique fondamentale relève de l'offre et 
> non de la demande, c'est-à-dire de logique d'investissement financier et de 
> retours sur investissements. Les sentiments servent de prétextes à faire de 
> l'argent et non à soutenir les attentes et les besoins des gens à venir. Dans 
> ces conditions, faire reposer une démarche sur la responsabilisation des 
> utilisateurs, relève du paradoxe puisque tout est fait pour les réduire à 
> l'état humain décérébré qu'est celui du consommateur.
> 
> La question de fond à laquelle nous sommes confrontés me semble être d'abord 
> et avant tout d'ordre méthodologique ce qui implique, effectivement de poser 
> clairement (ce qui est tout sauf la simplification de la complexité qui 
> demeure dans le domaine du formel et donc de l'irresponsabilité qui est à la 
> source du non-engagement - d'où le paradoxe évoqué ci-dessus) de "sur ce dont 
> on veut parler" sauf à se condamner à parler pour ne rien dire, c'est-à-dire, 
> à complexifier le propos alors qu'il conviendrait, si on n'y parvient, de 
> garder le silence car cela veut dire qu'on ne peut en parler...
> 
> Encore une fois, il s'agit de parvenir à être clair pour tous et pour chacun 
> et non pas pour seulement certains si on ne veut alimenter la dynamique 
> industrielle, commerciale et financière et ses jeux de pouvoirs justement 
> vilipendée et combattue. Encore faut-il s'en donner les moyens ce qui passe, 
> une fois encore, par une vision rendue claire. Ce qui, effectivement, a 
> toujours représenté une difficulté suprême.
> 
> Beau défi, en tout cas, pas facile justement à relever
> 
> Patrick
> 
> Le 16 déc. 2012 à 16:46, JFC Morfin <[email protected]> a écrit :
> 
>> Patrick,
>> 
>> pour garder l'exemple de la sémiotique qui m'accapare actuellement (la 
>> "linguistique" n'en est qu'un petit petit bout) tu peux analogiser tes deux 
>> mémoires avec le dictionnaire et la litterature. Sans littérature tu as 
>> l'oubli, mais sans dictionnaire tu n'as pas le sens de la littérature. Nous 
>> avons en français la chance de disposer de "souvenirs" que l'on peut décrire 
>> dans la mémoire d'un ordinateur, et non de memories to record in a computer 
>> memory.
>> 
>> Ma préoccupation de MemLabs est précisément de disposer en tant que 
>> conservateur de souvenirs (association de conservation de fonds famillial) 
>> de la mémoire artificielle nécessaire qui est une réponse humaine à 
>> l'érosion du temps mais aussi un moyen de preuve du texte et de la date. Il 
>> est possible que cette mémorisation physique soit aussi un service à la 
>> conservation par la protection contre la destruction (pas seulement du 
>> temps) par la distribution des copies.
>> 
>> C'est aussi un des points soulevé par Max, de l'archéolinguistique pour 
>> remonter dans la mémoire avec la sémantique et le contexte mental du temps. 
>> Tout ceci semble relever d'une composante nouvelle de l'étude de la 
>> complexité, qui est la complexité linguistique où j'ai déjà, semble-t-il une 
>> querelle d'école, certains voulant se cantonner dans "leur" complexité ! 
>> Celle de la terminologie, celle de la syntaxe, celle plus générale de la 
>> langue alors que nous avons aussi celle du langage (un mot ignoré ici aussi 
>> en anglais), de la linguasphère en général et des relations 
>> multilinguistiques à multiniveaux.
>> 
>> C'est là où la campagne pro-marchande de l'ISOC est une catastrophe pour le 
>> monde et où le noyautage de la société civile par des activistes poncifs 
>> n'arrange rien. Mais c'est aussi après tout une chance dans la mesure où les 
>> Etats (UIT) sont amenés à répondre, et où les gens (qui paient et qui 
>> votent) sont de plus en plus contraints de se bouger; tant pour ceux qui 
>> savent comment le faire (utilisateurs pilôtes) que pour les autres qui 
>> doivent choisir entre être des consommateurs ou des votants passifs, ou des 
>> citoyens actifs et responsa.bles, car tous sont concernés. Pendant des 
>> années on le leur a dit avec des termes de scientifiques et de techniciens, 
>> peu à peu ils le voient dans l'application humanomécanique de leur vie 
>> quotidienne. Une évaluation américaine parle de 12% de "cyborgs" physiques 
>> aux USA (personnes appareillées d'une manière quelconque) qui sans doute 
>> deviendront toutes informatiquement interactives) et 100 % de cyborgs 
>> environnementaux (personnes utilisant des environnements appareillés : clim, 
>> cartes de crédit, vision à distance par la TV, relations assistées par 
>> ordinateur [internet], etc).
>> 
>> jfc
>> 
>> 
>> At 13:52 16/12/2012, Patrick Yeu wrote:
>>> On parle ici à juste titre de mémoire. Encore faudrait-il être sûr de 
>>> parler de la mémoire et non de sa métaphore technique car cette dernière 
>>> renvoie moins au passé qu'à la façon de connaître le présent. C'est dire 
>>> qu'elle s'occupe de communication et non véritablement de transmission dans 
>>> le temps de valeurs (de nature morales et non numériques), de souvenirs 
>>> (contextes inclus), le tout à la mesure des filtres importants de l'oubli 
>>> (dimensions psychologique, sociale ... ) mais aussi de l'intention du 
>>> moment tout en tenant compte des attentes et des besoins moins du présent 
>>> cette fois que du futur (notion d'engagement et donc de vision personnelle 
>>> mais aussi collective, ce collectif renvoyant aux diverses strates de 
>>> proximité et donc aussi de distance intégrant la dimension éducative et 
>>> donc celle de la transmission intergénérationnelle).
>>> 
>>> Enlevez tout ça et on se condamne à ne parler plus effectivement que de 
>>> résultats de calculs sur des données qui, numérisées sont en tout premier 
>>> lieu, désincarnées, placées en apesanteur (cf. infra) car privées de 
>>> gravité dans tous les sens du terme... Dans ces conditions, vouloir parler 
>>> de mémoire en commençant par exclure tout ce qui fait la spécificité du 
>>> genre humain, d'une part, de la vie, d'autre part, amène à parler de tout 
>>> sauf d'avenir et donc de sens. On entre dans une logique toute formelle où 
>>> tout se tient en particulier les logiques commerciales. Dès lors, compte 
>>> tenu de cette dérive, la vraie question devient celle de savoir : Ça tient, 
>>> oui, mais à quoi ? En tout cas, pas à l'intérêt général. Ça ne le peut 
>>> plus. D'où la remise en question du sens même d'institutions comme l'UIT à 
>>> qui on doit d'avoir su préserver la radio de la tentative de mainmise 
>>> exclusive sur l'exploitation de l'invention par Marconi au moment de 
>>> l'équipement des navires marchands à la suite ou peu avant le naufrage du 
>>> Titanic. Sauf qu'aujourd'hui, c'est du naufrage de nos sociétés, 
>>> développées ou pas, dont il s'agit.
>>> 
>>> Un dessin valant mieux qu'un long discours, je vous suggère de vous rendre 
>>> à la page 6 (trois dernières rangées) de l'album d'Hergé, intitulé "On a 
>>> marché sur la Lune". Et, en particulier, le premier dessin de la dernière 
>>> rangée représentant les Dupondt, en apesanteur, s'accrochant l'un à l'autre 
>>> avec vigueur. L'un d'eux s'exclamant : "Vous pouvez y aller ... Nous nous 
>>> tenons ! ....
>>> 
>>> La chute, si je puis dire, et donc la morale de ce post, se trouvant dans 
>>> le deuxième dessin de la page suivante, représentant les deux policiers, 
>>> bleus et bosses, disant à Wolf, le scientifique de la bande : "Bizarre ! 
>>> Nous nous tenions pourtant bien !..". Ce à quoi, fort pertinemment, Wolf 
>>> leur répond : "Oui, mais à quoi ?...".
>>> 
>>> Ce qui renvoie à la question de la fin du deuxième paragraphe de ce post et 
>>> plus largement, à ce syndrome contemporain que j'ai appelé des Dupond, 
>>> Dupont...
>>> 
>>> A noter que cette courte séries de dessins a le mérite, moins de la 
>>> simplicité, que de la clarté ;o)
>>> 
>>> Bon  dimanche à toutes et tous,
>>> 
>>> Patrick Yeu
>>> 
>>> Le 16 déc. 2012 à 01:46, jefsey <[email protected]> a écrit :
>>> 
>>>> At 19:12 12/12/2012, jefsey wrote:
>>>>> Bien entendu. Et j'ai quelques amis en archéo+linguistique qui
>>>>> auraient aussi des idées utiles - mais peut-être pas le temps en ce
>>>>> moment précis.
>>>> 
>>>> Ceci me conduit à la question de la complexité linguistique, à ma 
>>>> compréhension personnelle de la complexité par la simplification de la 
>>>> simplicité conduisant à l'intrication des simplexes (compactage) et à la 
>>>> sémiotique à qui je trouve qu'il manque non seulement une branche 
>>>> mécalinguistique, multilinguistique et métalinguistique mais aussi 
>>>> archéolinguistique se préoccupant de la complexité des languages passés et 
>>>> leur influence métalinguistique sur les langues actuelles et de leurs 
>>>> possibilités (génie) fonctionnelles ou dans tel ou tel domaine.
>>>> 
>>>>> Pour revenir aux projets (et sortir de la mémoire): j'aimerais
>>>>> développer quelque chose autour des détecteurs "embarqués" de
>>>>> fonctions biologiques (si possible avant les proposants de la
>>>>> coercition comportementale par ce moyen qui vont immanquablement faire
>>>>> surface), et croiser mes premiers pas d'expérimentation personnelle
>>>>> avec une recherche multidisciplinaire autour du cadre éthique, de la
>>>>> nécessaire traduction entre sous cultures technique sanitaire et
>>>>> sociale, etc. "chaud"?
>>>> 
>>>> Le problème est le même : celui de la masse des données à mémoriser puis à 
>>>> traiter de manière cérébrique (mon ionterêt pour https://www.numenta.com/) 
>>>> pour mettre en évidence des motifs et des anomalies. C'est là (big data 
>>>> personnelles) que je vois le problème privé. La mémorisation mondiale 
>>>> double tous les 4 ans (je l'ai lu quelque part; mais à confirmer la 
>>>> vitesse et s'il y a accélération de la courbe ou pas).
>>>> 
>>>> jfc
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