On 24.05.13 16:26, JFC Morfin wrote:

>> > JFC:
>> > Ce document qui émane de deux membres de la DRI, c'est à dire la "banque
>> > des banques centrales" - donc des gens a priori sérieux et au courant -
>> > expliquent en quoi l'activité financière improductive actuelle et le
>> > trop de crédit tuent la prospérité.
>>
>> MK: Il semble bien que tant que la structure actuelle durera on sera coincés
>> avec le besoin de crédit. L'augmentation de longévité a anéanti le
>> transfert du patrimoine productif au sein de l'unité familiale (on
>> hérite dans le meilleur des cas lorsqu'on est à la retraite), en
>> l'absence d'un augmentation compensatrice de la solidarité
>> trans-générationnelle. Le rôle du "crowdfunding" est encore marginal, et
>> doit encore creuser sa niche culturelle. Il semble inéluctable aussi
>> qu'à un moment donné on balaye le déficit sous le tapis par un acte de
>> remise à zéro des compteurs. Les anciens le faisaient tous les quarante
>> ans (Jubilé),
> 
> JFC: Cela m'a toujours semblé un truc curieux : qui allait préter un ou deux
> ans avant une année jubillaire. C'était en fait de l'angelisme
> économique sur un grand pied. On sponsorise quelqu'un et au bout de 40
> ans ou cela a marché ou on oublie. Mais cela implique-t-il  des cycles
> de stagnation préjubilaire ou au contraire une ventillation utile des
> projets à long, moyen ou court terme ?

Tous ceux qui ont prêté aux souverains savent de tout temps que c'est un
exercice dangereux. Le souverain a toujours plusieurs alternatives: par
exemple, payer les intérêts ou organiser un pogrom. Pourtant on continue
à leur prêter. Il faut croire que les bénéfices dépassent les risques.
Un sur 40 semble un niveau raisonnable de risque, et l'être humain a un
biais optimiste.

On n'a pas encore tout exploré sur le comportement de l'économie
antique, mais éviter qu'une partie de la population libre tombe dans
l'esclavage pour dettes pouvait sembler un objectif intéressant. La
richesse d'Athènes dépendait aussi d'une population importante
d'artisans. Il faut trouver qui a fit sa thèse là dessus. L'économie
elle-même, dans la mesure où elle est autonomisée est un animal
cyclique, oscillant entre la carence et la surabondance.

Toutes les sociétés humaines ont cherché à réguler le phénomène
d'accumulation excessive, perçu à juste titre comme destructeur et
déstabilisateur.

Il faut considerer les alternatives, qui ont été utilisées, et qui nous
pendent encore au nez: la plus fréquente passe par la destruction
massive de patrimoine et de producteurs par guerres plus ou moins
sciemment organisées, plus ou moins ritualisées (là tu retrouves le
cycle de 30 a 40 ans). A côté de cela, le potlatch ou l'annulation des
dettes peuvent sembler des gestes hautement civilisés et respectueux.

Bref, pourquoi ne pas brancher l'annulation de toutes dettes sur un
générateur aléatoire souverain, avec un tirage annuel à un sur 40?
avantage: "c'est la faute à personne". Pas d'ennemi de classe à pendre
haut et court au prochain lampadaire, pas de populace à écraser et
anéantir préventivement, pas de jihad économique à mener...

>> >
>> > Sans revenir à l'artisanat manuel, ceci va dans le sens de Max qui
>> > préconise un retour sur soi aux valeurs somatiques, et un éclatement de
>> > la bulle internet ?
>> > jfc
>> >
>> Permets-moi d'insister sur le fait que l'approche doit être _aussi_
>> manuelle, c'est un aspect trop longtemps passé sous silence: la
>> coordination mains-cerveau est esentielle à l'équilibre psychique et
>> comportemental. En termes de sentiment de confiance, il en est peu qui
>> égalent celui que procure la maîtrise du comportement d'un matériau. Les
>> valeurs et concepts viennent s'ancrer dans ce que la main sait faire...
> 
> Totalement d'accord. C'est pour cela que je parle d'internet sémiotique.
> La pensée peut être dans le sens, mais les gens sont dans l'acte. La
> parole explique le geste. L'action est spontanée? Les règles sont un
> débriefing de l'action qui marche. Le problème de l'information est la
> perte réductionniste de gestes. L'intellition telle que je la conçois
> est la reconstruction de la multitude de données perdues par
> l'information à partir de laquelle d'autres informations peuvent être
> retrouvées.
>  
> C'est toute la différence entre la théorie et le savoir-faire. Pourquoi
> l'IA est bien difficile, car l'homme est spontané et l'ordinateur
> programmé. Par contre ce qui devient intéressant est de travailler non
> plus seulement sur l'acte de parole d'Austin et Searle, mais sur l'acte
> de pensée, qui va décider d'orienter la main, ou sans doute
> l'ordinateur, et qui est à la base de (ou pas nécessairement ?) de
> l'acte de parole.

ok on est sur la même longueur d'onde ou à peu près. Je reformule: la
main éduque et équilibre le cerveau. (ou encore: les boucles de contrôle
et d'apprentissage de la motricité fine exercent un effet stabilisateur
sur d'autres fonctions supérieures: il conviendrait de faire un revue
sur l'état des conaissances sur ce point, si seulement les neurosciences
n'étaient pas en état de bouzin complet)

> Mon principe de base est que les choses vont au premier possible, ce qui
> détermine leur temps et leur cinétique. Et donc que le manuel est
> commandé par le réseau mnésique. Par contre l'agencement du réseau
> mnésique peut être aménagé par les actes de pensée. Le truc typique est
> qu'il y a 400 millisecondes entre le geste et la "décision" consciente
> du geste. Par contre l'on réfléchit à l'avance aux gestes que l'on va
> faire.

Seulement à ceux qui n'ont pas encore été pris en charge par
l'autonomisaton du geste (boucle de contrôle). C'est la différence entre
le débutant et l'avancé.

> Et on débrieffe ensuite.

Pour le geste planifié, oui. Pour le geste autonome, la plupart du temps
on n'en a plus conscience. On tient l'électrode à la "bonne" distance et
on avance à la "bonne" vitesse sans devoir y réfléchir. Jusqu'au
changement de conditons

> L'information est la différence entre le
> conçu, le prévu et le fait.
>  
> Mais il n'y a pas que l'intelligence manuelle (
> http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_des_intelligences_multiples )

bien sûr, mais je choisis l'une des rares formes où l'être humain a fait
ses preuves de façon consistante ;-)

> et chacune AMHA a son enchaînement privilégié que l'on debrieffe sous le
> nom de logique et dont je prétends que la somme est l'émergence agorique
> (confluence des logiques). Nous ne serions pas là sans l'intelligence
> sexuelle, qui commence par la sélection sexuelle et la gaucherie de
> l'adolescence où elle apprend à se mêler avec les autres (mais là on va
> repartir dans Freud :-)).

les romains lui réservaient le délicat sobriquet de "petit cerveau"
d'ailleurs. Hum. comme dans "tiens, v'la Einstein et ses deux témoins"?
comme tu dis, il y a plusieurs sortes d'intelligence plus ou moins
indépendantes:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Demon_Core


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