On 24.05.13 03:22, jefsey wrote:
> 
> J'ai mis en place il y a quelques années le site isoc-france.fr pour
> investiguer l'isoc france, l'impot sociétal français. C'est à dire ce
> que nous coûte/rapporte la société française à chacun. Ce site ne s'est
> jamais développé. Mais un document je cite et introduit brièvement sous
> http://www.isoc-france.fr/wiki/Co%C3%BBt_du_contexte_%C3%A9conomique
> pourrait être l'occasion de reprendre le sujet pour ceux que cela
> intéresseraient.

http://www.bis.orp semble inconnu du DNS (?)

Certes les "services financiers" peuvent probablement être allégés. Ce
qui pose la question, vaguement inquiétante, du recyclage des employés:
que sont-ils susceptibles de vouloir apprendre à faire?

> 
> Ce document qui émane de deux membres de la DRI, c'est à dire la "banque
> des banques centrales" - donc des gens a priori sérieux et au courant -
> expliquent en quoi l'activité financière improductive actuelle et le
> trop de crédit tuent la prospérité.

Il semble bien que tant que la structure actuelle durera on sera coincés
avec le besoin de crédit. L'augmentation de longévité a anéanti le
transfert du patrimoine productif au sein de l'unité familiale (on
hérite dans le meilleur des cas lorsqu'on est à la retraite), en
l'absence d'un augmentation compensatrice de la solidarité
trans-générationnelle. Le rôle du "crowdfunding" est encore marginal, et
doit encore creuser sa niche culturelle. Il semble inéluctable aussi
qu'à un moment donné on balaye le déficit sous le tapis par un acte de
remise à zéro des compteurs. Les anciens le faisaient tous les quarante
ans (Jubilé), et cela fait sens: le soutien de la vie n'est pas une
opération neutre du point de vue thermodynamique. Les technocrates étant
incapables de ce geste, il faut la main et surtout les testicules grands
comme ça du politique non démissionnaire.

> Une des idées est que le secteur
> financier draîne des talents d'analystes, de mathémarticiens, etc. de
> très haut vol, etc. qui manque à l'industrie et donc à la croissane et
> la prospérité.

plus je retourne la question, plus je trouve qu'on doit envisager un
changement de paradigme, notamment sur ce que nous définissons comme
"productivité" (et son lien avec "croissance" et prospérité"). Mauvaises
nouvelles, c'est compliqué ces trucs là.

L'essentiel des gains de "productivité" (sauf dans le tertiaire où c'est
encore plus brutal: on opère par décimation, puis on regarde ce qui
fonctionne encore) est obtenu en réduisant la part travail et en
augmentant la part des intrants, notamment de l'énergie. Si le prix (ou
ce qui revient au même, les retombées) de l'énergie augmente, on l'a
dans l'os. Si on cherche à compenser en remunérant moins le travail (par
exemple en délocalisant) on l'a aussi dans l'os.

Les fab-labs, l'artisanat ne font pas de sens selon les critères
habituels d'optimisation (par l'énergie et par le capital plutôt que par
le facteur humain, avec un "output" mesuré en objets produits par unité
de capital et de temps). Si on considère que c'est un instrument ou
cadre de (re)production ou (re)construction de l'humain, on peut arriver
à des conclusions différentes.

Je parle de fab-lab _et_ d'artisanat, car je me rends bien compte que la
fabrication numérique n'est pas suffisante (c'est seulement la partie la
plus médiatisée de l'iceberg), on n'apprend pas suffisamment sur les
matériaux en imprimant du PLA ou en découpant au laser une forme toute
faite. On apprend déjà davantage en construisant ces machines-là. Encore
plus, en créant de toutes pièces une nouvelle machine, un modèle unique
peut-être. Et la citadelle, la véritable quête du graal, c'est la
maîtrise des métaux. Bref, impression en PLA -> matrice traitée comme la
cire perdue -> fonte d'aluminium (par exemple)... en attendant la
popularisation de la fabrication directe sous vide via microfusion par
faisceau d'électrons (metalrap).

> 
> Sans revenir à l'artisanat manuel, ceci va dans le sens de Max qui
> préconise un retour sur soi aux valeurs somatiques, et un éclatement de
> la bulle internet ?
> jfc
> 
Permets-moi d'insister sur le fait que l'approche doit être _aussi_
manuelle, c'est un aspect trop longtemps passé sous silence: la
coordination mains-cerveau est esentielle à l'équilibre psychique et
comportemental. En termes de sentiment de confiance, il en est peu qui
égalent celui que procure la maîtrise du comportement d'un matériau. Les
valeurs et concepts viennent s'ancrer dans ce que la main sait faire...

MK


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