Patrick,
Merci des remarques qui font avancer le débat. Il va falloir que l'on
tente de remettre le wiki en place pour passer des choses en
références qui permette de citer les points que nous faisons avancer
(les souvenirs suspendu aux murs de la taverne). Et de raccourcir les
mails en faisant progresser les mots qui qualifient nos objets de
plus en plus quotidiens.
At 22:24 21/08/2014, Patrick Maigron wrote:
Je ne suis pas sûr qu'on puisse vraiment identifier le comportement des
espions ?
l'idée est qu'il s'agit de virus qu'il faut connaître et surveiller
comme les autres. Toutefois ce sont des cybermicrovirus, c'est à dire
de petits virus rétroactifs vers un processus intelligent.
Ils ne visent pas à créer des courts-jus hardware, ou software, mais
brainware c'est-à-dire au niveau du/des cerveau(x) et des consensus sociaux.
Leur propos est de l'ingénierie sociale :
- politique (les gosses qui partent en Syrie). Là nous sommes dans la
guerre somatique.
- ou commerciale (la constitution des "communautés globales qui
bénéficient à l'humanité" que sont les marchés captifs (GAFTA). RFC
6852). Très prosaïquement l'idée reste la même, les guerres font
avancer le monde : la motivation et la compétition entre communautés
globales font avancer l'innovation. Nos généraux sont toujours aussi
ambitieux, ils sont simplement passés du côté obscur de la force. La
violence n'est plus somatique, mais économique.
Techniquement, c'est l'abdication de l'IAB (RFC 6852) qui affirme
qu'il n'y a plus d'autre référent technique que l'économie des
marchés dont on attend une unité par la compétition commerciale dont
personne n'est censé pouvoir s'échapper. L'ennemie est la coopération
culturelle.
La connaissance du phénomène général réclame donc aussi
(principalement) une connaissance de l'ensemble du processus, puisque
le but est d'atteindre le tireur plus encore que de se protéger de
ses tirs. Comment peut-on les dérégler ? Comment peut-on brouiller sa
conduite de tir ?
C'est l'idée. Elle est toutefois portée par celle que tout ceci se
passe au niveau du manque de la protection de la couche OSI six
présentations et qu'il nous faut boucher le trou dans la coque de
notre Titanic mondial.
Mais là il faut quelques ingénieurs.
Il me semble que les trackers devraient être globalement les
mêmes, qu'ils génèrent des données dans des big data et qu'on aurait
ensuite une interrogation différenciée de ces données dans un processus
en back-office (la NSA par exemple interrogeant sélectivement les
données de telle personne ou de tel pays).
Certainement.
C'est pourquoi nous avons à connaitre la stratégie adverse : pour ce
faire il nous faut connaître les opérations et la tactique des
tireurs. Et pour cela nous n'avons que leurs tirs et éventuellement
les réactions indirectement observables à nos mesures de contre-tirs.
Ce n'est pas simple et de très longue haleine.
Intellition
Nous entrons là dans la très grande inconnue de la pensée technique
actuelle : l'intellition, c'est-à-dire le domaine des "tracta"; càd
de la découverte de ce qui fait sens pour comprendre et influer. Ce
que nous vouons aux gémonies sous le nom de PRISM et aux nues sous
forme de liberté de la presse. Ce que Patrick Yeu nous a cité c'est
la présentation au dernier USENIX d'un outil qui avait un petit-frère
(même préoccupation : même nom) l'un tourné vers l'auscultation et
l'utilisation du brainware et l'autre du software.
L'intellition est encore très peu déboguée pour l'instant, car elle
fait partie d'un monde que nous découvrons à peine : notre propre
monde. Non plus sous la forme d'une meilleure vision de ses
continuités (nous allons maintenant à la limite du détail
optico/physique) , mais d'une meilleure appréhension de ses
discontinuités. Nous avons couvert les atomes de Démocrite, nous
avons à rencontrer les noèmes d'Aristote. Il nous faut pour cela
(Camus) les mots adéquats pour décrire les objets concernés (concepts
diraient certains, je préfère utiliser "noèmes").
Pour cela il convient d'adopter une terminologie globalement
cohérente avec le niveau de complexité que nous avons atteint et que
nous utilisons, et la modélisation agorique (logique maillée) et la
simulation sémantique et informatique dont ce à quoi nous sommes
maintenant confrontés : la réalité vue d'un peu plus près que le fond
de la Caverne.
L'architectonie de Fuller
Chacun peut avoir sa métaphore pour aider sa compréhension et en
proposer une architectonie (modélisation de l'univers) à laquelle se
raccrocher. Richard Buckminster Fuller a proposé,
- l'idée sans doute très juste de tenségrité, un monde de tensions
avec des ilots de contraintes que nous savons vibrer au temps qui
passe. http://fr.wikipedia.org/wiki/Tens%C3%A9grit%C3%A9_%28architecture%29
- et, certainement plus complexe de construction de tout espace à
partir de ses deux A et B-quanta modules. Les buckyballs de la
nanotechnologie sont là pour souligner que de l'espace (NASA) aux
nano, son architecture de l'espace réel (ex. dôme géodésique) est
peut être une bonne approche.
Ma petite architectonie
Je tente de synthétiser là où j'en suis dans cette tentative de
modélisation. Ce n'est qu'un bout de mon ébauche de brouillon de RFC
qu'il conviendra de faire passer sous la validation critique de sa
simulation agorique, c'est à dire à travers un chaos déterministe
fractal de bots interactifs (d'où mon intérêt pour des langages comme
erlang). Je reconnais que tout cela peut paraître ésotérique, mais
c'est le monde dans lequel nous sommes maintenant, auquel il faut
commencer à s'habituer.
Pour moi, pour l'instant je me raccroche à l'image de la toile du
référentiel d'Einstein déformé par la masse et brodé par la réalité
(nous sommes au pays des Gobelins) d'un espace que nous découvrons
actuellement à sept dimensions, comme nos arrières grands-parents
l'on découvert à quatre.
A. ce monde a un "endroit" visible où la digitalité des
discontinuités (des points, dirait Jacquard, des pixels disons-nous)
nous donne une impression cérébrale de continuités au sein de nos
trois dimensions habituelles. (Notre cérébrique humaine et
l'artificielle que nous créons à sa ressemblance et à sa convenance
semblent être solidement digitales. Merci Leibnitz).
B. une toile dynamique du temps qui complète un espace-temps à quatre
dimensions. En fait le temps est le tic-tac quantique de l'univers de
microétat en microétat (de graduation de Planck en graduation de
Planck. Quatrième dimension.
C. un envers qui est celui du dessous des choses fait de la
continuité des fils de la complexité (complexus : toile) qui maille
les trois niveaux de ce que nous prenons pour la digitalité, car la
cérébrique digitale des machines nous en facilite la perception. Ces
trois niveaux qu'appréhendent nos ordinateurs sont les données
(l'émergence des fils invisibles de l'envers que nous percevons à
l'endroit)., les métadonnées qui décrivent ces émergences dans le
contexte de l'envers, et les syllodonnées qui en sont les chemins de
tension de la tenségrité.
L'architectonie mégatractique
Là dedans une (autre ?) architectonie est celle, héritée des 3G : les
trois Grecs et du "Great Greek Geek", Aristote et ses maîtres et la
suite, Wiener, Shannon et Coufignal inclus
1. Au départ nous avons des noumènes (l'idée de Platon qui concerne
la réalité intelligible).
Cette réalité nous donne des données sur elle-même. Déjà à ce
niveau nous avons le débat Platon/Kant sur la nature des données et
la nature de la réalité.
==> les données.
2 Nous les recevons par la communication, et les captons à travers
des phénomènes.
Shannon nous a expliqué la partie de l'entropie (perte
d'efficacité du signal) née du bruit en ce qui concerne le support du
transport de l'information - on pourrait dire de la lettre. Personne
n'a encore fait de théorie de la communication, pourrait-on dire du
transport de l'esprit. Ceci est d'autant plus notre problème que
l'approche anglo-saxonne dominante du droit coutumier fait passer
l'esprit par la lettre qu'elle présente d'abord. On t'explique les
détails pratiques : à toi d'en comprendre la logique à ta façon. Nous
ne travaillons plus au stade des données, mais sur ce que l'on a
capté. Par définition les mégadonnées dont on nous rebat les oreilles
sont des mégacaptées qui peuvent différer grandement d'un capteur à un autre.
==> les captées.
3. L'esprit français est hérité du problème résolu à Villers-Côteret.
Ce que Poyet a cherché c'est à faire passer l'esprit de la loi à
travers la consolidation postérieure et vivante de la lettre. La
langue utilisée pour dire la loi est la langue de la loi utilisée par
tous (visible) pour discuter la loi (l'invisible) sur un pied ainsi
d'égalité entre citoyens, mais aussi, mais aussi entre la loi
elle-même et les citoyens protégés par la stabilité de la langue du
Roi et donc de sa même compréhension et donc de sa justice chêne de
Vincennes.
Ceci réclame de l'équilibre de bonne intelligence entre ce que l'on
donne (données) et ce que l'on reçoit (captées). A partir de là un
peut traiter données et captées pour quelque chose qui fait sens
pour tous : l'organisation et la synergie de la néguentropie, dans
l'instant au moment où, pour nous tout change (« choc du futur »,
diagnostique d'Alvin Toffler, 1970). C'est un devoir nouveau de la
loi que celui de précaution : elle doit nous assurer qu'elle nous
protège contre sa propre innovation.
==> les traitées.
Pour continuer sur Villers-Vôteret
Lorsque cet équilibre s'est modifié par l'arrivée de l'Etat
westphalien et un nouvel esprit des lois l'on a tenté de l'analyser.
La réforme de Louis XVI a cherché à le retrouver, avec une annotation
des non-légistes à la marge comme le suggère Myriam (les cahiers de
doléances). Les profiteurs de l'évolution des choses ont cherché à
s'opposer par des manipulations vers un compromis qui leur est
retombé sur la tête sous forme de l'auto-organisation critique de la
Révolution. Ce qu'il nous faudrait mieux éviter cette fois.
A la fin, repeinte de jacobinisation en code civil napoléonien les
choses ont repris leur cours. Aujourd'hui nous sommes dans une
situation similaire. François Ier était confronté au "latin macaron"
(nous en sommes au franglais), à la demande des gens face à la
Renaissance (nous face à la mondialisation), face à une nouvelle
vision du peuple mâtinée de ce que Machiavel découvrait en Italie,
c'est-à-dire le moins d'Etat de la multitude (les sans-papiers et
condottières, les sans contrat social avec un pouvoir souverain
[autonome jusqu'à la guerre pour la protection de la paix de son peuple]).
Nous en sommes à un niveau comparable dans la digisphère que tente
d'accaparer la juridiction yankee avec une fable "bootstrappique"
(Baron de Münchhausen) où un banquier aide un industriel qui paie un
politique qui aide un banquier, etc.
Dans ce cas on n'aurait pas trop de visibilité sur les données
auxquelles ils accèdent.
C'est pour cela que nous avons à les appâter par des faux profils
crédibles. Ceci nous permettrait aussi de valider à l'expérience une
bonne réponse : qu'est qu'une personne au sein de la datamasse, qui
passe le test de Turing ?
Par contre l'objectif de pourrir les espions avec des données fictives
est intéressant. Attention quand même à la contre-offensive.
L'idée générale de la RFC 6852 est que l'on n'arrête pas le progrès
résultant de la guerre technique. Actuellement cette guerre
(essentiellement normative faute de contreguerre humaine, ce que je
tente) est entre les GAFTA. Divisons-les. Mettons-les en concurrence
à notre avantage, et pas seulement au leur.
Il existe
par exemple déjà des logiciels de leurre pour les publicités Adwords
(utilisés pour simuler de faux clics sur les bannières de pub dans le
but de gagner de l'argent sur le dos de l'annonceur), et Google a réagi
en développant des logiciels de détection de leurre. De même que les
sites détectent depuis quelque temps lorsqu'un internaute utilise
Adblock (et je viens de voir que depuis peu Adblock détecte les sites
qui détectent les internautes qui utilisent Adblock...).
Merci.
Je n'avais pas chargé Adblock (je ne compte plus les outils/applis de
tout genre que j'ai, mon CPU n'y tient parfois plus). J'ai été sur le
site. J'ai demandé de télécharger ....
....Et mon Firefox m'a bloqué pour me protéger. Adblock me
vendrait-il aux concurrents de ceux dont il me protège ? (Firefox est
financé par Google).
J'ai quand même installé. Je vais voir.
Pour qu'un leurre soit difficile à détecter, il doit avoir un
comportement proche d'un internaute humain (varier les adresses IP
sources des requêtes, utiliser un délai aléatoire entre les requêtes,
etc). Ceci étant, même si les espions développent des parades aux
leurres, ça permet d'augmenter le coût de la violation éthique.
Oui.
Deux points à cela.
1. la règle ethitechnique est de spécifier le réseau de manière à ce
qu'une architecture logicielle (software) et une pratique noogitiels
(brainware) s'installe qui rende le coût d'une violation éthique plus
élevé que son résultat. C'est le principe d'une fortification.
2. ce faisant, nous pouvons apprendre beaucoup sur ce qu'est
digitalement ce que nous voulons défendre (exploration de la
digitalité humaine, matérielle, intellectuelle) et en tirer avantage
à moindre coût.
Par exemple, je pressens que la couche six sera d'autant plus
efficace si elle est elle-même maillée, autoréparante (ex. Minix3 ?),
multiprogrammée, etc., etc. Mais ce sont des choses qui reviennent au
Libre de développer. Les privateurs vendent des applications chez
nous ou dans le nuage/cloud. Les gouttes de buées d'une brume/haze
locale à l'architecture multi mini sources ne les intéressent pas.
jfc
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