Il est bien dommage que l'ETALAB reste à la disposition première des administrations et non du citoyen. Plus des gens sont recrutés, plus il y a de projets séparés pour plus d'administrations particulières, chacune avec leur modus operandi, leur nomologie et leur idiolect.

David, peut-être pourrais-tu adjoindre au "mot de l'année", le "vocabulaire numérique du citoyen" et son "compendium fonctionnel unique" que l'on pourrait enseigner dès la 7ème (avec la remise de son IP citoyenne). Plus intéressant que de propager word, médire de wikipedia, enseigner à coder (en je ne sais quoi cette année) et continuer à faire croire que l'internet n'est pas le mini/googletel sur PC.

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par Emile Marzolf
5 novembre 2019, 15:51, mis à jour le 5 novembre 2019, 19:27
3 min

Fort de son succès, et au terme de son financement par le Programme d'investissements d'avenir (PIA), le programme "Entrepreneurs d'intérêt général" animé par le service Etalab de la direction interministérielle du numérique a été consolidé au sein du budget 2020. Il devrait continuer de monter progressivement en puissance.

Même s'il le reste par nature, le programme expérimental "Entrepreneurs d'intérêt général" (EIG) n'en a désormais plus l'allure officielle. C'est en tout cas ce qu'a acté un amendement au projet de loi de finances (PLF) pour 2020, déposé par le gouvernement et adopté par les députés le 30 octobre pour l'inscrire au budget 2020.

Pour rappel, le programme EIG en est déjà à sa troisième promotion. Il permet depuis 2017 à des administrations de recruter pour dix mois des compétences réputées rares en s'affranchissant des contraintes salariales de l'administration (ils sont tous rémunérés 4 000 euros brut par mois) et du format des offres d'emplois publiques, parfois illisibles.

À travers cet amendement, le gouvernement inscrit donc le programme et son financement au sein de la mission "Action et transformation publiques" du PLF, à hauteur d'1,5 million d'euros. C'est moins qu'en 2018 et égal à 2019, mais ce n'est pas synonyme d'une stagnation du programme, qui peut désormais s'appuyer sur un cofinancement des administrations partenaires. La preuve en est qu'Etalab a pu grossir les rangs de la troisième promotion d'EIG alors que ses financements sont tombés de 2,5 millions à 1,5 million d'euros.

Consolidation plus que révolution

Le programme se voit plus particulièrement rattaché au Fonds pour l'accélération du financement des start-up d'État créé l'année dernière, "avec lequel il entretient des synergies fortes", expose le gouvernement. Lors de l'élaboration du premier bilan destiné à vanter le programme avant les arbitrages du budget 2020, la Dinum avait commencé d'envisager la création de nouveaux ponts entre ses différents dispositifs : EIG, start-up d'État et autres services innovants ou plus courants.

"Depuis 2017, le programme est plébiscité non seulement par les administrations ayant accueilli des EIG, mais aussi par l'écosystème numérique", poursuit le gouvernement qui, pour justifier cette intégration au sein du PLF, insiste sur le "caractère stratégique du programme EIG dans le cadre de la transformation numérique de l'État". Une manière surtout "de pérenniser le programme", qui ne pouvait plus bénéficier des financements du PIA. La responsable du programme à Etalab, Mathilde Bras, se félicite pour sa part de ce transfert, qui fait sortir le programme du "régime de l'expérimentation pour en faire une politique publique budgétairement consolidée".

Sans pour autant connaître une révolution, le programme continuera de s'étoffer progressivement. Lors de son lancement, en 2017, la première promotion comptait 11 entrepreneurs. Ils étaient 28 en 2018 et 32 en 2019. Et même 53 si l'on y ajoute les designers d'intérêt général recrutés pendant l'année dans le cadre d'un dispositif expérimental. Pour l'année prochaine, si l'annexe évoque une cible de 50 EIG, Mathilde Bras assure de son côté que "l'ambition est bien de lancer une promotion d'environ 60 talents d'intérêt général à l'été 2020", sur laquelle commencera à travailler la Dinum dès début 2020.

Évolutions à venir

À l'occasion de la publication du <https://www.acteurspublics.fr/articles/les-entrepreneurs-dinteret-general-un-programme-qui-doit-encore-infuser>bilan du dispositif juste avant l'été, la responsable évoquait plusieurs pistes d'évolution et d'amélioration. Aujourd'hui, aucune n'est encore privilégiée, un bilan devant être réalisé au terme de la troisième promotion et avant le lancement de la suivante. L'objectif reste néanmoins d'"améliorer le cadrage des projets lauréats en amont et de poursuivre l'ouverture du programme à des compétences design". Lesquelles étaient déjà bien présentes et même de plus en plus présentes au sein des EIG, à tel point qu'une réplique du programme spécifiquement centrée sur <https://www.acteurspublics.fr/articles/services-publics-numeriques-des-designers-au-secours-de-lexperience-utilisateur>ces compétences design a vu le jour en mars dernier.

Une vingtaine de designers ont ainsi commencé à plancher sur 14 projets d'amélioration de l'expérience utilisateur de services numériques de différentes administrations. Bien que les défis ne soient pas terminés, Etalab assure qu'il est déjà possible d'identifier une "réelle valeur ajoutée des compétences design dans les projets accompagnés, surtout pour cadrer différemment les projets et avoir une vision utilisateur consolidée avant de lancer un produit ou un projet". La présence des designers devrait ainsi être plus importante en 2020 dans la promotion "consolidée" des 60 "talents".

Canal de recrutement

S'il n'a pas été pensé comme tel à son origine, force est de constater que le programme constitue bien un canal de recrutement significatif pour l'État. Preuve que celui-ci voit dans le programme EIG un moyen de fidéliser les compétences attirées par son format atypique et souple, une annexe au PLF intègre désormais un indicateur relatif au "nombre d'entrepreneurs d'intérêt général recrutés dans l'administration à la suite de leur défi".

En 2018, <https://www.acteurspublics.fr/articles/anciens-eig-pourquoi-ils-sont-restes-dans-ladministration >9 des 28 EIG ont ainsi continué leur parcours au sein de leur administration d'accueil ou d'une autre. Le gouvernement se donne pour objectif d'en fidéliser 15 en 2020.
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