Voici un échange de mails qui me semble suit sur les idées soulevées par François Pellegrini et permet peut-être une perspective complémentaire.

En fait, après être allé voir son site :
- (1) si je comprends bien, François, tu as beaucoup à nous apprendre sur les "tas" et peut-être sur ce que je dans mon jargon de taulier j'appelle les "tas mèmiques" (les architectonie/réferentiels) et leurs "functorisation ectoplasmique ?" (leurs opérations d'entremellement où elles s'aditionnent, se contredisent, provoquent des émergences, des équilibres, des criticalités, synthèses, agorèses [synthèses agoriques où tout s'amalgame convenablement, intellitionnelles dans le cas où c'est conditionné par une proposition qui manque qui est ainsi trouvée]). - (2) ta motivation/vision juridique semble fondamentalement rejoindre la mienne ? La cohérence du "tas" (moi je vois l'architectonie agorique, mais cela doit être très proche ?) législatif

NB. Je n'aime pas bien le mot "tas" (je l'intégre à l'approche agorique et à mes questions sur les catégories), mais vu son importance naturelle et les intérêts à consonnances mathématiques que l'algorithme de JJU (Jean-Jacques Urvoas) semble soulever ... c'est peut-être une bonne métaphore parallèle au réseau pour approfondir les choses ?

L'idée est ce que disait Bruno Martin, l'algorithme n'y suffira pas. Mais l'interêt est de savoir aussi : - dans le contexte de la connaissance actuelle qui nous sera opposée (ils calculeront tout sur nous à partir de ce qu'ils sauront sur les autres) - "dis moi qui tu fréquentes je te dirai qui tu es"; - à quoi pouvons nous nous attendre ? en terme d'écoutes et de conclusions abusives et de pénétrations/actions aggresives (Internet des objets par exemple).

Nous avons besoin de cela, car il en ressort que nous avons besoin de notre plan Digipirate personnel, citoyen, en réseau. Les terroristes pouvant être multiples et commençant par les commerciaux.

Pour information : deux changements/additions sur Digipirate avant de ballancer aux élus cette nuit :

http://digipirate.fr/index.php/Qu%27est_ce_que_Digipirate_%3F - qui stabilise le propos : information citoyenne techniquement laïque. http://digipirate.fr/index.php/Les_%22bo%C3%AEtes_roses%22 - dans "hordubuz", la notion de "boite rose" dont vous me donnerez des nouvelles !

jfc


At 16:06 02/05/2015, [email protected] wrote:
Bonjour,
Ceci est un échange, cet échange est libre.
http://libreacces.org/?L-Art-du-face-a-face
Jérémie

Tu soulèves "le" problème de notre temps initié par Henri Poincaré le 21 janvier 1889 : fin du paradigme de Copernic/Newton. Débute le rapport entre (je vais me faire assassiner :-))... "numérique et digital". i.e. relatif et quantique, dérivable et discret. Un article parlant http://www.espace-turing.fr/Tas-de-sable-et-criticalite-auto.html (avec du sable, mais songer aux digits immateriels et aux tas de mèmes qui s'imbriquent dans la compréhension interpersonnelle, les relations sociales, le droit, etc.).

Au final il y a une oeuvre que tu reçois qui est numérique, c'est à dire seccable (toute oeuvre, comme tu le montres, est une séquence de séquences aux racines diverses). Elle procède du travail d'un auteur, qui par principe est digital (c'est à dire inseccable, une cohérence, d'une personne donnée) mais qui, comme tu le dis, fait fructifier une émergence au sein d'une consolidation avec les apports d'une multitude d'autres coauteurs. Le "catalogue" (ou discontinu) a donné naissance à une continuité (l'"analogue") reconnue en elle-même. Des millers de caractères dans la langue de millions de gens sont devenus un livre par la pensée fédératrice de quelqu'un éduqué par les autres, la vie et sa réflexion.

La monnaie était au départ "la métrique du travail manuel humain" : tant de l'heure. Puis elle est devenu pratique comme "monnaie d'échange". Puis elle est devenue outil de puissance. Lorsque la machine industrielle est apparue il a semblé justifié de continuer à utiliser la conversion monnaie/puissance à travers la capacité de production, car la construction de la machine requèrait un travail humain certain.

Avec la machine intellectuelle (ordinateur digital buggable) le problème devient différent, car la métrique du travail manuel ne correspond pas à celle du travail intellectuel. De plus, la puissance ne se calcule plus en régiments, en compte en banque, etc. mais en capacité relationnelle - à la fois entre gens influents (maffia) et entre "mèmes" dans sa tête (compréhension) exprimés en données numériques (non buggables, mais potentiellement fausses, bloquante ou illusoires à leur traitement digital).

Qui est le plus puissant ? Celui qui a 10 millions en banque, celui qui peut réunir 100 millions de capitalistes autour d'une table, celui qui sait comment en gagner 1000 , ou celui qui a compris comment satisfaire tout le monde avec quelque chose que chacun évaluera au moins à 1 euro ?

En affaires on ne paie pas une commission pour rémunérer une vente, mais pour être dans la combine de la suivante.

En intellectuel
- soit c'est la même chose (Sony défend les droits de ses chanteurs pour pouvoir en signer plus). C'est le domaine privateur. - soit c'est un auteur/développeur qui aide autrui (par le bien/mieux faire) mais qui a besoin d'un peu d'argent pour le ré-aider (pour vivre et continuer), pour en aider plus (pour faire savoir son apport gratuit à plus de gens) ou pour aider mieux (financer sa co-recherche). C'est le domaine du Libre.

Ta réflexion est très intéressante. Je la lis de la manière suivante :

1) Beaumarchais a défendu le droit des auteurs sur la cohérence de leur oeuvre, et donc sur sa productivité pour d'autres oeuvres. Qui doivent être gratuites à tous, mais dans la clarté de leur intégrité pour être utiles à d'autres oeuvres. Il faut aller plus loin en travaillant leurs architectonies communes, pour permettre à plus de trouver mieux, plus solide, plus profond, plus utile.

2) les anglo-saxons ont fait oeuvre de marchands avec leur copy-rights (sous la Reine Elizabeth I, il y avait un monopole du papier musique par un imprimeur de Londres - business is business). Leur apport est celui de transport de bateaux marchands : c'est en cela qu'Obama dit que l'internet du XXIe ce sont les détroits du XIXe. C'est le profit par la pénurie organisée.

3) nous, ce dont nous avons besoin est d'une éthique intelligente du lecteur (un shareware honnête). Si je suis content et si j'en veux plus, il faut que j'aide. De façon pratique je crois que cela devrait passer par un "pay-pal libre" (si un créateur est bon, il est bon qu'il devienne riche : je parie qu'il en deviendra plus productif lui-même ou indirectement par sa capacité qui lui ait ainsi donnée à enseigner, coordonner, ou simplement en faisant réver). Pour encourager à moindre charge la création il faudriat :

3.1. que les paiements sur ces comptes soient exonérés d'impôts, pour faire ressortir l'aspect don, et que soit organisé une caisse retraite/santé pour les vieux créateurs et d'aide à la recherche pour les nouveaux, payée par tous ***commerciaux*** faisant de l'argent avec l'apport du Libre, alors compris comme une capitalisation commune de toute la société - sans distinction de co-autariat - dans sa propre vie économique). 3.2. trouver une métrique du travail intellectuel ou de la puissance qui puisse compléter la monnaie. Ceci est peut être possible, non-pas tellement au niveau de l'achat où la monnaie remplace le troc, mais du soutien au relationnel productif de l'intellectuel. J'ai un certain nombre d'heures pour me former : faut-il mieux que je me forme à ceci ou à cela ? Celui qui paiera le plus selon la concertation commune (comparatifs) est déjà une règle de bon sens, peut-on la généraliser comme on a généralisé le troc ?

Utopique ? Je ne sais pas : cela correspond à un concept d'entreprise réseau coopérative que j'essaie de mîrir ...?

jfc

Les auteurs, qui pensent la diffusion de leurs œuvres uniquement par le prisme du droit d'auteur, sont prisonniers d'un égocentrisme, les empêchant de penser le monde. La singularité d'un auteur est consubstantielle au monde au sein duquel il vit. Il ne serait être coupé du langage qui le relie aux autres hommes et avec lequel il pense, il écrit, il crée. Son œuvre est un mouvement entre lui et le monde. L'auteur "crée" toujours " avec le monde" et au "sein du monde" dans lequel il vit. De fait, il n'est pas l'auteur unique de "ses œuvres", il en est le Co-Auteur. Se penser Co-Auteur plutôt qu'auteur, c'est avoir conscience des influences "du monde" et "des Autres" sur sa singularité. La question pour le Co-Auteur ne se pose pas en terme de copyright ou de copyleft, d'ouvrir ou de fermer " la singularité" d'une œuvre, mais d'affirmer d'entrée de jeu que la singularité de l'œuvre est consubstantielle au monde, à l'Autre. En se signalant comme Co - Auteur, on reconnait que le monde au sein duquel on vit participe à la maïeutique des œuvres. "La propriété" d'une œuvre appartient autant à " notre singularité" "qu'au monde au sein duquel on interagit et cela engage " notre responsabilité". Certains Co-Auteurs refusent de devenir "les oeuvriers" des multinationales du divertissement et de servir d'alibi à toutes les mesures répressives visant à empêcher la libre circulation de l'Art. Dans un contexte de déficit public généralisé, quand "les industries créatives" remplacent les "industries anciennes", le ministère de la culture ne peut qu'organiser la privatisation de ses institutions. L'art tend à se réduire à "un capteur d'attention de masse" servant à vendre des produits de consommation. Certains Co-Auteurs refusent que leurs œuvres deviennent une méta - publicité. Certains co-auteurs pensent que la diffusion de leurs œuvres peut s'apparenter ý
  une caresse et se contenter de l'intime.
La Co-Responsabilité du Co-Auteur implique un minimum d'honnêteté envers soi-même et les autres. Il sait, lorsqu'il est musicien par exemple, que les sociétés d'auteurs comme la SACEM ne font vivre qu’une infime minorité d'artistes et surtout d'éditeurs. L'intérêt du marché "des contenus culturels" n’est pas de soutenir économiquement les auteurs, mais d'en exploiter seulement quelques-uns. Les industries du divertissement, via leurs médias et à travers des "capteurs d'attention de masse", savent créer le renouvellement artistique extrêmement limité dont elles ont besoin. Les critères esthétiques "du public", par les œuvres qu’il écoute ou qu'il lit, sont analysés pour le profiler. Cette " profilasition" de masse amène inéluctablement à produire "les contenus culturels" les plus à même d'être vendus, vus ou encapsulés dans des produits publicitaires. Le marché " des contenus culturels" a besoin de maîtriser ses circuits de diffusion pour être rentable et prospérer, mais il n'a pas besoin de diversité. "L'échange d'œuvre d'art" n'a peut-être pas été combattu pour les raisons "de piratages invoqués" mais pour le circuit de diffusion alternatif "qu'il représentait". Le modèle "pair à pair" permet un échange non-centralisé des œuvres. Il constitue ainsi une alternative aux grands sites centralisateurs généralisant la pratique du streaming. L'accès aux œuvres qu'on achète (ITUNES), qu'on loue (DEEZER), qu'on "échange contre notre attention" (YOUTUBE), est le corollaire du développement du "cloud computine". Confier les œuvres que nous achetons, voire (co-)produisons à "l'informatique dans les nuages", nous transforme en "locataires" permanents "des contenus culturels" que nous affectionnons. "L'industrie culturelle" tend à se confondre avec "les géants d'internet" et se prépare à exploiter toutes les formes "de production culturelle" par leur accès ou par leur stockage.
De fait, l'expression "tous auteurs" pourrait être remplacý
©e par "tous exploités". Peu importe la caractéristique d'un contenu "libre" ou propriétaire, si celui-ci finit par intégrer "l'économie de l'accès" ou du "cloud computine". Le Co-Auteur généralise la pratique de l'échange artistique intime entre amiEs, du pair à pair. Il considère dans son quotidien que l’Art d'entretenir l'amitié est le meilleur moyen d'éviter toute instrumentalisation de sa singularité. L'acte de co-création est engagé dans la libre circulation, des échanges "pair à pair", pour ne pas dire face à face.
Co- Auteur Jérémie Nestel



Content-Transfer-Encoding: 8bit
Content-Disposition: inline

--
Pour gérer votre abonnement à la liste april et vos informations personnelles :
http://www.april.org/my


_______________________________________________
comptoir mailing list
[email protected]
http://cafedu.com/mailman/listinfo/comptoir_cafedu.com

Répondre à