Note : ce pontifiant est particulièrement long mais personnellement
pertinent à tous.
Je comptais le diffuser sous forme de blog avec des commentaires.
Mais j'ai des problèmes incompréhensibles de STFP. Je le diffuse donc
ce soir en vous souhaitant à tous une trés bonne fin d'année et début
de nouvelle année. Il fait un état des lieux pratique et engage une
première proposition sociétale concernant la plus part des membres de
cette liste. Je le reprendrai et le complèterai dans les mois qui viennent.
MEILLEURS VOEUX DU TAULIER !
jfcm
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Chers cafeducompères, chères cafeducommères,
Pour l'année nouvelle, je voudrais vous parler d'un triste sujet : je
voudrais vous parler de nous. Mais si l'analyse est un peu triste,
les perspectives peuvent être bonnes et les voeux seront roboratifs !
Demain,
1. la République française comptera une loi de plus
(http://ca-va.club/index.php/ADSOVI) traitant d'une "adaptation de sa
société au vieillissement" qui ne considère ni le digital, ni le
numérique, ni les données des (et non sur les) vieux (les dépassés du
digital, mais pas du QI) pourtant de plus en plus communs, malgré -
dans le rapport annexé - le projet non cité de la mobilisation
nationale de lutte contre l'isolement des âgés (MONALISA).
Vous trouverez sous http://www.monalisa-asso.fr/ une présentation de
cette mobilisation. J'y retiens un court paragraphe : "maîtriser
l'usage du numérique est un facteur démontré de prévention de la
perte d'autonomie. Il faut permettre à tous d'y avoir accès et éviter
une nouvelle « fracture » entre ceux qui disposent des moyens
d'accéder à l'information et de s'équiper et les autres. La
mobilisation MONALISA ne négligera pas cet aspect. "
2. l'année du 126e anniversaire de la singularité digitale s'achèvera
sans que le monde l'ait reconnue qui continuera donc à s'enfoncer
dans la Crise.
- Car il ne devrait pas s'agir de l'adaptation de la société au
vieillissement, mais à l'allongement de la vie. Cela c(est la
constatation tristounette.
- Toutefois, le projet MONALISA peut servir de vecteur existant
et motivé pour s'engager dans cette direction. Cela c'est peut-être
une opportunité guillerette.
A. Trois aspects peuvent être identifiés
1. la littératie numérique commune :
Pour que l'on se parle numérique il faut que chacun parle numérique.
Depuis François 1er, Richelieu et Napoléon, nous savons comment il
faut faire : le numérique doit être le langue de la loi et être
codifié par une Académie française du numérique. Pas par la loi,
comme l'a tenté la Convention. L'unité d'une nation se bâtit aussi
sur sa langue commune : la langue numérique étend la langue naturelle
par l'inclusion des "bots" (facilitation informatique de
l'intercompréhension du complexe) parmi les "lots" (quantité :
première préoccupation des marchands) et les "mots" (besoin commun à
l'inter-entendement).
2. une technologie française fiable et facile
(j'abrège en "tf", vous allez voir pourquoi). Française pour que cela
puisse être homogène avec la loi qui fait un peuple de la multitude
qui la partage; fiable parce que ce que nous avons est du non fiable
fiabilisé, mais ni sécurisé ni ouvert à l'innovation; facile pour que
tous puissent y avoir accès à moindre coût monétaire et éducatif.
C'est cette robuste facilité partagée qui fait du peuple souverain
une collectivité nationale et une communauté de vie dont la
gouvernance sera protectrice de chacun.
3. un intégration juridique du temps. Je m'explique : la loi concerne
l'adaptation au vieillissement, mais traite des vieux. De la même
manière que le projet de loi pour la République numérique traite des
données et ni du numérique et ni digital (attention : ceci n'est pas
une critique partisane, mais politique au sens de la gestion de la
"polis" dont le territoire s'étend maintenant à sa cybernité). Notre
droit est depuis 2500 ans bâti sur un temps daté sur une date fixe.
Ce n'est constitutionnellement plus le cas pour au moins deux raisons
: le temps est une dimension de l'environnement humain et la
précaution suppose une rétroactivité à rebours (il faut pouvoir avoir su).
Pour exemple : ce que j'appelle le "décatilethon"
(http://ca-va.club/index.php/Le_d%C3%A9catilethon) : le dur parcours
du décédant de 7 à 177 ans.
B. Le prétexte des vieux communs
Je vous ai indiqué être en butte à un problème familial de justice
civile essentiellement technique et d'intérêt général sans doute
destiné à faire jurisprudence en matière de conseil et de protection
future des personnes âgées mentalement actives et de leurs droits
d'auteur, et de transmission de leur "entreprise d'artisanat
intellectuel". Il s'agit d'identifier et de savoir comment respecter
la loi qui doit être appliquée.
C'est un domaine qui nous concerne tous, dont Stallman a abordé un
aspect par le Libre. D'une façon simple, c'est l'âge et la nature de
la retraite des Libristes.
Sur cette liste nous allons de 30 à 90 ans, avec un QI de 120+. Nous
vivons ou survivons d'une activité rémunérée ou parfois de nos
rentes/retraites professionnelles. Nous avons des chances de nous
situer dans la moyenne générale des post-68tards et devoir être des
89-ans-sur-le-tard. Tous les indicateurs sont que : plus tard la
retraite intellectuelle, plus longue la citoyenneté, les impôts, etc.
Certains d'entre nous vont devenir (pre-)alzheimer, mais comme ils
peuvent aussi être anosognosiques (ne pas s'en apercevoir - c'est une
conclusion bateau des autopsies mentales) l'on peut penser que nous
avons des "intérêts corporatistes communs" :
1. Le besoin d'une TF (cf. supra/+ Task Force)
Au niveau de nos neurones (Bourbaki a identifié qu'au-dessus de 30
ans, les nouvelles conceptions peines à rentrer) : les vieux on veut
bien apprendre encore un interface citoyen (la république numérique
en réclame au moins un par administration) qui ne changera pas trop
(l'expérience ASCII, ccTLD, NOSQL, etc. montre que c'est possible).
Mais les jeunes sont en droit de dire que la langue numérique doit se
stabiliser et qu'ils ont autre chose à faire que de babiller en de
multiples langages au gré des modes (c'était bon pour les pionniers,
maintenant on fait moderne). Donc foin des sabirs locaux aux machines
(mécalects) que chacun peut affiner : travail sur un langage
interapplicatif commun à travers le réseau ("NETIX").
Il s'agira donc de la MONALISA/TF (http://monalisa.tf).
2. Cette TF doit partir d'une infrastructure acceptable : Louis
Pouzin l'a documentée, Benoît Mandelbrot en a montré l'universalité,
Vint Cerf introduit la glocalité et Norman Hardy abordé l'agoricité.
C'est le catenet digital (http://catenet.org). Son intégration
nationale n'est pas difficile : c'est l'interconnexion des
collectivités locales (les "villages gaulois" -
http://france-digitale.fr) à minima digital des paquets IP+ puisque
c'est ce que nos FAI ont de disponible et que cela fait le tour du
monde depuis Robert Tréhin. IP+ c'est utiliser IPv4/IPv6 (c'est ce
qui est disponible) puis tenter d'améliorer. Comme s'y essaie l'IAB
sous contrôle NSA, comme je propose de nous y essayer au sein d'une
entraide d'eXpérimentation LIBRE (c'est-à-dire LIBRE même du Libre
: http://xlibre.net).
3. Un "pousse au QI" qui représente Mme Michu90, face à la société
débile, aux côtés des branchés du libre et veille à ce que tout
s'intègre bien dans le tissu fiscal, familial, foncier, financier,
fonctionnel, va-te-faire-f... arrière/grand/père+arrière/petit/fils.
C'est pourquoi j'ai ébauché le "http://CA-VA.CLUB" : cacochymes
anonymes, vieillards actifs.
Il y a aussi besoin d'un Club à Cerveaux-Libres. J'ai donc fini par
implémenter mon site de CNRLIB (ce sont des "bouteilles à la mer" que
peut reprendre qui veut). http://cnrlib.fr. Comme cela il y en a pour
tous les goûts.
C. Kit Digisociétal pour la post-singularité
Il ne s'agit pas de "post-humain". Ce que je nous souhaite en nous
prenant par la main pour cela c'est celui d'un kit digisociétal
d'accompagnement du décatilethon post-singularité digitale. Notre
monde est passé à sept dimensions en comptant le temps, la profondeur
digitale, la surface numérique, la hauteur référentielle. Nous avons
simplement à nous habiller convenablement pour ce nouvel
environnement. Comme quand on part en vacances faire de la plongée
dans les iles grecques pour renflouer leur économie. On n'en devient
pas des "posttravailleurs".
Ceci nous demande, comme nous avons la personne physique, la personne
morale, la personne administrative, etc. de travailler sur le sujet
de la personne digitale, de ses moyens, de ses droits, des ses
obligations, de ses moyens, de sa durée, de sa constitution.
Depuis quarante ans que je suis tombé dans l'écosystème digital
mondial, j'ai souvent eu de longues présentations sur l'application
des technologies de la facilitation intellectuelle au handicap. Il
est malheureux que certains d'entre nous soient victimes de
handicaps. Mais je n'ai pas eu de présentation sur l'application de
ces technologies au service des activités intellectuelles des
personnes âgées ce qui est pourtant un état que l'on souhaite à tous.
Autrefois on appelait cela la sagesse et on s'y entrainait dès le
plus jeune âge.
Aujourd'hui on a tout monétarisé, c'est à dire mis à la métrique du
travail humain. Parfait. Sauf que ce travail a été matériel, puis en
large partie industriel. Et que l'on ne sait pas métrer le travail
intellectuel humain, d'où un très fort déficit, dans la mesure où il
est peu identifié (droits d'auteurs), donné (Libre), abandonné et
pillé par les majors ou accaparé par les GAFAMUSCC., etc.
Là est la crise : dans une comptabilité en partie quadruple où les
seules colonnes du matériel sont prises en compte alors que
l'intellectuel s'est peu à peu taillé la part du lion depuis que
Clemenceau l'a identifié en 1898 comme un secteur sociétal.
Outre des outils logiciels, des méthodes de travail, des
organisations professionnelles, une littérature d'accompagnement, des
initiatives communes, etc., j'ai tendance à penser qu'un tel kit
devrait inclure une société civile d'intérêt futur (SCIF) permettant
de construire un plan de carrière de 20 à 120 ans et plus si
affinités, comme à la fois :
- sa propre société de logiciels libres (assurance de la continuité
du support),
- une extension naturelle au mandat de protection future,
- une alternative au mandat à effet posthume,
- le détenteur des droits d'auteurs et le représentant des droits moraux.
D. Idées pour une "e-SCIF"
La capacitation personnelle que tout créateur veut préserver sur sa
production intellectuelle et sur lui-même devra être garantie par son
droit de véto, même après le transfert de ses parts à ses successeurs
(ayants droit de premier rang ou ultérieurs et acquéreurs externes).
La protection de l'outil de travail (ce que j'appelle le "livisaire"
[lieu de vie, de savoir et d'incitation à la réflexion]) sera
garantie par le transfert de sa propriété/bail à la société, et la
production intellectuelle justiciable d'enregistrement, défense
juridique, etc. par une société de gestion type SACEM, etc. Cet
immobilier sera protégé jusqu'à pleine réalisation de l'inventaire de
chacune des pièces intellectuelles (écrits, programmes, photos,
enregistrements, fichiers, etc.) après application des dispositions
sur le droit à l'oubli en cours de discussion.
Bien entendu la société civile d'intérêt futur aura tous les droits
sur sa propriété intellectuelle et un partage successoral ne pourra
se faire que sur ses parts, l'immatériel n'étant pas partagé, mais
dupliqué aux ayants droit selon les dispositions légales,
testamentaires, statutaires.
Les outils de dialogue digital avec les entités publiques et privées
(flux de données) devront être normalisés et couverts par une
législation ad hoc. En cas de conflit en justice, ne pourront être
utilisées que de données au format digital légal. La SCIF pourra se
porter "partie digitale" pour avoir accès au dossier et déposer des
pièces numérisées sans être tenue de recourir à son avocat.
La SCIF sera perpétuelle (comme les droits moraux des auteurs) et ne
sera donc pas interrompue par le décès de son "primauteur" (des
coauteurs pourront bien entendu poursuivre l'oeuvre du primauteur).
La SCIF aura dans ses attributions la protection physique et morale
du/des primauteurs (le conjoint étant associé à parts égales). En cas
de signalement concernant l'état mental du gestionnaire, le Juge
pourra réclamer ou désigner un mandataire de gestion.
La SCIF a dans ses attributions l'organisation et la gestion d'un
hôpital (accidents de la vie)/retraite médicalisée à domicile avec le
but de maintenir et protéger la capacité de production immédiate ou
future du/des primauteurs. Il ne saurait bien entendu avoir de
prérequis autres que ceux prévus par la loi à la création et à la
poursuite d'une SCIF, ce qui pourra permettre aux associés, aux
organismes publics, civils et privés d'organiser des plans
d'assurance et de prévoyance à long terme. Le conseil et la défense
de telles sociétés pourra conduire à une réflexion à moyen terme sur
l'organisation d'une spécialité juridique d'avoués [notaires
d'entreprises ayant capacité à plaider].
Le statut légal, social, fiscal des primauteurs devra pouvoir être
vécu en parallèle à toute autre activité occasionnelle, intermittente
ou à durée indéterminée et informatiquement administrable simplement
sur la base des droits perçus et des dépenses et charges de
fonctionnement assumées.
Ces suggestions, simplement pour montrer que du travail et des idées
sont nécessaires; mais je trouve que cela est encourageant en début
d'année !!!
Bonne année à tous !
Le Taulier
PS.1. J'aimerais souligner que j'ai écrit ce pontifiant sans presque
faire appel à la réalité de l'univers (architectonique), à son mode
de fonctionnement (agorique), au 8e sens humain : l'intellition, la
perception par l'intelligence, à Aristote, au "gang des Lyonnais"
(Bouchon, Cauvin, Vaucanson, Jacquard), à Louis XIV, etc., etc. !
PS.2.
- je vais tenter de venir prendre contact avec MONALISA lors de leur
journée sur la proximité (en particulier numérique) le 2 février.
https://docs.google.com/forms/d/1Ru-96y0cc4_rIj6gsp0BjA0J5RWnzacZgDmCkSRLxM4/viewform?c=0&w=1&fbzx=-8250179062223154000
- je compte rester à Paris pour le 4 février et l'agora des SCIC
http://www.les-scic.coop/sites/fr/les-scic/Agora-Scic : le statut de
base sans doute pour le "village gaulois", l'association 1901 ne
pouvant à l'expérience porter un tel projet réclamant une
implantation opérationnelle.
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