On 12/29/20 2:06 PM, Laurent Franceschetti wrote:
Et ces considérations se heurtent à des décennies de pratiques fermées dans la 
pharma, où tout le modèle d’affaire dépend des brevets, pour financer la 
recherche et dégager des profits. Cela ne doit pas empêcher d'y penser et 
tâcher d’élaborer des voies à explorer.

Bon, ça fait un moment que j'ai envie de réagir sur certains arguments qui ont été avancés ici, je crois que c'est le moment.

LES BREVETS CE N'EST PAS NECESSAIREMENT MAL!!!!!

Ouf, ça va mieux :-)

Bon, plus calmement maintenant. La question des brevets dans la pharma me paraît assez différente de celle dans le domaine de l'informatique, et j'ai l'impression qu'il y a une certaine confusion dans la discussion actuelle (et dans plein d'autres que j'ai eu l'occasion de lire par ailleurs).

1) c'est assez logique que le but d'une industrie pharmaceutique soit de financer la recherche et dégager des profits, c'est le but de toute entreprise ayant un secteur recherche et développement.

2) rappelons que l'intention des législateurs en mettant en place le système des brevets c'est justement de promouvoir l'ouverture: en échange d'une divulgation de l'invention, le détenteur du brevet se voit accorder une exclusivité sur l'utilisation commerciale de celle-ci. Si ce système n'existait pas, le choix par défaut serait le secret industriel, donc l'opacité totale sans limite de temps. Le brevet est un document qui décrit l'invention avec un bon niveau de détails et il est très facilement consultable par toute personne intéressée, donc dans ce sens ça apporte une certaine transparence.

Ca ne veut pas dire que le système est idéal. Dans la pharma:

- on peut discuter le poids relatif des profits et de l'investissement dans la recherche

- on peut critiquer l'effet de bord indésirable du système qui est qu'en l'absence d'autre contrainte, l'entreprise est poussée à maximiser ses bénéfices pendant la durée de vie du brevet

- on peut critiquer une stratégie assez fréquente d'extension artificielle de la durée de vie des brevets en y ajoutant des modifications assez discutables des médicaments brevetés ou de leurs applications

- on peut critiquer la stratégie assez fréquente consistant à écrire les brevets de façon à ce que leur périmètre exact (qu'est-ce qui est protégé par le brevet vs. quelle variation ne serait pas couverte) soit aussi vague que possible pour décourager la concurrence.


En informatique, il me semble que le problème c'est surtout que c'est un frein absolu à l'intéropérabilité des systèmes libres et propriétaires, qui reste en place pendant une durée complètement déraisonnable à l'échelle de cette industrie (20 ans).


Alain Borel

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