Alors qu'une mission parlementaire doit esquisser une feuille de route nationale du quantique en novembre, la fondation Mines Télécom publie <https://www.slideshare.net/fondationminestelecom/lavantage-quantique-enjeux-industriels-et-de-formation>une enquête sur les potentialités de l'informatique quantique au service de la sphère publique, du privé et de la société tout entière. Un big bang à prévoir qui suppose de mettre le paquet sur la formation.

On ne sait pas exactement quand ni tout à fait comment, mais acteurs publics, privés et chercheurs sont unanimes : l'avènement à venir de l'informatique quantique bouleversera en profondeur l'intervention et l'efficacité des administrations publiques – comme celle des entreprises – plus encore que la révolution en cours portée par les potentialités de l'intelligence artificielle. Un big bang à prévoir que la France et l'Europe, aujourd'hui très bien placées dans la course mondiale, doivent anticiper et accompagner en mettant le paquet sur la formation. C'est en substance le constat formulé dans l'enquête annuelle "L'avantage quantique, enjeux industriels et de formation" de la Fondation Mines-Télécom [<https://www.slideshare.net/fondationminestelecom/lavantage-quantique-enjeux-industriels-et-de-formation>cliquez ici pour consulter le document].

Une étude qui a le grand mérite d'éclairer et de recontextualiser un enjeu complexe à saisir et que commencent tout juste à appréhender les pouvoirs publics. À la demande de Matignon, une mission parlementaire pilotée par la députée Paula Forteza planche ainsi actuellement sur le thème "Technologies quantiques : un tournant numérique majeur à ne pas manquer pour la France".

Séquence gouvernementale sur le quantique en novembre

En cours de finalisation en lien avec les ministères concernés, ses conclusions devraient être connues en novembre et s'accompagner, expliquent à Acteurs publics les équipes de Paula Forteza, d'une séquence gouvernementale de communication et de pédagogie sur le sujet. En prolongement, une exposition sur les questions et les potentialités du quantique ouvrira le 19 octobre à la Cité des sciences. Un hackathon est également prévu. Cette mission pourrait poser les bases d'une feuille de route nationale. De son côté, plus opérationnel, le ministère des Armées réfléchit aux applications possibles de l'informatique quantique au service des armées.

Des avancées qui supposent, relève la Fondation Mines Télécom, que tous les acteurs maîtrisent a minima les enjeux. De quoi parle-t-on ? Pour résumer à grands traits : les ordinateurs actuels s'appuient sur une base binaire de codage de l'information, les "bits", dont la valeur peut être soit de 0, soit de 1. Les ordinateurs quantiques traiteront des particules élémentaires de taille infinitésimale pour représenter l'information, des particules aux propriétés dites "quantiques" qui leur permettront d'être à plusieurs endroits de manière simultanée. Traduction concrète : le système pourra effectuer plusieurs calculs en même temps et non plus de manière linéaire et chronologique. On ne parle plus de "bits" mais de "qbits". Et ces qbits ne valent plus 0 ou 1, mais une superposition de ces deux valeurs. La puissance de calcul augmentera de manière exponentielle.

Très bien, mais pour quoi faire ? Déclinaisons concrètes du côté des armées : un rapport parlementaire récent sur les enjeux de la numérisation des armées, des députés Olivier Becht et Thomas Gassilloud, présente une rupture technologique qui sera immédiatement applicable en matière de cryptologie et pourrait ouvrir la voie "à une intensification sans précédent du combat cybernétique". On peut lire également : "Les algorithmes actuels sont contraints par la puissance de calcul des machines. Les algorithmes quantiques ne le seront pas." La course au quantique est présentée comme cruciale pour les armées, comme pour l'ensemble du secteur public, l'informatique quantique étant décrite comme la future base de toutes les technologies d'intelligence artificielle et de big data.

Nouvelle manière de voir le monde

Dans l'attente prochaine de la feuille de route nationale, la fondation Mines-Télécom souligne : "D'une technologie émergente actuellement, le quantique pourrait devenir un jour une technologie d'intérêt général. Mêlant science et ingénierie, elle nécessite d'informer le public et les décisionnaires pour en comprendre les enjeux, estimer les ambitions et faire les bons choix." Et d'insister : "Cette nouvelle façon de voir le monde nécessite également d'investir dans la formation à tous les échelons, du secondaire au supérieur, de la formation initiale à la reconversion, du grand public aux spécialistes si l'on veut se donner toutes les chances de conserver l'avantage quantique."

Un enjeu de formation tel qu'il figure comme l'une des priorités du programme européen "Quantum Flagship", lancé par la Commission européenne, qui vise à "transformer l'excellence scientifique de l'Europe en opportunités technologiques" : identifier et coordonner les futurs besoins en formation, développer la diffusion internationale, se rapprocher des citoyens pour promouvoir les impacts sociétaux, scientifiques et économiques des technologies quantiques, etc. Travaux de recherche, mission parlementaire, implication des armées : le quantique commence donc à agiter la sphère publique et c'est tant mieux. Une révolution, affirment les uns. Un big bang, disent les autres. Et aujourd'hui une affaire de pédagogie et de formation, assurent les uns et les autres.

Sylvain Henry
Acteurspublics.fr 
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