François,
je béguaie : le problème est AMHA très simple à comprendre, même s'il est impossible à résoudre.

Le problème est celui de la singularité technologique qui n'a rien à voir en soi avec les machines et les prouesses techniques à venir, mais dans le seuil franchi par la pensée humaine le 21 janvier 1889. http://lerda.org/index.php/Tr%C3%A8s_petit_trait%C3%A9_de_technosophie

Le problème est impossible à résoudre car nous n'utilisons pas (encore) ou que très partiellement la méthode de pensée nécessaire pour cela.

Que se passe-t-il ? Nous sommes confrontés à des problèmes d'émergence aux questionnement polylectiques maillés (complexité) que nous tentons d'adresser avec des raisonnements logiques de dialectique linéaire. AMHA il nous faut d'abord nous éduquer nous-même à une forme de pensée capable de résoudre le maillage des poblèmes décrits (systèmes multiagents en réseau) puis travailler à une organisation adaptée de nos mnèmes personnels et collectifs (mnèmes = éléments mémoriels structurés pour porter le savoir - la synergie du souvenir, ce que l'intélechie de nos être utilise de la manière à laquelle elle s'est formée) et une évaluation de leur économie (pour l'instant on commence avec la plasticité cérébrale, les big-data, la mémorisation par chromosomes artificiels, etc.)

Les Américains nous bourrent le mou en croyant qu'il s'agit de production et de fric. Il s'agit de compréhension et d'entraide.

Un truc "tout simple" : qu'est-ce que le temps ? C'est en fait si tu y réfléchis bien la métrique du travail de la nature, tandisque l'argent est la métrique du travail humain. Or depuis la singularité nous avons compris le temps de manière totalement renouvellée (relativité; physique quantique). Autant de différence qu'entre le Père Chronos et le Clepsydre lors de la singularité philosophique au 6ème siècle avant. Maintenant ce qui est effectivement nouveau est la nature du travail humain qui est à la fois

* du temps (face à la nature, nous avons besoin des paysans au lieu de subventionner les tue-bouzeux honteusement et stupidement imaginés de nos élites européennes), * de muscle comme la nature pour façonner les choses contenues par les forces électro-faibles et le "bison de Higgs", * et de la pensée qui est dans le temps du cerveau et hors du temps par la logique et de retour dans celui du traitement informatisé.

Comprenons-nous : ce que chacun doit recevoir pour financer sa vie est ce qui va permettre d'optimiser la meilleure vie de tout le monde.

Un réseau économique à 10 Millards de noeuds. Pour l'instant, sauf avec Erlang, je ne connais rien qui nous permettent de tenter de modéliser cela et donc d'expérimenter (avant de théoriser) cela.

Une esthètique pour décider de ce qu'est la vie la meilleure. En première approximation je m'en tiens à celle définie par le SMSI : une société "people centered", "à caractère humain"; "centrada en la persona" ce qui réclame une éthitechnique (la modélisation comportementale imposée aux machines répondant à l'éthique humaine et pas à la gouvernance algorithmique héritée d'une exploration hasardeuse de big-data).

jfc




At 17:41 07/03/2016, François COLOMBIER wrote:
Le 07/03/2016 15:02, olivier auber a écrit :
Cette "loi travail" est encore un truc pour occuper le terrain et laisser intact la cause des causes de tous nos problèmes.
Avec les progrès de la Science et de la Technique, il était évident pour plusieurs intellectuels, il y a entre 30 et 50 ans, que la relation travail / (valeur) / rémunération était à revoir....
En voici un aperçu, introduisant l'idée du revenu de base.

Extrait du livre "Pour qui, pour quoi travaillons-nous ?" de Jacques Ellul
Chapitre "Les possibilités techniques et le travail" (reprise d'un article paru dans Foi & Vie n°4 de juillet 1980

p91-104
[..]
Cela étant, il faut essayer de réfléchir aux conséquences de cette mutation [ndr: mécanisation, automatisation] sur le travail. Il est évident à première vue que tout ceci entraîne pour toutes les opérations industrielles, agricoles, de bureau, d'organisation une économie considérable de temps et d'efforts.
Économie de temps, ce qui veut dire évidemment économie de travail.
Et on a même dépassé l'ancienne alternative qui consistait à dire : ou bien on produit la même quantité de marchandises, avec moins de temps de travail, ou bien on conserve le même temps de travail, mais on produit beaucoup plus. Actuellement, il n'y a plus guère d'alternative : en même temps on peut augmenter jusqu'à l'infini la capacité de production, et on doit réduire les temps de travail. Pendant le XIXe siècle, on était si obsédé par la production de davantage de marchandises que l'on avait donc même accru la durée du travail tout en mettant en oeuvre des moyens de production qui auraient permis, pour une croissance modérée, de la réduire. ainsi "la machine" qui paraissait devoir être un moyen d'alléger le travail humain étaie devenue du fait du capitalisme un moyen, au contraire, d'absorber davantage de travail, de consommer toujours plus de force de travail. Et l'analyse de Marx était totalement exacte.
Mais aujourd'hui le problème ne se pose plus en ces termes.
Il y a accroissement de productivité et inévitablement économie de travail, puisque à la limite il peut ne plus y avoir aucune intervention de l'homme dans le processus de production.
Cela exige une réduction massive du temps de travail.
Celui-ci, et c'est une seconde caractéristique, change de nature.
Dans un milieu automatisé -informatisé-, le travail n'est plus du tout musculaire. La "force de travail" n'est plus un élément important. Et la fatigue ne se situe plus dans le domaine physique. L'homme, surveillant, contrôleur, utilisateur des informations, aiguilleur des circuits, etc., est avant tout un facteur intégré du dispositif, non pas appelé à faire des gestes à caractère répétitif, mais à répondre à des signaux. Il est par exemple devant le tableau de bord d'un ensemble automatisé, il doit répondre instantanément à tel signal auditif ou visuel. Le travail devient alors très abstrait. Il y a en effet un second degré d'abstraction par rapport à celui qu'avait noté Friedman. Celui-ci avait montré comment le développement de la machine avait séparé le fabricant de la matière première, pour le laisser en tête à tête avec la machine. Mais actuellement, il n'est même plus en relation avec la machine mais avec des organismes directeurs de celle-ci, les servo-moteurs par exemple, et il est dans une relation nouvelle avec le processus de production. Cette situation, qui économise tout effort musculaire, est très éprouvante au point de vue nerveux. Il y a une tension psychique et nerveuse extrême, et l'on sait que maintenant apparaissent dans la classe ouvrière les maladies caractértistiques de celles des cadres (ulcères d'estomac, maladies cardiovasculaires, manque de sommeil).

Enfin un troisème aspect à retenir, non moins important, c'est que le travail n'est plus le producteur de la valeur dans un système ainsi organisé.
Jusqu'ici les marchandises était évidemment produites par le travail humain.
La machine étant elle-même considérée par Marx, par exemple, comme du "travail humain cristalisé".
Mais actuellement ce n'est plus du tout exact.
Les marchandises sont produites en quantité immense par un jeu de machines automatisées. La quantité de travail incluse dans chacune d'elles est infime. La croissance de la production ne repose plus du tout sur le travail mais sur le progrès scientifique et technique.
C'est la recherche scientitifiqe et technique qui est décisive.
La valeur créée est toujours le résultat d'un processus technique. Ceci change énormément l'interprétation des phénomènes économiques. Autrement dit et pour résumer ces transformations, on peut parfaitment envisager dès maintenant une réduction massive du temps de travail. Ce n'est pas du tout "utopique" ou imaginaire de réclamer les deux heures de travail par jour, du moins dans les secteurs susceptibles de l'automatisation-informatisation. D'ailleurs, compte tenu du fait que l'usure nerveurse est beaucoup plus grave et moins réparable que la fatigue musculaire, il est devenu indispensable dans ces métiers d'abréger les séquences de travail continues et de réduire déjà sérieusment la durée de la journée de travail.
Mais ceci pourrait aller beaucoup plus loin.
Or, il semble que ni dans le monde capitaliste ni dans le monde socialiste on ne soit décidé à entrer dans cette voie. Il y a comme un blocage qui s'est effectué, et l'on choisit délibérément de ne pas appliquer les moyens techniques que l'on a à sa disposition pour maintenir l'ancienne structure à dominante industrielle. On introduit seulement de façon incoordonnée, à dose homéopathique, tel ou tel procédé. On automatise ici une chaîne de montage. On met en place une banque de données. On introduit un ordinateur etc. Mais il y a en réalité répugnace à changer le système. Ceci provient d'un certain nombre de difficultés qu'il ne faut pas méconnaître : une inadaptation idéologique évidente. Il y a répugnance à abandonner "l'idéologie du travail", une angoisse à l'idée de tellement de temps "libre". On ne sait pas ce que deviendrait la vie humaine si elle n'était pas remplie par le travail. On soupçonne que cela supposerait un changement radical, total de société, de ses orientations, de ses objectifs, de ses structures, mais on n'est pas mûr pour tenter une pareille espérience. En outre, dans le monde socialiste, il y a un autre obstacle : idéologique. Nous venons de voir que ce ne sera plus le travail qui sera effectivement prodcteur de valeur, mais l'innovation scientifique et technique. Mais alors tout le système économique de Marx s'effondre car tout effectivement repose sur l'idée que c'est le travail seul qui produit la valeur (d'où les mécanismes de plus-values, de profit, de travail-marchandise, etc). On comprend que ce soit tragique du point de vue doctrinal et idéologique. Il suffit de considérer le scandale qu'a fait le rapport Richta qui procédait, dans le monde communiste, à cette démonstration-là. C'est l'hérésie majeure. Car la Révolution n'est plus celle du passage du capitalisme au socialisme mais celle du passage du "Travail productif" à "l'innovation technique productive".
[...]
nous avons dit que les moyens modernes entraîneraient une énorme réduction du temps de travail. Comment cela va-t-il se traduire; en conservant les structures socio-économiques traditionnnllles (et je place le socialisme dans le traditionnel), celui induit inévitablement du chômage. Que celui-ci s'exprime par le chômage direct, ou lar l'allongement des études pour les jeunes entrant plus rad sur le marché du travail (tendance socialiste) ou par l'avancement de l'âge de la retriate : cela revient au même, la population des non-producteurs de marchandises va augmenter. Il ne faut pas s'affoler, car sur le plan économique, dans la mesure où la productivité, industrielle, agricole, tertiaire augmente, il ne va pas y avoir baisse de production, au contraire. Mais il y a une population vacante qui ne cessera de grandir au fur et à mesure de l'automatisation. Alors on revient à l'idée de réduire le temps de la journée de travail, de façon à ce que tout le monde y participe. Mais cela voudrait dire, pour reprendre l'exemple d'Adret, que tout le monde travaillera deux heures. Mais ensuite ? Cela, dans notre psychologie acutuelle, signifierait que tout le monde est aussi, en même temps, chômeur six heures par jour !
Et cela nous amène à une autre difficulté: celle du salaire.
Car comment va-t-on évaluer le salaire?
Si l'on maintient l'idée traditionnlele de salaire, il est évident que l'on ne peut plus faire une évalutation du salaire à l'heure: il faudrait payer l'heure de travail une somme énorme ! Mais on on peut pas davantage appliquer un salaire aux pièces : c'est la machine automatisée qui produit les pièces par milliers. Et ceci alors nous renvoie à la vraie difficulté : ce n'est plus le travail personnel de l'ouvrier qui produit de la valeur. Et invinciblement tout le jeu du salaire était rattaché à la production de la valeur. Si l'on payait plus cher l'ingénieur qu'un manoeuvre, c'est que son travail était pour l'industrie beaucoup plus producteur de valeur. Mais maintenant que la valeur est produite par la "Science-Technique", il est obligatoire de décrocher ce que l'on va attribuer à chacun de cette idée du "travail-valeur". La difficulté dans ce domaine redouble si l'on pense aux différences déjà signalées entre les secteurs totalement automatisés-informatisés, et ceux qui restent traditionnels : il y aurait alors des ouvriers travaillant deux heures et payés 200 ou 300 F l'heure, et des ouvriers travaillant toujours huit heures et payés 50 à 60 F ! Ceci est évidemment impossible; Donc l'application de ces méthodes nouvelles suppose une totale révision de la rétribution.
[...]
Dans les années 1965-1970, un économiste anglais travaillant aux Etats-Unis, Theobald, a montré clairement l'impossibilité où se trouvait le régime capitaliste de poursuivre avec ses structures traditionnelles son système d'organisation du travail et d'exploitation des travailleurs, et en même temps de prétendre assumer le progrès technique. Il a montré l'incompatibilité radicale entre les deux : dès lors il n'y avait que deux possibilités : ou bien les capitalistes allaient freiner l'application des techniques de pointe, allaient bloquer le progrès technique au point où il était à ce moment. Ou bien, si malgré tout la technique se développait, on allait vers une série de crises économiques que le système capitaliste ne pouvat pas surmonter. Il faut noter que Theobald n'était nullement socialiste et qu'il ne pensait pas que ces crises déboucheraient sur le socialisme mais bien sur des troubles sociaux profonds difficilement surmontables. Or, comme il s'était attaché surtout à la question de l'automatisation, il a essayé de traiter de l'impossibilité de maintenir le système du salaire. On ne peut s'en tirer autrement, essayait-il de démontrer en considérant la masse globale, par exemple par nations, de valeur produite, c'est-à-dire que l'on ne plus attacher la valeur à un travail particulier, nous l'avons vu, mais c'est l'action totale des diverses activités économiques qui doit être prise en compte, en évaluant l'ensemble des valeurs dont il faut déduire l'ensemble des coûts. Dès lors disparait le difficile problème des coûts externes, des déséconomies, qui est insoluble si l'on continue à évaluer les produits par entreprise ou par atelier, mais qui devient une question de comptabilité nationale, si on envisage l'activité économique du pays dans son ensemble au lieu de parcelliser. Bien entendu, cela implique des moyens d'évaluation infiniment plus subtils que le PNB, si fréquemment critiqué à juste titre maintenant. Et lorsque l'on a procédé à cette double évaluation, on peut savoir ce qui reste en définitive comme richesse produite à se partager. Car, et c'était la proposition très "révolutionnaire" de Theobald, si l'on ne peut plus distribuer des salaires, comment faut-il procéder ? L'idée générale est évidemment qu'une société est responsable des membres qui la composent, que chacun doit pouvoir trouver le moyen de vivre, et si cela ne peut plus correspondre à un travail particulier, il faut donc que ce soit une part de la richessse sociale totale. Dès lors, une fois le solde positif établi, on peut savoir ce qui est distribuable à chacun. Et Theobald avait fait des études très concrètes, très mathématiques sur ces répartitions. Ainsi d'une part chacun quelque soit son âge, sa situation, a droit à une part du célèbre "gâteau" à partager. Mais par ailleurs, il est évident qu'il faut tenir compte du fait que l'on continue aussi à travailler dans certains secteurs peu d'heures (mais très fatiguantes nerveusement), dans d'autres davantage d'heures s'il s'agit de secteurs plus traditionnles. Il faut donc évidemment aussi récompenser ceux qui travaillent, ne pas les traiter comme les autres, donc, sans que ce soit un salaire, concevoir une seconde part de la richesse sociale produite. Et comme le travail n'est pas créateur de richesse, les travaux n'ont pas à être rétribués très différemment.
L'éventail de ce qui serait donné aux travailleurs serait donc très étroit.
Enfin Theobald ne pensait pas du tout que l'on devait "nationaliser" tous les instruments de production. Il pouvait évidemment y avoir encore des propriétaires privés, il y aurait encore des gens qui placeraient leurs économies, par exemple, dans des activités productrices, il y aurait éventuellement un système d'actionnarait, etc., et par conséquent on pouvait penser à une troisième part de la richesse sociale produite, mais qui serait la troisième, c'est-à-dire après que les deux premières auraient été satisfaites, et il y aurait répartition proportionnelles à la valeur des capitaux investis pour récompenser le capital. Theobald était arrivé à des propositions concrètes d'ailleurs. Nous pourrions dire (mais sans reprendre ses chiffres!) que, par exemple, tout citoyen américain de sa naissance à sa mort recevrait aux alentours de 5000 dollars (donc un homme marié avec trois enfants aurait dès l'abord 25000 dollars). Si, par ailleurs, il veut travailler (ou bien si, dans l'optique du projet que nous examinerons plus loin, il est contraient de travailler pour une sorte de service national) il recevrait une seconde tranche, mais étant donné la fermeture de l'éventail, ce serait dans le cas précédent un complément de 5000 à 10000 dollars. Enfin, s'il avait placé des économies, il aurait un supplément mais qui devrait être impérativement limité comme revenu pour éviter la reconstituion de très grosses fortunes individuelles.
Il va de soi que ceci est une modèle très simplifié.
Par ailleurs il est évident que les capitaux indispensables à la poursuite du développement technique, et à la modernisation constante de l'appareil de production devaient être prélevés avant ces répartitions individuelles.

Tout ceci paraît très inimaginable, mais il faut bien se rendre compte que c'est la suite logique, raisonnables, des mutations techniques concernant le travail et la production. Theobald a seulement montré une issue, qui jusqu'à présent apparaît pour ce problème particulier que nous avons retenu comme la seule convenable.
Elle paraît terriblement "révolutionnaire" ?
Evidemment, elle va beaucoup plus loin que n'a jamais été le communisme.
Mais il faut prendre conscience que ce qui est le facteur décisif ici ce ne sont ni les valeurs, ni la volonté révolutionnaire, c'est la situation même dans laquelle nous sommes conduits inéxorablement par ces mutations techniques. Reste évidemment l'énorme difficulté de savoir comment on pourrait passer du stade actuel (aussi bien capitaliste que communiste), à la sitaution évoluée et adaptée que nous esquissions plus haut. Ceci est sans réponse. Mais l'impasse dasn laquelle nous sommes est aussi sans réponse et sans issue !

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François

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