At 12:09 18/11/2014, Nadine Jouanen wrote:
Merci à toi, activiste-chercheur,

Nous avons hier soir, commencé à lister en mode agile, les besoins des personnes présentes (et absentes en prenant contact avec eux). Je me permets de re-formuler ton courrier dans ce sens, afin que tes contributions viennent s'ajouter aux nôtres d'hier.

Merci de ta reformulation.
Ou est/sera publiée la table de toutes contributions de chacun ?

1- besoin de définition de vocabulaire, sémantique de ce nouveau paysage à co-construire; bien que la MBC (Maison des Biens Communs) ne soit pas, et de loin, qu'un espace de co-working. Espace de Travail Partagé est le terme utilisé par les Québécois, très à cheval sur les questions de traduction. Nous aurions (les français adorant les acronymes) un ETP dans notre MBC... (à retravailler en fait, voir point 7)

Je crois que précisément - pour moi - la leçon du "cowork éphémère" est que les concepts de MBC ou ETP ne sont pas forcément pertinents au tissu ***local*** européen et français. Le "cowork" est un mot qui décrit une réalité objective (observable de l'extérieur), les concepts MBC/ETP sont des objectifs (ce qui sera peut-être observable un jour). Il y a donc deux livrables différents qui ont des besoins et donc potentiellement des solutions qui se recoupent, par exemple le cowork.

AMHA si l'on veut le maximum de résultat il faut le moins de contrainte et le maximum de clarté au départ. Identifions donc deux démarches soeurs pouvant s'épauler l'un l'autre :

- la MBC qui va viser l'inclusion d'un ETP avec des objectifs travaillés ensemble. Elle sera sans doute plus métropolitaine (ex. le soutien de la mairie qui sera recherché)

- la ZED qui pourra tirer avantage d'une halle aux pros avec des avantages observés ensemble. Elle sera sans doute plus périphériques (ex. relations avec le département/région, la mairie étant un client potentiel). Collectivité citoyenne nouvelle, elle informera les collectivités établies. Ma suggestion de Livre Blanc.

NB. Je reprends la toponymie de Christophe Guilluy - La France périphérique.

2- besoin de mettre du lien social dans la future MBC (le super-marché ne me serait pas venu à l'idée pour ce faire, ne serait-ce que du fait du modèle économique sous-jacent qui éloigne les consommateurs des producteurs); les circuits courts sont en général plus à même de renouer le lien social.

Voici un bon exemple de différence : tu vois l'aspect d'un modèle économique, je vois la réalité pratique à moindre coût/fatigue pour les gens. Un hypermarché est un lieu de marché avec parking pour des activités regroupées (Halle, Basilique : le bâtiment de l'Agora/Forum du Basileus (le maire)) pour justement favoriser des circuits courts/à l'abris du soleil et de la pluie au sein de la vie pratique sociétale, avec des échoppes permanentes au lieu d'étals temporaires. J'ai longtemps utilisé la métaphore de "grand'place" virtuelle.

2b- Besoin de réfléchir à la question architecturale qui n'est pas anodine en effet. Tous les travaux de reconstruction sociale ne peuvent se faire qu'en accord avec un vrai travail d'architecture: les lieux sont en eux-mêmes porteurs de liens ou pas et reflètent par leur forme, les concepts et actions qu'ils hébergent.

3- besoin d'outillage intelligent à imaginer: la MBC comme lieu de réflexion et de recherche sur les données personnelles, l'open data et les outils intelligents de l'individu au collectif, de l'individu au lieu, etc... Un très big chantier en effet. Je rappelle que la MBC a un wiki: <http://site-coop.net/mbc/wakka.php?wiki=ActionS>http://site-coop.net/mbc/wakka.php?wiki=ActionS

Oui, c'est un bon début. Cela donne bien les deux perspectives, si tu compares avec l'embryon http://wikimontpedia.fr. L'une ne va pas sans l'autre et réciproquement. A partir de là on passe au téléurbanisme et à l'urbanisme tout court. C'est là que la notion d'autonomie (non nécessairement nomade) possible devient un facteur d'aggrégation sociale (je ne suis pas communautairement lié par mon travail). Le virtuel donne des coworks plus faciles mais ils sont seulement virtuels.

4- besoin de réfléchir à un modèle de partenariat qui face de la place au local (en opposition à la barre de hlm et de son usine en périphérie)... Un entretien avec le maire est en cours d'organisation avec Outils Réseaux et les Petits Déb... Nous en saurons un peu plus d'ici fin décembre.
4b- besoin de définir la taille de notre future MBC

Ceci est une autre bonne différence : la notion de taille, obligatoire dans un espace urbanisé à vocation globale (métropole). Sans grande signification pour une zone d'expension digitale locale pouvant être "hors toit commun" et donc plus facilement "hors sol" alors qu'elle est locale (par les gens) à la racine. Nous sommes dans deux les faces de la "glocalité" ou de ce "problème de localité" qui est partout. Rappelle-toi les quatre thèmes de notre temps tels que cités par le Président universitaire lors de l'ouverture des RMLL "localité, globalité, réalité, virtualité".

Partout et toujours nous avons à les articuler. Jusque dans notre quotidien le plus courant.

Nous n'avons pas seulement besoin d'un toit et de services physiques mais de réseaux et de relations. C'est souvent contradictoire. Il faut chercher à décliner au mieux.

4c- besoin de définir s'il s'agit d'un lieu pour Montpellier, prototype pour de futurs MBC dans les quartiers/villages...

Là est le problème pratique clé. Ce qui est commun/différent entre une métropole et un village. Où sont les synergies, connaissance des pharamaka (Bernard Stiegler: le "pharmakon en grec est autant le remède que le poison".

5- besoin de définir un modèle de gouvernance basé sur des partenariats (public-assos de quartier-collectivité locale-citoyens?)

Oui, mais les révolutions industrielles et numériques sont passées par là. Nous sommes entrants dans la "société de la connaissance" dont deux sommets mondiaux et un énorme travail depuis ont permis d'identifier un jeu à quatre+ : collectif, civil, mais aussi économique et réseaux straucturels.

5b- besoin de définir des options d'accords politiques (au bon sens du terme hein...)

Oui. Mais le "bon sens" du terme s'est bougrement approfondi. Parlons-nous de polis qui sont métropole, megapole, minipole, télépole ?

Je ressasse Aristote, mais c'est la clé du monde ancien que nous faisons évoluer : "l'architectonique (comment les choses sont) est la science de la politique qui est l'art de commander à des hommes (animal social) libres". La différence est que la sociabilité de l'homme est aujourd'hui en train d'être facilitée localement et globalement par ordinateur avec une des conséquences qui est l'exponentiation démographique actuelle qui nous oppose le fait écologique et le "choc du futur" (le mal du siècle contre lequel nous tentons de nous prémunir par une stabilité construite ensemble [Toffler, 1970: stress de trop de changements en trop peu de temps]).

6- besoin (et/Besou envie) d'organiser un barcamp annuel avec le réseau digital intelligent appliqué: ce pourrait être une belle activité à monter dans le cadre de ce que tu nommes Digicentre d'Intérêt Commun.

Absolument. L'idée est de comprendre à partir du "plus petit facteur commun" (PPFC) comment s'articulent nos soucis et doivent s'articulier nos solutions en regard. Ma préoccupation personnelle est architectonique (si nous voulons être les maîtres de nos solutions/machines nous devons leur faire savoir qui nous sommes, dans leur langage - et pour cela commencer à le savoir selon leur mode d'inférence et en établir la carte (ontographie) selon nos règles (architectonie : modélisation de la réalité). Sinon nous serons dirigés par les algorithmes liés à leurs big data et à la concussion ou aux intégrismes de leurs "amorceurs" politiques ou sociaux (ingénérie sociétale).

Comme tu le vois, cela implique une glossologie étendue aux problèmes et aux mécanismes technologiques et sociétaux de notre temps. C'est la priorité si l'on veut se comprendre et batir ensemble.

C'est pour cela que j'insiste sur la complémentarité avec Moustic et Brest et mon Saint-Vincent de Barbeyrargues. Nous sommes là uniquement dans la facilitation de l'usage. Mais c'est l'usage humain qui prime.

7- besoin d'agréger nos réflexions pour avancer la documentation et le prototypage (en C.C évidemment): le wiki est là pour ça, du moins pour le moment!

Je dois dire que, plus tourné vers l'articulation de la pensée et ses mécanismes, je suis plus à l'aise avec la présentation Wikipédia. Mais cela est justement un sujet que nous devons faire avancer avec Outils Réseaux. Et un sujet plus général : comment mieux échanger entre cerveaux par la digitalité comme nous l'avons fait avec le geste, la parole et l'écrit. C'est un sujet que le Libre peut permettre de faire avancer avec le Club de la Presse et que FrenchTech peut aider en alertant des rechercheurs.

J'espère que tu te retrouveras dans mon interprétation minimaliste; ton message de toute façon n'est pas perdu :)

Merci grandement !!!

jfc


Au plaisir

Nadine Jouanen
+33(0)6 17 79 83 10
<http://www.percolab.com>www.percolab.com

Le 17 novembre 2014 20:13, JFC Morfin <<mailto:[email protected]>[email protected]> a écrit :
Julie,
désolé, mais un pépin mécanique (plus de phares ...) m'interdit de venir ce soir. Je ne peux qu'apporter en viruel mes conclusions du cowork que j'aurais aimé partager :

1. je n'aime pas "cowork" comme terme dans la ville.
J'ai cherché un mot français. J'ai pour l'instant enregistré <http://halle-aux-pros.fr/>http://halle-aux-pros.fr chez LWS. Si quelqu'un veut utiliser avec une bonne idée d'intérêt commun. Sinon pour le point 7 ?

2. ce que j'ai trouvé au cowork de la Paillade était une solution "métropolitaine" si l'on se réfère à l'excellente analyse de Guiluy qui fait un peu référence actuellement dans la réflexion des municipalités "La France périphérique". C'est-à -dire une maison assez grande centrée sur l'hébergement d'activités dans une agglomération, mais pas forcément sur la convivialité avec la ville.

Bien sûr cela tient aux locaux que nous avions. Mais pour envisager une maison permanente, les gens qui étaient à l'accueil pourraient donner des idées à un architecte. Il faut un grand parking. Cela devrait peut-être aller de pair avec un hypermarché.

3. j'ai observé que toutes les activités avaient leur ordinateur portable
Tout le monde était professionnellement connecté. C'est - en tant qu'activiste chercheur - ce qui me branche. J'en retiens qu'un projet de halle-aux-pros doit avoir son outil commun interne d'informations pratiques mutuelles, de gestion/sécurité des locaux, de relationnel avec l'extérieur, et que cela réclame donc une réflexion commune, car de plus en plus chacun aura des OS, des solutions informatiques, des pratiques totalement différentes. C'est donc au niveau du réseau digirelationnel (et pas seulement d'applications/widgets numériques) qu'il faut réfléchir. Ce qui est totalement en ligne avec la déclaration de l'IAB (les sages qui orientent les standards de l'internet) de cette semaine, qui veulent tout reconstruire pour que tous les échanges soient confidentiels (ce qui permet de vouloir aussi qu'ils soient intelligents). Concrètement cela veut dire que chacun puisse "digi-parler" et "digi-entendre" à sa façon sans devoir dépendre d'une application particulière (iPhone, Android, Linux, Windows, Libre ou Privateur, par telle marque ou non). Rien que des "big-data", présentées selon le format adéquat commun. Une image : passer de la rigidité du formulaire à la souplesse de la parole. C'est un TRÈS gros travail qui s'engage au niveau de la R&D mondiale. Nous en connaissons sans doute le résultat : le " wiki N.0 ". Ceci est pour chacun une très bonne nouvelle : il n'est pas besoin d'attendre des années de travail pour un outil universel. On peut commencer la pratique avec ce que l'on a : MediaWiki de Wikipédia ou/et YesWiki d'OutilsRéseaux. Le wiki pouvant être : - collectif (ex. mon <http://wikimontpedia.fr>http://wikimontpedia.fr comme un des éléments de la digitalité de notre future zone de digichalandise : la cyberagora). - ou personnel et lié avec l'internet des objets, les "télémates" qui peuvent commander automatiquement notre site web (au BIB de nous développer des web-robots : quand je rentre dans mon espace halle-aux-pros, mon site s'agrémente d'une pancarte "ouvert" que tout le quartier ou le monde peut voir).

4. Je "suis du sec"
A Saint-Vincent de Barbeyrargues, on est sur l'Acropole de la cyberagora montpellieraine. On a la pluie, de la place et pas la plaine où barboter tous ensemble. C'est bien, mais c'est un autre pays où il faut inventer les activités et l'emploi, ou les garder. Nous avons bien un appartement municipal qui pourrait servir de cowork, mais il est à l'étage (accès externe sympa) au dessus d'un médecin et à 700 euro par mois plus charges. Par contre, presque tout le monde à un jardin et donc la possibilité de bureaux de jardin. Quatre ou six piliers, des panneaux solaires, une fosse en béton pour les ordinateurs et les coffres sécurisés, des panneaux vitrés, un carrelage, on a un perso/mini/cowork. Je travaille sur un devis et un plan crédit (apport du solaire).

La question que j'ai vis-à -vis du préfet qui veut du m2 construit partout, surtout au sud du "Lien", c'est : ce m2 doit-il être habitable ou aussi (et bien organisé) de travail ?
Comment coordonner avec lui ?
Le cowork m'a paru plus localement densifiant et professionnellement diversifiant que de partir de batteries d'HLM pour faire venir une usine.

5. A partir de l'expérience de l'Adullact
(association nationale des logiciels libres de l'Etat, Collectivités, Hôpitaux) qui est à Montpellier, il semble qu'il y ait deux types de collectivités :
- celles qui ont un SI (service informatique)
- et celles qui n'en ont pas.
Les premières sont pour l'Adullact. J'ai dit que j'étais intéressé par les autres : les villages et les quartiers où nous avons identifié que la solution numérique collective serait sans doute d'abord associative, qu'elle aurait peu à peu des membres collectifs qui seraient la mairie (village), l'association de quartier, les commerçants, les gens, etc. et de façon nécessaire un digicentre qu'il faudrait installer quelque part. Et que le mieux vu les partenariats opérationnels, les relations, les échanges, etc. et le " <http://autour.com>autour.com " à animer serait le cowork. Et qu'à ce moment-là , l'association digitale pourrait passer en SCIC où la Mairie, le Département (dont on dit qu'il va rester pour représenter la France périphérique face aux Métropoles) pourront devenir actionnaires formels - sans déséquilibrer la "multi-partie-prenance" : une activité = une voix. Ceci est un schéma prévisible intéressant, car à partir de cela on peut bâtir un plan de projet politique et économique local ou de quartier.

6. <http://montpel.net/>http://Montpel.net.
Je redis que je suis un activiste-chercheur dans le réseau digital intelligent appliqué. Mon projet serait un "barcamp" annuel sur ce sujet (aspects techniques) qui pourrait peut-être se coupler avec MOUSTIC
-       d'un côté l'usage;
-       en complément la construction de ce qui répond aux attentes de l'usage. Merci à ceux que le fait local+global du réseau intéresse de vous inscrire sur la liste à tout penser du sujet <http://montpel.net/mailman/admin/gene_montpel.net>http://montpel.net/mailman/admin/gene_montpel.net. Au côté du label FrenchTech de " http://laFrenchTech.com " je propose de lancer le label FrenchNet de " http://leFrench.net"; (logo à trouver, site à réaliser). L'expérience du débogage de Saint-Vincent semble montrer qu'un projet local devrait commencer par une "ZED", c'est-à -dire un projet de "Zone (économique, emploi, entraide, éducation, études, écologie, etc.) Digitale" dont la Halle aux Pros hébergera le Digicentre d'Intérêt Commun.

7. Autour de ce déploiement, d'autres idées sont à rajouter.
J'ai pas tout dit, et beaucoup auront à rajouter. Le but serait de rédiger en commun et à partir de cela un dossier de projet type. Face à la France métropolitaine qui produirait dans le contexte de la mondialisation financière et la France périphérique qui s'endormirait ou se révolterait dans la dévaluation foncière, c'est l'idée d'une France autonome qui peut se digimailler des villages aux quartiers. Henri IV voulait la poule au pot pour tous, nous pourrions avoir des "pôles aux pros" partout !
jfc
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