Au Royaume-Uni aussi les metadonnées sont mal protégées. Le raisonnement
de la loi de 2000 (RIPA) était que ces données ne donnaient pas accès à la
vie privée de l¹individu et donc n¹avaient pas besoin d¹être autant
protégées que celles relatives au contenu des correspondances. C¹est bien
sûr une erreur fondamentale et la distinction, tant à l¹échelle nationale,
qu¹à l¹échelle européenne et internationale, doit disparaître.
Pourquoi a-t-on pensé cela à l¹époque? Plusieurs explications sont
possibles: les parlementaires et juristes n¹ont pas compris la technique,
ce que les informaticiens pouvaient faire (y a t-il eu même dialogue?);
plus cyniquement, on peut se demander s¹ils voulaient comprendre.
Je m¹explique: PRISM c¹est la continuité du programme Echelon/five eyes
qui a commencé fin des années 1980. Le Parlement européen en juillet 2001
a reçu le rapport échelon/ECHELON sur la surveillance massive des citoyens
par les USA, le RU, Australie, Nouvelle-Zélande et Canada. Le rapport est
très clair et entre autres, somme le RU de s¹expliquer sur ce programme.
Le Parlement européen approuve le rapport le 5 septembre 2001. Le 9
septembre, les twin towers sont détruites. La suite, nous la savons tous:
légitimation de programmes de surveillance massive, y compris de la
directive sur la rétention des données mentionnée plus tôt et aujourd¹hui
illégale selon la Cour de justice européenne.
Résultat en Angleterre? Je vous le donne en mille: les trois partis se
sont mis d¹accord pour passer la loi dite DRIP qui modifie RIPA en juillet
2014 Š pour mieux continuer le programme de surveillance massive!!! Avec à
la clé une redéfinition des télécom: les télécom désormais se sont toutes
les machines connectées à un réseau internet/télécom. Génial non? Cela
vaut le coup de relire 1984 de Georges Orwell.
Le problème est à plusieurs niveaux: niveau technique où on se demande où
l¹éthique est passée, niveau juridique ou là aussi on peut se demander où
l¹éthique est passée, niveau politique où les politiques n¹ont aucun
courage (parce que les droits de l¹homme ce n¹est pas seulement un
programme juridique c¹est une pensée philosophique et politique), niveau
citoyen où les trois quarts des gens ne comprennent rien à ce qui se passe
non pas parce qu¹ils sont idiots mais parce qu¹ils n¹ont aucune
information réelle et intelligible et que la technologie les dépasse parce
qu¹elle ne leur a jamais été expliquée. À quand un article quotidien dans
le Monde expliquant la base sans trop de language technique et avec des
mesures concrètes? Et les juristes se doivent de parler aux techniciens et
vice-versa: chacun doit prendre ses responsabilités. Aucun acteur du
scénario n¹a de pouvoir seul: ni les CNIL, ni les parlementaires, ni les
citoyens, ni les techniciens. C¹est ensemble en réseau. Ca sonne peut-être
comme un vrai slogan politique minable, mais l¹histoire montre qu¹un
changement fondamental n¹a été obtenu en isolation.
Bon je vous lis depuis août et merci pour ces discussions qui enrichissent
mon vocabulaire (j¹ai dû reprendre le dictionnaire, même si le français
est ma langue maternelle) et ma pensée de juriste à cheval sur deux
mondes: le continent européen et les anglo-saxons (malgré des différences
profondes entre le RU et les USA, les deux se rejoignent sur les grandes
lignes).

Audrey



Dr Audrey Guinchard
Senior Lecturer (Law)
Director of International Mobility
University of Essex (UK)
[email protected] 

https://surveys.brunel.ac.uk/digitalprosumer_data




On 13/10/2014 09:48, "JFC Morfin" <[email protected]> wrote:

>At 21:42 12/10/2014, [email protected] wrote:
>>A savoir aussi qu'en France les métadonnées ne
>>sont pas considérées comme couverte par le
>>secret des correspondances..ce qu'il va falloir
>>changer car toutes les révélations depuis 1 an
>>et demi nous prouve bien qu'il faut les
>>considérées comme couverte par le secret autant
>>que le contenu..;et donc faire le ménage chez
>>nous aussi en réformant la loi sur les écoutes téléphoniques etc... !!!
>>bonne journée, depuis Ile Maurice, la 37eme
>>conférence internationale des "cnils" du monde entier ....
>>Marie
>
>Salut Marie Georges !
>
>Merci de la réponse. Cela montre où est le
>problème et la nécessité d'une réflexion digilégaliste profonde.
>
>Car le problème que nous avons sociétalement
>soulevé ne s'arrête pas là. Les métadonnées sont
>des données sur les données, c'est à dire en
>l'occurrence sur nous. Mais ce qui compte ce sont
>ce que j'appelle les syllodonnées, c'est à dire
>les données qui lient les données (et les
>méadonnées) liées entre elles. Ce qui forme le
>cortège (cf. la proposition de JM Borde) de
>l'intellition (ce qui fait sens) des choses
>maillées en réseau (diktyologie de Paul Mathias)
>stables entre elles (entéléchie rappellée par Patrick Yeu).
>
>Dans la réalité des choses les données que l'on
>perçoit sont une très petite partie de ce qui
>compte. Les métadonnées que l'on sait déjà; ou
>obtient par ailleurs, sont une part plus
>importante. Ce qui compte vraiement pour nous ce
>sont les syllodonnées que nous traitons par la
>mise en cohérence (déduction, induction,
>abduction, métaduction, algorithmes, règles de discernement)
>
>Nous avons commencé par l'expérience des
>phénomènes qui sont la somme des captées que nous
>recevons à partir des données fournies par
>l'objet considéré (les captées sont affectées par
>l'entropie, le bruit). Depuis Aristote nous
>savons que la raison s'y applique par les
>syllogismes du continuum logique, conçu de la
>perception poiétique (olivier auber) (inférée
>selon la poétique de ce que je crois percevoir ou
>la mathématique.que je crois pouvoir démontrer)
>de la communications des mouvements (nous en
>savons les lois depuis Shannon) par
>l'enchainement (temps) des microétats (découverts
>par la physique quantique) dont la finitude
>discontinue des mesures induit l'aspect dit
>probabiliste ("cette parfaite imperfection sans
>laquelle tout serait figé"). Cela est ce que les
>Copyrights que l'on peut vendre et les CNILs peuvent protéger.
>
>Mais ce que notre cerveau fait, c'est d'en
>déméler le tissu de la complexité apparente pour
>- nous en inférer l'intellition (les traitées :
>tracta) qui consitutent les virtualités que nous croyons,
>- dont nous utilisons les réfléxions guidés par
>les oracles (sens mathématique) de nos
>architectonies choisies (nos compéhensions de
>l'univers qui façonnes nos personnes et nos perspectives (olivier aubert)
>- pour en faire émerger la tenségrité sémantique de notre penée.
>
>Cela c"est ce qu'aucune CNIL ne peut réguler.
>C'est la liberté de comprendre. Aujourd'hui par
>la puissance accrue de la programmation
>(comprendre c'est pouvoir reprogrammer).
>
>Nous en avons deux exemples systèmiques bien
>connus : l'un adulé (c'est la liberté de la
>presse) et l'autre honni (c'est PRISM). Tout ce
>que peuvent faire les lois, l'éthitechnuqe
>(construction des machines pour une utilisation
>éthique préférentielle) et les CNIL est d'élever
>le coût de l'intellition non esthatiquement
>souhaitée (ex. protection des mots de passes).
>
>Le données peuvent être collectée et permettent de faire chanter.
>Les captées, d'entendre la réalit et de savoir..
>Les tractées de comprendre (architectonique) et
>de faire de la politique, c'est à dire l'art de commander à des hommes
>libres.
>
>Mais depuis quelques temps les hommes sont +/-
>libres à être mieux interconnectés.
>
>jfc
>
>
>PS. J'ai beaucoup pensé à ta demande de titre
>wiki-universitaire de validation d'expérience
>exposée. Ceci a recroisé une demande faite ici
>dans mon village gaulois qui m'a donné une
>réponse. Je réfléchi à sa mise au point prototype.-
>
>tout autant qu'à la réponse que je dois au blog
>de David que je mets au point comme un projet
>dont je viens de retrouver l'origine.
>Dav.id,    quand je suis OK je t'envoie un mail
>direct pour mettre cela au point.
>
>
>_______________________________________________
>comptoir mailing list
>[email protected]
>http://cafedu.com/mailman/listinfo/comptoir_cafedu.com


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